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lundi, février 8 2010

La mauvaise Grèce ?

Oui, ce titre est un très mauvais jeu de mots : je m'en excuse d'emblée. D'autant que je n'en suis pas l'auteur...

Carte-Grece.jpg

Parlons donc un peu de la Grèce.

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dimanche, février 7 2010

Le nord de l'Atlantique nord

L'autre jour, je me trouvais au milieu d'un aréopage : nous parlions de l'Otan, tout ça tout ça. Règles de Chatam House, donc je ne citerai personne.

dyn004_original_557_822_jpeg_2505418_6182ae7963641ce67f5643db2e6681ec.jpg image tirée de ce blog

1/ Les discours les plus intéressants, le croirez-vous? ont été produit par le pur politique et le pur militaire. Le pur politique savait ce qu'il ne pouvait pas dire, et donc la marge de liberté qui lui restait. Tout le débat autour du concept tient à l'interrogation : y a-t-il quelque chose de plus que les missions (sortir du "j'interviens donc je suis") ? Se posent plusieurs questions : "how much is enough?" (ce que je comprends comme : sortir de la stratégie des fins pour limiter les moyens aux fins), comment maintenir l'intérêt des US pour l'Europe, comment mobiliser les partenaires à autre chose que d'envoyer quelques compagnies dans les opérations?

2/ Le pur militaire a constaté que les capacités militaires n'ont pas été adaptées aux nouveaux besoins. C'est surtout que cela manque d'imagination, que c'est engoncé dans des procédures et que du coup, la prise de décision n'est pas assez imaginative. Enfin, attention à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain : il n'y a pas de solution militaire, mais il n'y a pas de solution sans le militaire. Il faut donc combler dans l'urgence les lacunes constatées (hélicos, ISR, medical teams,...)

3/ Le reste de la journée passa avec de belles et pieuses considérations sur l'article 5, sur l'élargissement, sur le cyber (ils ont tous frétillé sur le cyber), sur la prolifération, sur la sécurité énergétique, un peu aussi sur les mafias et le terrorisme (mais on sent que c'est passé de mode : il y a cinq ans, qu'est-ce qu'on entendait sur le sujet), sur le réchauffement climatique et les déplacements de population, les ONG, les services que doit rendre l'Otan,.... On enfila des perles....

4/ A la fin de la journée, je remarquai à haute voix que personne, depuis le début de la journée, n'avait mentionné le cercle polaire. Pôvre ! le simplet ! l'ignorant ! le gougnafier ! vous auriez vu les regards de commisération que l'on m'a jeté, l'apitoiement un peu consterné et affligé que j'ai essuyé, vous eussiez eu de la peine à mon endroit. Un clodo se répandant sur un trottoir n'aurait pas suscité plus de mépris. J'ai eu le sentiment d'être un paradis fiscal que l'on met sur la liste noire du FMI, un journaliste impertinent à une conférence de presse de l'Elysée, un plouc introduit pas hasard dans une surprise party d'Eddie Barclay à Saint-Tropez, un supporter du PSG dans la tribune nord du vélodrome, un trader dans un camping de Bise-la-plage, une mémé à chat dans un concours de l'eurovision, un mec en veston cravate quand tout le monde est en smoking, ce genre de truc... Je ne sais pas si vous donnez à Médecins du monde ou au Secours catholique, mais ce coup là, vous auriez eu des élans de sympathie et de charité parce que je faisais pitié. Je détonais. J'étais grossier. Vulgaire. Déplacé.

5/ Un "monsieur" américain me répondit que c'était certes important. Et puis c'est tout. Un "monsieur" anglais ne répondit même pas. J'avais vraiment dû dire une belle connerie, hein ! Il est vrai que l'un des "monsieurs" venait d'expliquer qu'il ne fallait pas faire de différence entre défense collective et sécurité collective (mais je dois à la vérité de dire que le débat a pu avoir du sens : il y a dix ans !), quand l'autre avait expliqué que l'alliance devait être une agence de moyens locaux, fournisseurs de services aux OI et ONG dans le traitement des crises, une sorte de rent-a-car, de distributeur de moyens de sécurité : bref, des propositions réalistes et pleines d'ambition. Avec ma remarque idiote,on voyait que je n'étais pas du niveau.

6/ Pensez ! une région limitrophe du territoire de l'alliance (eh! oui, le pôle nord est au nord de l'Atlantique nord !) ! une région qui a toujours été le théâtre (au sens militaire du terme) de la confrontation entre l'Otan et le Pava (à coup de sous-marins nucléaires interposés) ! une région qui joue un rôle essentiel dans les problématiques des missiles nucléaires et autres, que ce soit en lancement ou surtout en observation, et donc en anti-missile (le système de DAM américain a deux bases en Alaska et au Groenland) ! une région qui voit la perspective, à cause du réchauffement climatique, de nouvelles routes commerciales, de nouvelles ressources (halieutiques, pétrolières, matières premières), d'une nouvelle compétition mondiale (la Chine n'est-elle pas observatrice du Conseil arctique) ! une région bordée par un certain nombre de pays de l'Otan ( Canada, US, Islande, Danemark, Norvège) avec des difficultés annoncées (quelle indépendance du Groenland? la route nord-ouest est-elle dans les eaux nationales canadiennes ou dans les eaux internationales) et une opposition avec la Russie expansionniste, sans compter l'intérêt de toutes les puissances non riveraines (UE, Japon, Chine, Brésil ) !

7/ Et l'alliance n'aurait pas à s'en préoccuper ? alors qu'elle a tout pour le faire, et tout d'abord une contiguïté géographique autrement plus convaincante que l'alliance globale dont rêvent certains ? Oui, je devais galéjer. Effectivement, ce pourrait être le moyen d'avoir quelque chose de plus que ce qu'on va probablement avoir : car ne vous y trompez pas, messeigneurs, le prochain concept sera une copie vaguement améliorée et donc lénifiante du concept de 1999. Beaucoup de mots, mais peu de choses derrière. Car il n'y a pas consensus. Ni sur le contenu de l'article 5 (mais je partage l'opinion qu'il faut laisser à cet article son ambiguïté fondamentale), ni sur la nécessité d'opérations, ni sur la forme du dialogue avec la Russie, ni sur la vraie nature de l'intérêt américain, .. Bref, sur tous les sujets actuels, les alliés ne sont pas d'accord, sauf sur un : il faut qu'on garde l'alliance. Mais l'absence de projet positif condamne, à coup sûr, l'alliance.

8/ Le cyber ? mais ce n'est pas identifiable/ attribuable, sans même avoir à remarquer que l'on est bien loin du mili, et qu'on voit mal comment déclencher un article 5 ou même une opération dans le domaine du cyber. Bref, s'il y a une nouvelle réalité, l'alliance paraît inadaptée (tout comme elle est inadaptée au terrorisme). La sécurité énergétique ? Très bien, bonne idée : donc, tenir le canal de Suez en cas de rupture des flux? tenir le détroit d'Ormuz ? tenir le golfe d'Aden pour garantir la liberté de circulation ? (ah oui, il y a déjà qq chose qui s'appelle Ocean shield, et autre chose qui s'appelle Atalante, tout ça pour contre quelques pirates et d'ailleurs, ce n'est pas très probant)... Ou encore : garder les gazoducs à travers l'Ukraine pour empêcher que les méchants Russes ne coupent les robinets ? __hum ! vous disiez : crédibilité ? __ 9/ L'alliance devrait logiquement conserver ses fondements : une alliance militaire, ce qui entraîne donc de l'interopérabilité (de standards et des entraînements communs, mais aussi des états-majors où des officiers de nationalité différente travaillent ensemble : vive la structure, c'est la richesse de l'AA), quelques capacités communes (AWACS, AGSC, C 17, ..). C'est techno et traditionnel : oui, mais ce type de guerre n'a pas disparu, très chers....Et puisqu'il n'y a plus d'ennemi, et que l'axe est-ouest ne convient plus à orienter l'alliance, il faut, au sens premier, la réorienter : selon un axe nord sud. Au sud, pas besoin de vous dire que les Africains n'attendent pas, mais pas du tout l'AA. En revanche, au nord, il y a de la place et surtout une légitimité à y aller.Il y des choses à dire et à faire, aussi bien en matière politique qu'en matière de sécurité ou en matière militaire. C'est visible, donc communicable. Et surtout, ça permet de dépasser toutes les bisbilles actuelles.

C'est donc forcément une mauvaise idée, puisque ces messieurs ne l'ont pas eue. Il faut en fait que l'alliance occidentale devienne l'alliance septentrionale.

O. Kempf

  • Réf : un billet du vieil égéa sur l'Otan dans le grand nord

samedi, février 6 2010

Gendarmerie et Sécurité des espaces du territoire

La Gendarmerie nationale est passée dans le giron du MIOMCT. Elle garde pourtant son statut militaire.

Pourquoi ? probablement pour une raison d’organisation de la sécurité du territoire. Il s’agit pour l’Etat d’organiser dans l'espace français le monopole de la violence légitime : bref, une vraie question géopolitique.

Bref, plus qu'une curiosité, une nécessité, même si l'emploi de la force gendarmesque est confié à l'Intérieur.

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vendredi, février 5 2010

Les guerres de l’eau de Frédéric Lasserre

"Les guerres de l’eau" par Frédéric Lasserre - Editions Delavilla, Paris, 2009, 260 pages

Maintenant que chacun parle d’écologie, les stratégistes doivent également s’en préoccuper. Parmi les causes fréquemment avancées du lien entre la guerre et la biosphère, l’eau vient au premier plan. Il importait donc de faire un point de la question : c’est l’excellent travail de Frédéric Lasserre, professeur à l’université Laval de Québec, géographe et géopolitologue, qui est un des maîtres de cette discipline qu’est la géopolitique de l’eau. La thèse est simple : l’eau ne sera pas, à elle seule, un motif de guerre. Mais elle sera très fréquemment une raison aggravante des conflits.

Le premier chapitre décrit les causes du phénomène : la raréfaction de l‘eau due à la fois à une utilisation accrue (les fuites des réseaux d’eau sont évaluées à 40% du volume apporté, l’irrigation de masse, notamment dans le tiers-monde). Quelques idées simples sont alors assénées : l’eau n’est pas en soi « rare », ce que l’opinion publique retient trop souvent. Il n’y a pas de problèmes « mondiaux » d’eau, seulement des problèmes régionaux (l’eau ne se transporte guère). L’agriculture consomme 70 % de l’eau douce de par le monde : on peut réduire cette proportion, soit par modification des consommations alimentaires (la viande ou le maïs sont bien plus consommateurs d’eau que d’autres ressource vivrières) soit par amélioration des techniques.

On en déduit deux conclusions : que l’eau gratuite est un mythe (qu’il s’agisse d’eau potable ou d’eau agricole) ; l’eau est un problème politique avant d’être un problème géographique. Cela signifie que l’action publique est une chose essentielle, d’abord pour gérer l’eau interne. Les affaires extérieures interviennent ensuite.

Frédéric Lasserre passe alors aux travaux pratiques, au travers de six études de cas constituant autant de chapitres : certain sont connus (Israël, Turquie et Mésopotamie) d’autres le sont moins (si on aurait pensé au Nil, les cas de l’ouest des États-Unis de l’Indus ou du fleuve Cauvery en Inde sont assez nouveaux pour le public français). La diversité des exemples permet d’illustrer précisément la gamme assez large des problèmes géopolitiques de l’eau. Les illustrations (cartes et graphiques) sont assez nombreuses pour aérer le texte et le mettre en valeur.

Les trois derniers chapitres se veulent à nouveau synthétiques. L’un traite en détail de la question de l’irrigation, l’autre explique que l’eau n’est qu’un facteur aggravant des conflits, le dernier évoque enfin le droit international de l’eau. Une bibliographie synthétique termine l’ensemble.

Le lecteur sort de la lecture de cet ouvrage satisfait du mélange judicieux entre les faits et les idées : c’est une excellente synthèse qu’il convient d’acquérir et, surtout, de lire.

O. Kempf

jeudi, février 4 2010

Low-cost : l’approche de la guerre par les coûts

Je vous ai dit que le thème du mois m'inspirait beaucoup. Commençons donc à examiner à quel point il est fructueux.

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Qu’est-ce que le low-cost ? selon une perception courante, il s’agit d’offrir, avec une qualité plus ou moins légèrement réduite, des biens à des produits bas : le consommateur jugeant la différence de prix supérieure à la différence de prestation. Il s’agit donc d’une offre nouvelle, destinée à répondre à une demande privilégiant le facteur du prix. Cette offre est possible grâce à une compression des coûts de production et de distribution.

Enfin, le low-cost se développe parallèlement à la croissance du luxe, tant en chiffre d’affaire qu’en volume, selon une double direction : une démocratisation du luxe (tout le monde a une pochette Vuitton) et en même temps un agrandissement par le haut de la gamme du luxe (avec l’apparition d’un ultra luxe). Ces considérations aident à comprendre la notion de guerre low-cost, en se posant plusieurs questions :

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mercredi, février 3 2010

Revoir "Apocalypse now"

1/ J’ai revu, trente ans après, Apocalypse now. C’était la version longue, qui introduit 20 mn où le capitaine passe quelques heures dans une micro-communauté française, bizarre résidu d’une colonisation jugée désuète. On a déjà tout dit des qualités formelles, et chacun a le souvenir des scènes d’anthologies (les hélicos walkyries, le pont illuminé comme à la foire, le concert rock au milieu de la jungle,..) ou les répliques les plus fameuses (« j’aime l’odeur du napalm au petit matin »). Je n’y reviendrai donc pas.

2/ Le plus passionnant réside en fait dans le voyage initiatique :

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Basque : le retour à la normale

Une des raisons simples (et donc fondamentales) de l’échec inéluctable de l’indépendantisme basque tient à ce simple chiffre : moins de la moitié de la population basque a un parent basque…..

Autant dire que le discours extrémiste ne parvient pas à « réunir » autour de lui la population locale. Ajoutez à cela le statut d'autonomie qui donne satisfaction, la coopération policière française, le fait que la démocratie espagnole n’ait pas flanché devant le chantage, et surtout la disparition des causes profondes de cet indépendantisme. Celui-ci s’assoyait sur deux choses ;

  • une population profondément catholique,
  • qui n’a dans le même temps pas soutenu Franco au moment de la guerre civile.

Celui-ci en a beaucoup voulu aux Basques, prenant de multiples mesures vexatoires, nourrissant en retour un tempérament vindicatif. Tout ceci est bien éloigné, et il n’y a plus de justification à ce terrorisme.

A la différence de la Catalogne (voir mon billet sur la Catalogne, Flandre espagnole), qui a suivi une autre démarche politique, on peut donc envisager une normalisation ‘espagnole’ du cas basque ? je le crois.

O. Kempf

lundi, février 1 2010

Thème AGS du mois : guerres low-cost

Alliance géostratégique ouvre son nouveau thème du mois sur les guerres "low-cost" (présentation ici): je trouve l'idée géniale. J'y reviendrai, c'est sûr.

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O. Kempf

dimanche, janvier 31 2010

Vers la paix perpétuelle, d’Emmanuel Kant

Ce billet est naturellement dédié à Yves Cadiou qui, j'en suis sûr, va se mettre à lire (un peu) Kant. Il n'est jamais trop tard pour bien faire.

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Voici donc un ouvrage curieux, et indispensable.

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samedi, janvier 30 2010

Jacques Soppelsa : Les sept défis capitaux du nouvel ordre mondial

Le professeur Jacques Soppelsa, un des grands pontes de la géopolitique française, nous fait l'amitié de répondre à quelques questions à l'occasion dela sortie de son dernier ouvrage : Les sept défis capitaux du nouvel ordre mondial

1/ pourquoi vous avez jugé ce livre urgent (compte-tenu de votre parcours, mais aussi de la situation internationale) ?

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Table ronde sur les dirigeables

L'excellent club de réflexion "Participation et progrès" organise le 16février, à 14h00, au musée de l'air, une table ronde sur "Des dirigeables, demain, pour la Défense et la Sécurité Nationale". Il faut encourager P&P, un des rares lieux de débat stratégique bénévole et non institutionnel. Inscriptions via le site.

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vendredi, janvier 29 2010

Hillary la bridgeuse annonce les enchères

La géopolitique est souvent une jeupolitique. Mais j'avais parlé des échecs et du go, je n'avais pas pensé au bridge. Or, les négociations internationales ressemblent aussi au bridge : des règles très codées, avec des sous-entendus audibles par les seuls initiés, plusieurs tours d'annonce avant que le jeu commence, en un certain nombre de tours qui sont autant d'affrontements (des batailles), à travers lesquels on doit parvenir à son "contrat", autrement dit son but de guerre.

Il fallait donc l'écouter cet après-midi à l'école militaire. C'était "the place to be", comme on dit en anglais et peut-être aussi en globish. Car Mme Clinton vient de nous montrer qu'elle jouait au bridge.

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jeudi, janvier 28 2010

A propos de la visite d'H. Clinton à Paris

Hillary Clinton vient donc demain vendredi à Paris (voir ici).

1/ Je le signale pour un petit détail : elle prononcera une conférence sur la sécurité en Europe à l'école militaire. Hors, elle sort de la conférence de Londres sur l'Afghanistan et vient à Paris coordonner l'aide à Haïti. Pourquoi ce besoin d'une conférence ? Surtout que cela a été prévu au dernier moment, et qu'on a demandé à l'IRSEM au dernier moment (lundi) d'organiser l'affaire à l'amphi Foch, et que la précipitation fait qu'il n'y aura pas forcément foule pour l'écouter. Comme si le cadre militaire était nécessaire...

2/ Je m'interroge sur cette précipitation, et sur le thème, et sur le lieu. Le thème doit être vu à la lumière des travaux en cours : révision du concept stratégique de l'Otan, négociations bilatérales russo-américaines sur la révision de START II (toujours pas conclues), publication prochaine de la "révision de posture nucléaire", proposition Medvedev de nouvelles négociations globales de sécurité européenne, retournement de position en matière de défense anti-missile...

3/ A cette lumière, la précipitation peut cacher un scoop. Ou alors, un message aux Français : soit parce qu'ils ont négocié le cesser-le-feu russo géorgien en 2008 ; soit parce qu'ils viennent de rentrer dans l'Otan ; soit enfin à cause de leur statut nucléaire et de leur réticence devant l'ensemble des projets américains.

Je glose, je glose.....

On verra demain ce qu'il en sera !

O. Kempf

Benoit Durieux sur France Culture + MAJ

1/ Pour tous les passionnés d'Afghanistan, je vous conseille vivement d'écouter le témoignage de BenoitDurieux sur France Culture ce matin. Si quelqu'un était capable de me le mettre en fichier audio, je le posterai sur ce blog, car je ne suis pas sûr que ça va demeure éternellement.

Benoit Durieux, colonel de son état, commandant le 2° REI, vient de passer six mois à Surobi. Il vient d'être remplacé par Eric Bellot des Minières, patron du 2° REP. La légion se succède..... Deux vieux amis que je salue au passage.

2/ Accessoirement, on lira dans le Monde des Livres de ce soir l'entretien qu'il accorde à Nathalie Guibert à propos de Clausewitz : est-il besoin de signaler à chacun que Bruno est le spécialiste français de Clausewitz. En ligne, on se reportera à ma lecture modeste de Clausewitz.

3/ Puis-je d'ailleurs vous demander votre avis : certains me disent qu'ils ne lisent jamais ces billets, d'autres qu'ils les lisent et les conservent soigneusement ; et comme à part JP Gambotti, personne ne commente jamais, je ne sais si cela vous intéresse, surtout que je m'essouffle un peu. Me dire.

NB : merci à FM de m'avoir signalé ces informations..

PS (MAJ) :

  • merci à de nombreux correspondants (Zone d'intérêt, A. D., Etienne F) de m'avoir fait parvenir sous une forme ou une autre les enregistrements. J'en profite pour signaler le blog d'un jeune thésard en géographie, Arthur Devriendt, de l'avoir posté sur son blog : Arthur fait une thèse sur les dimensions territoriales des techniques de l'information. ON peut aussi le télécharger directement sur le site de France Cucu, voir le commentaire posté ci-dessous.
  • Enfin, je précise à l'attention de correspondants qui m'encouragent fort aimablement : Mon essoufflement ne tient pas au blog, mais au commentaire de Clausewitz : je vous demandais si vous appréciez cette série clausewitzienne ou non, et s'il fallait que je la poursuive. Pour le reste? J'ai encore du souffle et je prends encore bien du plaisir à tenir ce blog. Faut-il en rappeler les raisons :


# C'est un formidable accoucheur de pensée

  1. C'est un formidable moyen de tester ses idées avec des interlocuteurs : c'était fondamental quand j'étais en province, ça l'est toujours à Paris.
  2. Enfin, l'enrichissement est partagé puisque je reçois désormais des informations ou des billets que je n'ai qu'à poster, ce qui allège la tâche.

O. Kempf

mercredi, janvier 27 2010

RDN février 2010 : le sommaire

Voici, en avant -première, le sommaire de la RDN de février. On notera que deux alliés d'AGS publient....

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Plein de belles signatures : à déguster.

O. Kempf

Edito (Jean Dufourcq)

Des trois facteurs du changement à l’œuvre sur la planète du XXIe siècle que sont la révolution démographique, l’exigence climatique et le grand bazar économique, c’est le deuxième qui est aujourd’hui le plus controversé. Si chacun d’entre eux joue un rôle important dans les racines d’une conflictualité qui s’est profondément renouvelée depuis le temps des guerres nationales et des défis idéologiques des siècles précédents, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la nature et l’intensité des tensions que va induire le réchauffement climatique annoncé. Le récent Sommet de Copenhague a permis à beaucoup d’exprimer leur inquiétude, à quelques-uns d’afficher leur scepticisme. C’est ce thème et ses conséquences, la sécurité environnementale, que votre revue aborde et qu’introduit Michel Rocard.

En s’interrogeant sur la résilience, le général Francart analyse une prescription du dernier Livre blanc. Il en ébauche un concept et prolonge ainsi la réflexion sur la capacité de la France à résister aux agressions et à garder son sang-froid dans les épreuves. Ce thème, également illustré par des approches sociologiques et des enquêtes d’opinion publique sur l’exposition au danger dans les opérations extérieures, est repris par des points de vue exprimés par des officiers, praticiens de l’action, qui s’interrogent avec gravité sur leur condition militaire.

Dans ce numéro de février, on trouve aussi la suite des prévisions stratégiques pour 2010, cette fois-ci avec un regard américain et une perspective transatlantique. Les opérations en cours, l’Afghanistan, et passées, l’EUFor RD Congo, font l’objet de prises de position qui sont autant de repères fournis au lecteur. Enfin comme à l’accoutumée, des rubriques font le point sur les évolutions stratégiques en cours. Comment ne pas exposer la nouvelle approche maritime de la France qui met la mer au cœur du développement durable ? Comment ne pas s’intéresser aux grandes tendances stratégiques en Asie ? Comment ne pas suivre les travaux pratiques de nos parlementaires experts en matière de défense ?

C’est tout cela et bien d’autres choses encore que la RDN vous propose dans ce numéro à la formule renouvelée en janvier 2010 et qui a reçu un bon accueil des lecteurs.

Savez-vous que vous avez désormais accès librement à 67 ans d’archives de la RDN et ainsi à une large tranche d’histoire du débat stratégique français ? Consultez le site (www.defnat.com) et retrouvez par exemple les premiers travaux sur l’impact stratégique de la question climatique.

J’ai souhaité dans l’avant-propos du numéro de janvier recueillir votre approche des intérêts stratégiques français. Je vous remercie par avance de nous envoyer vos contributions. Le comité de lecture dont vous trouverez la composition dans la dernière page se fera un devoir d’en faciliter la diffusion.

Pour le sommaire détaillé :

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mardi, janvier 26 2010

E7 grec : paradoxes économiques

La lecture du supplément économie du Monde (Journal que je lis avec le plus grand sérieux, même si je badine dessus, voir ici), donne matière à penser.

1/ Tout d’abord, car il précise en deux articles la notion de « pays émergent ». J’ai déjà évoqué l’avènement de cette catégorie comme nouveau « 2ème monde », ainsi que les sigles qui pouvaient être portés (BASIC). L’intérêt ici tient à la notion de groupe « E7 » : ces 7 pays ne se réduisent pas aux seuls Chine, Inde et Brésil, mais incluent aussi les autres pays qui suivent la même trajectoire, même s’ils sont moins visibles. Or, il faut bien constater :

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lundi, janvier 25 2010

Les alliances des Etats-Unis

Je viens d'acheter aujourd'hui, à la librairie en bas du bureau, le dernier Coutau-Bégarie sur les alliances des Etats-Unis, paru chez économica. : "L'Amérique solitaire?"

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Il réussit à être court (cent pages, rendez vous compte ! un exploit pour HCB !).

Surtout il reprend un thème très intéressant. On pense bien sûr à l'excellent J.-Y. Haine, "les Etats-Unis ont-ils besoin d'alliés ?", qui reste un splendide morceau de réflexion historique, qui vaut toujours le détour.

Surtout, cela m'a rappelé l'article que j'avais commis en son temps, sur le même sujet, même si je le cantonnais à l'après-guerre froide : "les stratégies d'alliance des Etats-Unis après la guerre froide". Il était paru à l'automne 2004 dans la Revue française de géopolitique. A le relire ce soir, à le comparer à la table des matières d'HBC, je m'aperçois que nous nous rejoignons.

Allez, parce que c'est vous, je l'ai mis en accès direct sur le blog : vous pouvez le lire ici (sans les notes de bas de page, désolé). Mais que ça ne vous empêche pas d'acheter le bouquin d'HBC.... Cent pages au lieu de huit, c'est forcément mieux, hein ?

Mais j'aime bien ceci : "La coalition, c’est au fond le modèle de la libre entreprise appliqué à la vie internationale, c’est du libéralisme dans les affaires géopolitiques. Il n’est guère étonnant que les Américains cherchent à reproduire à l’extérieur ces valeurs : la vie sociale internationale devra ressembler à leur expérience intérieure."

Et ceci : "D’un autre côté, la position européenne n’est même pas paradoxale tellement elle est multivoque : il n’y a au fond pas une vision européenne, mais trois, quinze, vingt-cinq."

Pour le reste, un article écrit il y a six ans... il y a certains points sur lesquels j'ai évolué.... D'autres toujours pertinents. Bonne lecture

O. Kempf

dimanche, janvier 24 2010

J'héberlue : back to the 60'

Je n'y crois toujours pas. Le Monde, que je tenais encore pour un quotidien à peu près sérieux (avec La Croix) vient de publier une tribune promouvant l'apprentissage de l'anglais.

  • My tailor is rich

Incredible ! je n'y crois toujours pas.

Qu'on me comprenne bien : il ne s'agit pas pour moi de jouer au scrogneugneu, à ce qu'elle st belle ma langue, et vive la francophonie, pardon, on dit aujourd'hui diversité culturelle. Mais oser soutenir qu'il faille aujourd'hui apprendre l'anglais me semble d'un passéisme sans nom. Mais que croient-ils ? tous les gamins de moins de vingt ans s'y sont mis. Ils parlent mal ? comme la moitié de la planète, ils ne parlent pas anglais, mais globish. Tant pis pour l'anglais, d'ailleurs. Vouloir "enseigner" l'anglais, c'est encore avoir une vision passéiste de la langue, y compris celle des autres. C'est vouloir qu'on parle "BIEN" l'anglais, ou n'importe quel autre idiome. Ce qui est témoigner d'une conception très française de la langue et de sa pureté classique.

Juste une anecdote : il y a dix ans, lors de mon premier séjour international, je rédige mon premier document en anglais. Comme tout nouvel arrivant dans ce genre de milieu, je le soumets à deux collègues de bureau : un Américain et un Anglais.Q ue croyez-vous qui arriva ? une suggestion de correction de l'Américain, dix-sept de l'Anglais ! Conclusion : n'ayez AUCUN complexe, il n'y a pas de langue pure. Et à l'international, vous progresserez assez rapidement pour émettre des textes convenables.

Bref, tenir ce discours en 2010, alors qu'il aurait pu être pertinent en 1975 me semble ahurissant.

Dernière remarque : bien sûr qu'il faut parler les langues étrangères. En fait, ce n'est même plus la question de l'anglais, c'est celle de la deuxième langue étrangère : c'est celle-là qu'il faut travailler, celle-là qui vous ouvrira des portes. Et accessoirement, choisissez l'allemand plutôt que l'anglais : 70 % de notre commerce se fait avec l'Allemagne (et en plus ; l'espagnol est très facile à apprendre le jour où on en a besoin).

Indeed !

O. Kempf

NB : allez, pour vous faire travailler un peu, vous trouverez un peu d'américain dans cet excellent billet paru au CF2R sur le renseignement en Afghanistan (merci à la toujours pertinente et affutée Clarisse de me l'avoir signalé).

samedi, janvier 23 2010

De la puissance humanitaire : une vocation européenne ?

Je n'ai pas parlé jusqu'à présent de la catastrophe d'Haïti. Dans le billet d’Alain Frachon, on trouve trois idées qui méritent l’attention :

  • L’humanitaire est un facteur de puissance
  • La logistique est un démonstrateur de puissance
  • L’Europe, qui prétend être la championne de l’humanitaire, n’est pas présente.

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Voilà peut-être des clefs pour dégager des idées de ce qui vient de se passer.

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vendredi, janvier 22 2010

Histoire, mémoire et identité : corrigé

Voici donc quelques éléments de corrigé du sujet proposé il y a quinze jours, avec un intéressant débat soulevé par Alex. Précisons donc : bien qu'intitulés "CID", les sujets proposés s'adressent à tout le public préparant des concours de haut niveau (CID, khâgne, ENA, IEP,...). 1/ Un piège de fond, un piège de forme

2/ Le piège de fond : se faire avoir par l'actualité et traiter un autre sujet.. En l'occurrence, disserter sur l'identité nationale, débat en cours. Evitez de sombrer dans l’identité nationale, ou les lois mémorielles : sont dans le sujet, ne sont pas tout le sujet. D'où : s'il faut le mentionner à un moment ou à un autre, il ne faut pas s'appesantir dessus. DE plus, en traitant le seul sujet, on s'aperçoit qu'on a, par conséquence, énormément d'éléments pour le débat sur l'identité nationale. S'éloigner pour mieux revenir...

3/ Le piège de forme : un sujet en trois mots. Trois thèmes : là est la difficulté. Ils s’articulent et s’opposent deux à deux. C'est au fond LA problématique. D'ailluers, quand vous cherchez la problématique, regardez d'abord le problème que le sujet Voous pose : souvent, vous avez là de quoi inspirer votre réflexion. Ici : sujet en trois termes, comment les articuler?

4/ Du coup, cela souligne l'Importance des définitions : c'est vrai pour tous les devoirs, particulièrement pour celui-ci.

  • Histoire : histoire en marche et histoire qu’on écrit (connue). Histoire en marche, plus récente, avec un grand H, confer déterminisme historique : l’histoire a un but. Ici, il fallait éliminer l’histoire en marche, pas pertinent pour le sujet.
  • Mémoire : deux points de vue : individuel et collectif. Le point individuel devait être éliminé, à un moment : introduction, ou en cours de développement. Il fallait le mentionner, mais savoir où s’arrêter. Citer Nora. Cf. lois mémorielles. La mémoire s’oppose à l’histoire, qui a une définition scientifique, extérieure, quand la mémoire est intérieure et subjective.
  • Identité : là aussi, individuelle et collective. Là aussi, un choix devait être effectué. L’identité collective est récente, est née avec la sociologie (Durkheim). Voir aussi : identité = permanence (dans le temps) et identité = unité. Stabilité dans le temps : on aperçoit la liaison avec mémoire et histoire…

Cela impose une intro assez longue.

5/ On ne peut faire un plan trois parties, avec chacune étudiant les deux binômes : cela amènerait des redites, et manquerait d’unité et de dynamisme. Pour se sortir du triangle, il faut choisir un terme d’entrée, et observer les articulations des deux autres : ou encore, une majeure et deux mineures. En fait, les trois binômes sont dépassés par l’introduction d’un quatrième terme, celui de politique. Cela milite donc obligatoirement pour un plan en deux parties, et même deux sous-parties chacune : c'est la seule façon de rétablir, me semble-t-il, l'équilibre menacé par le rythme ternaire du sujet...

6/ La conclusion me paraît de très bonne facture : elle reprend bien l'articulation générale du développement, et elle apporte quelque chose de supplémentaire, de lié au devoir et permettant en même temps une ouverture. L'utilisation des citations est judicieuse. Un de mes maîtres me disait que si on a une seule citation, il faut la placer en intro ou conclu, si on en a deux en intro et conclu, si on en a plus, alors on peut en mettre dans le développement. C'est bien sûr une recette trop absolue et en fait rarement juste. Mais ici, les citations (Braudel et Renan) sont très bien placées, et permettent de dépasser ce qu'on en dit d'habitude.

Le corrigé proposé est solide : il amènerait une bonne note à coup sûr

O. Kempf

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