Jérôme Pellistrandi nous donne sa dernière livraion : la chronique stratégique et géopoltique des affaires du monde et de la défense, pour lemois de juin. Mille mercis à ce travail gigantesque.
O. Kempf
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mercredi, juin 9 2010
Par Olivier Kempf le mercredi, juin 9 2010, 20:14
Jérôme Pellistrandi nous donne sa dernière livraion : la chronique stratégique et géopoltique des affaires du monde et de la défense, pour lemois de juin. Mille mercis à ce travail gigantesque.
O. Kempf
mercredi, mars 17 2010
Par Olivier Kempf le mercredi, mars 17 2010, 22:38
Chers lecteurs, vous l'attendiez, la voici : la chronique d'actualité de l'ami Jérôme. Excellent pour les paresseux comme moi qui n'ont pas le temps de consulter les blogs d'info mili...
Merci Jérôme,
O. Kempf
jeudi, janvier 21 2010
Par Olivier Kempf le jeudi, janvier 21 2010, 21:00
Voici la chronique de Janvier 2010 écrite par Jérôme Pellistrandi. Mille mercis à lui.
L’année 2010 a dramatiquement mal débuté avec l’Afghanistan où les pertes de l’OTAN sont désormais quotidiennes et le séisme meurtrier en Haïti. Plusieurs points communs caractérisent ces deux théâtres pourtant très distincts mais pour lesquels les armées françaises sont largement sollicitées. Le premier est l’urgence humanitaire et c’est bien la possession de tout le spectre des outils militaires qui fait la différence entre les pays qui se portent au secours surtout si les infrastructures d’accueil sont défaillantes. Le deuxième tient à la capacité de projection stratégique désormais incontournable si un pays veut avoir une crédibilité militaire. A cet égard, les Etats-Unis ont vite compris l’intérêt politique à se porter massivement au secours de la malheureuse population haïtienne. Au moins, cette intervention massive devrait redorer le blason de l’hyper-puissance bien fragilisée depuis quelques années. A l’efficacité américaine –parfois critiquée- contraste la quasi-absence de l’Union européenne sur l’île des Caraïbes.
mardi, décembre 15 2009
Par Olivier Kempf le mardi, décembre 15 2009, 20:19
Jérome nous fournit sa chronique, désormais trimestrielle. Mille mercis à lui.
EGEA
verbatim J. Pellistrandi :
Le vendredi 11 décembre restera comme une date historique dans la construction de l’Europe de la défense avec le premier vol de l’avion de transport stratégique A 400M.
jeudi, septembre 24 2009
Par Olivier Kempf le jeudi, septembre 24 2009, 21:23
Fin de l'été, temps des chroniques... L'ami Jérôme nous livre son épisode mensuel, qui permet à celui qui n'est pas abonné aux sites spécialisés d'avoir un recueil d'information. Bravo !
O. Kempf
Ce début d’automne est clairement marqué par les questions de l’Afghanistan et de l’Iran. Dans le premier cas, les élections présidentielles de cet été n’ont pas permis de déboucher sur une solution politiquement plus viable et l’intensité des combats ne cesse d’augmenter, mettant les forces de l’OTAN dans une situation complexe. Ainsi, pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les troupes allemandes ont participé à une mission offensive dans le nord du pays en soutien d’une opération de l’armée nationale afghane. 300 soldats de la Bundeswehr, appuyés par 4 blindés Marder ont été engagés aux côtés de 800 soldats afghans. La nature de la stratégie de la coalition est donc ouvertement posée, mais dans tous les cas, les troupes alliées ont à supporter une pression militaire croissante alors même que les opinions publiques des pays engagés sur ce théâtre souhaitent en majorité le retrait des troupes. (lire la suite)
vendredi, juin 12 2009
Par Olivier Kempf le vendredi, juin 12 2009, 22:34
L'ami Jérôme nous livre sa chronique mensuelle. Merci à lui.
Pour une fois, certains théâtres d’opération semblent s’acheminer vers un retour à une situation moins conflictuelle. C’est le cas du Kosovo. En mars, l’Espagne avait annoncé son retrait unilatéral au risque de se faire âprement critiquée par ses partenaires de l’OTAN. En cette fin de printemps, l’OTAN suit finalement le mouvement et a annoncé une réduction de sa présence militaire, d’autant plus que l’Union Européenne, avec l’opération EULEX, a pris en charge une partie des missions dévolues jusqu’à présent à la KFOR. Les effectifs, aujourd’hui autour de 14000 soldats, passeraient à 10000 au début 2010. Certes, la priorité de l’Alliance est clairement établie et constitue d’ailleurs un enjeu existentiel, c’est l’Afghanistan. Avec le Pakistan, ce théâtre va retenir toute l’attention des pays occidentaux d’autant plus que les élections présidentielles auront lieu au mois d’août.
La Corée du Nord a procédé à un essai nucléaire, mieux réussi cette fois, ainsi qu’à des tirs de missiles, accroissant immédiatement la tension dans cette partie de l’Asie. L’explosion du 25 mai est estimée entre 2 à 4 kilotonnes, avec l’utilisation du plutonium. En octobre 2006, la première explosion avait été considérée comme un échec puisque que la puissance n’avait pas dépassé le demi kilotonne.
L’Iran est également à la croisée des chemins avec l’élection présidentielle de ce mois de juin. La réélection du président actuel serait à coup sûr vue comme une menace supplémentaire. L’élection d’un candidat modéré ouvrirait des opportunités de discussion sur la question nucléaire. De toute façon, Téhéran veut jouer un rôle régional plus important. L’annonce de l’envoi de navires militaires « contre la piraterie » dans le golfe d’Aden, répond à cette ambition politique qui, de toute façon, ne s’arrêtera pas après les élections présidentielles.
Défense dans le monde
L’Inde prévoit la mise en service de son avion de combat conçu nationalement, le LCA, à partir de 2010. Pour faire face à la menace pakistanaise, un système antiaérien de moyenne portée sera déployé autour de la capitale, New Delhi, avec l’aide d’Israël, toujours attentif au risque que l’arme nucléaire pakistanaise tombe aux mains des Talibans. Le Yémen pourrait acquérir des avions de combat du type Mig 29, voire Mig 35 auprès de la Russie.
Le Japon a reçu son premier porte-hélicoptères capable de mettre en œuvre onze appareils. Il s’agit du premier navire à pont continu depuis les porte-avions de la seconde guerre mondiale. C’est une nouvelle étape dans l’accroissement des capacités navales de Tokyo face aux multiples menaces venant notamment de Corée du Nord.
L’Australie a présenté son nouveau livre blanc qui va se traduire par une relance de l’effort de défense avec 70 milliards de dollars en investissements pour les vingt prochaines années. L’augmentation annuelle du budget sera de 2,5%. Le précédent livre blanc avait juste dix ans. Dans ce travail, la Chine y est présentée comme une « source d’inquiétude ». C’est la marine australienne qui va le plus bénéficier de ces nouveaux équipements avec notamment un doublement de sa flotte de sous-marins qui sera portée à douze unités. Il est également envisagé l’achat d’une centaine d’avions de combat JSF F 35 d’ici 2030. ++ Le Vietnam++ envisage de se doter d’une flotte de sous-marins avec une première commande de six bâtiments du type Kilo auprès de la Russie. Cette décision d’Hanoi rentre dans le cadre de la concurrence régionale avec la Chine. Face à la crise économique, l’Argentine a décidé de baisser de 20 % son budget de la défense. Cette baisse est d’autant plus possible que la situation stratégique de la raison est plutôt calme et que les relations avec le voisin chilien sont devenues excellentes.
L’Irak va commander 24 hélicoptères EC 635 à Eurocopter, traduisant une reprise des relations militaires avec la France. Toutefois, le principal partenaire restera Washington. Bagdad souhaite ainsi disposer d’ici 2020 d’une centaine d’avions de combat de type F16 avec un premier escadron disponible d’ici 2012.
La France a proposé son aide au Nigéria pour assister les forces armées dans la sécurisation du delta du Niger, région riche en hydrocarbures. Cette assistance passera notamment par l’aide à la formation d’unités nigérianes.
États-Unis
Les débats sur certains programmes d’armement sont désormais pleinement ouverts avec une orientation à la baisse voulue par l’administration Obama, sans pour autant que l’effort de défense ne soit diminué. La préparation du prochain « plan quadriennal de défense prévu pour 2010 va être l’occasion de discussions tendues entre le Pentagone, le Congrès et les industriels. Ainsi, le chasseur F 22, qui n’a plus aucun concurrent face à lui, pourrait voir sa production arrêtée à 187 exemplaires. Il semble que les futurs choix privilégieront la projection et l’action terrestre au détriment de l’US Air Force. Le projet d’un bombardier de nouvelle génération initialement prévu pour 2018, est lui aussi arrêté.
Le rythme de construction des porte-avions va être ralenti pour se limiter à un navire tous les cinq ans. La cible devrait être de 10 porte-avions disponibles en 2040, contre 12 actuellement. De la même façon, la gouvernance du Pentagone sera revue avec un retour sur la sous-traitance et l’externalisation trop favorables aux industriels. Les militaires devraient notamment reprendre la main sur les processus d’acquisition et d’achats.
L’US Navy a lancé les travaux de définition du futur SNLE destiné à remplacer les sous-marins de la classe Ohio et dont le dernier est entré en service en 1997. Les Ohio ont déjà effectué plus de 1000 patrouilles opérationnelles.
Les Américains utilisent actuellement 260 000 « contractors » en opérations : 150 000 en Irak pour 130 000 militaires, 72 000 en Afghanistan pour 35 000 soldats. Un cinquième de ces « employés » sont américains et deux sur cinq sont recrutés localement.
Pour faire face à ses défis de projection logistique, l’US Air Force envisage d’augmenter le nombre de ses avions-cargos C5A Galaxy devant être modernisés. L’objectif dépasserait les 52 avions prévus initialement. Le C5 A a été mis en service en 1969. La modernisation ainsi prévue permettra de maintenir l’avion en service jusqu’en 2040, soit une durée de vie de 70 ans !
Depuis 2001, l’US Army a perdu 168 hélicoptères sur les théâtres afghan et irakien. Simultanément, l’US Army Aviation s’est réorganisé en tirant les leçons de ces opérations en densifiant ses unités avec 19 Combat Aviation Brigade pouvant mettre en œuvre jusqu’à 120 appareils. À ce jour, elle dispose de 1150 hélicoptères de combat et de reconnaissance, 1796 hélicoptères utilitaires et de transport et enfin de 430 hélicoptères cargo du type CH 47.
Le premier pilote étranger à voler sur le nouvel avion de chasse F 22 dans le cadre d’un échange sera un officier venant d’Australie, confirmant ainsi l’étroitesse des liens stratégiques entre les deux pays, confirmé par le Livre blanc australien. 76 bombardiers B 52 vont recevoir de nouveaux équipements de communications numériques permettant des liaisons avec les troupes au sol.
La Navy estime qu’il lui manquera environ 200 avions embarqués durant la prochaine décennie et pousse le Congrès à poursuivre la fabrication des F 18 de Boeing. Durant la même période, l’US Air Force s’apprête à retirer 250 avions de combat d’ancienne génération en 2010. Ce seront principalement des F 15 et des F16, ces derniers devenant facilement exportables. De plus, les célèbres avions espions U2-TR1 vont céder la place aux drones Global Hawk, d’ici 2014.
Russie
Les armées devraient recevoir une centaine d’aéronefs cette année se répartissant pour moitié entre avions et hélicoptères. Une grande partie de ces appareils concerne des engins modernisés. Ce n’est qu’à partir de 2012 que les MIG 35 seraient achetés avec une première tranche de 24 avions. En attendant, l’armée de l’air va recevoir les MIG 29 SMT refusés par l’Algérie. Ce pays reste cependant pour la deuxième année consécutive, le premier importateur d’armes russes. Le traditionnel défilé de la victoire du 9 mai a été l’occasion de voir pour la première fois un nouveau système de défense anti-aérien S 400 ou SA 21 Growler dans la terminologie de l’OTAN. Le Growler est opérationnel depuis deux ans autour de la capitale moscovite.
Moscou se prépare à lancer sa cinquième génération de satellites d’écoute électronique après une quinzaine d’années de développement.
Défense en France
Avec retard, la Loi de Programmation Militaire (2009-2014) a été présentée au Parlement début juin. Cette LPM prévoit de consacrer 186 milliards d’euros pour la défense sur la période avec une moyenne de 31 milliards chaque année. Avec le Livre blanc publié il y a un an et la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), la LPM complète le dispositif dans lequel la France va réorganiser sa défense.
Dans le cadre du plan de relance de l’économie, la DGA a passé sa première commande à la mi-mars. Il s’est agi d’acheter 25 tapis antisable pour aménager des zones de poser d’hélicoptères pour un montant de 2,5 millions d’euros L’entreprise bénéficiaire est une PME charentaise qui doit livrer ces kits de protection d’ici le mois d’août. Le 10 avril, c’est la commande du troisième Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC) qui a été signée dans cette perspective économique. Il s’agit en effet de palier au manque d’activités des chantiers de Saint-Nazaire qui n’ont plus de paquebots à construire, le dernier devant être livré en mars 2010. La découpe de la première tôle a eu lieu le 6 mai et la mise à flot est prévue pour octobre 2010. Ce troisième BPC devrait être livré en 2012. Toutefois, cela ne représente que 20% de la capacité industrielle des chantiers et la situation risque de s’aggraver si aucune commande civile n’est prise d’ici l’automne. Il ne serait pas exclu de commander alors le quatrième BPC.
De la même façon, la DGA a commandé 1200 bombes MK 82 de 250 kg destinées à l’armée de l’air. Ce contrat est de 9 millions d’euros et permettra de reconstituer les stocks car ces bombes sont utilisées sur le théâtre afghan. Les livraisons dureront un an et débuteront à la fin de cette année.
Le plan de relance a permis également de lancer l’achat de huit stations-sol de télécommunications par satellite Syracuse III. Ces stations seront livrées entre 2010 et 2011.
EADS va moderniser un millier de système d’identification (IFF ou Ennemi - Ami) en dotation dans les armées. Un nouveau radar de surveillance devrait être installé d’ici la fin 2010 en Guyane afin de mieux contrôler la sécurité du centre spatial guyanais, mais aussi de lutter contre le narcotrafic.
__Armée de terre __ Début avril, 3 véhicules Buffalo et 2 engins Souvim sont arrivés à Kaboul afin de renforcer les capacités d’ouverture d’itinéraires face à la menace des IED (mines de circonstance). 5 Buffalo avaient été commandés au printemps 2008 et les essais avaient eu lieu à l’ETAS d’Angers à partir de la fin novembre.
Quinze véhicules blindés Aravis, construits par Nexter, vont doter les unités du génie d’ici la mi-2010 pour être déployés en Opex, dans le cadre des missions d’ouverture d’itinéraires.
Fin mai, le drone SDTI, mis en œuvre par le 61° RA de Chaumont a effectué sa centième mission au-dessus du territoire afghan.
La mise en service opérationnelle des hélicoptères NH 90 est désormais prévue début 2013. Ces NH 90 seront mis en œuvre par le 1° RHC d’Etain. Pour le Tigre, le 5° RHC de Pau dispose désormais de 8 appareils. Au total, l’ALAT dispose de 20 Tigre répartis entre le Luc, le Gamstat de Valence et Pau. Ces machines ont déjà effectué 5400 heures de vol. Au cours de l’été, 3 Tigre devraient être déployés pour la première fois en Afghanistan.
Parallèlement, le 23 avril, est arrivé à Dax, sur la base école de l’ALAT, le premier hélicoptère EC 120 mis en œuvre dans le cadre de l’externalisation de la formation initiale des pilotes. C’est la société Helidax qui sera en charge de ce programme. Fin 2010, l’école disposera de 36 machines pour assurer 24000 heures de vol par an. L’école forme tous les pilotes de l’Etat, en y incluant ceux des douanes mais aussi de la Belgique. La maintenance sera assurée par Helidax avec une cinquantaine de personnels. Les mécaniciens militaires auront quitté Dax par voie de mutation d’ici 2011. Le contrat de la société Helidax est prévu pour une durée de 22 ans.
Le 41° Régiment de Transmissions, qui était implanté depuis 1979 à Senlis, a été dissous officiellement le 4 juin. Sa devise était « par-delà les terres et l’océan ». Ses missions seront reprises par les régiments de la Brigade de transmissions et d’appui au commandement (BTAC) de Lunéville.
Marine
Le porte-avion Charles De Gaulle a connu à la mi-mars une avarie importante de son système de propulsion l’obligeant à retourner en cale sèche pour plusieurs mois. Cette indisponibilité se produit au moment même où le groupe aéronaval remontait en puissance après les 18 mois d’arrêt liés à la première grande période d’entretien du navire. Du coup, le problème de l’entraînement des pilotes embarqués est à nouveau d’actualité avec la recherche de solutions palliatives passant par les porte-avions américains, notamment lors du passage du CVN 69 Eisenhower en Méditerranée, lors de son retour du Moyen-Orient. Le PAN devrait reprendre la mer en septembre, le problème technique ayant été identifié au cours du mois de mai.
Un centre de simulation Rafale a été ouvert à Landivisiau pour couvrir les besoins en entraînement des pilotes de l’Aéronavale. Il sera connecté avec celui de Saint Dizier mis en œuvre par l’armée de l’air.
La Jeanne d’Arc est rentrée de son avant dernière campagne le 5 mai. Elle repartira pour une ultime mission de six mois à la fin novembre. C’est le BPC Tonnerre qui prendra la relève en 2010 pour une campagne plus courte.
Plusieurs navires vont être désarmés cette année afin de permettre à la marine d’atteindre au plus vite son nouveau format et de générer ainsi des économies de fonctionnement. Le premier patrouilleur P 400, la Fougueuse, a rejoint le port de Brest pour y être désarmé. Devraient suivre deux chasseurs de mines, le bâtiment atelier polyvalent Jules Verne qui a longtemps servi dans l’océan indien ainsi que quatre autres navires. La question désormais posée est la mise en place d’une filière de « déconstruction » afin de ne pas renouveler la triste expérience du Clemenceau.
L’aéronautique navale a retiré du service à la mi-mars ses douze derniers avions de transport Nord 262. Les 16 hélicoptères Dauphin embarqués vont faire l’objet d’une modernisation d’ici la fin 2014. Le coût de ce programme sera de 80 millions d’euros.
L’embarcation pneumatique Ecume destiné aux commandos marine, de fabrication britannique, n’a pas réussi ses différentes campagnes d’essais, obligeant à l’arrêt de ce programme. Le taux de disponibilité des navires a été de 82% au mois d’avril. Ce taux exclut les navires en entretien programmé. __ Armée de l’air__
Face aux retards de l’avion A 400M, l’armée de l’air est confrontée à des difficultés majeures pour assurer toutes ses missions. Le parc de Transall est de 49 contre 53, il y a trois ans et va continuer à diminuer inexorablement. Plusieurs options sont ainsi étudiées : un renfort d’avions-cargos légers du type Casa CN 235, l’achat ou la location de C 130 J en partenariat avec les Britanniques, voire aussi de C 17. La DGA a ainsi demandé à Boeing une proposition pour trois C 17. Les 4 Boeing Awacs vont voir le spectre de leurs missions élargi. Ces appareils ont environ 10000 heures de vol chacun pour une durée de vie prévue de 30000 heures. Leur potentiel est donc encore très important. Par comparaison, leurs homologues américains resteront en service jusqu’en 2035.
Le missile aéroporté nucléaire ASMP-A devrait être déclaré opérationnel cet automne. Il équipera les Mirage 2000 N, mettant en œuvre la deuxième composante de la dissuasion nucléaire.
Service de Santé
Face aux défis des restructurations et de la RGPP, les centres de recherche vont être progressivement regroupés à Brétigny-sur-Orge autour de l’Institut de Recherche Biomédicale des Armées (IRBA), officiellement créé en mars. La projection des personnels du SSA a augmenté de 15% en 2008 par rapport à l’année précédente. Cela représente le deuxième service de santé de l’OTAN déployé en Opex derrière celui des Etats-Unis. Toutefois, la réduction du dispositif de l’opération Licorne en Côte-d’Ivoire devrait voir la fermeture de l’antenne chirurgicale d’Abidjan.
Gendarmerie
Pour mieux s’adapter aux évolutions du port de Marseille et à ses extensions vers l’ouest, la gendarmerie va implanter un peloton de gendarmerie maritime à Port-de-Bouc avec une cinquantaine de personnels et deux vedettes de surveillance. La sécurisation de ce type de zone très sensible et très étendue devient une priorité en terme de sécurité publique d’autant plus que le port de Marseille reste le premier port français.
Le premier hélicoptère de nouvelle génération EC 135 a été livré fin mars. Il sera déployé à Lyon et remplacera la dernière Alouette III encore en service. 12 EC 135 ont été commandés à ce jour. La gendarmerie estime ses besoins à 37 appareils, mais la tranche suivante de 25 engins a été gelée à l’été 2008. D’ici l’été, une base hélicoptère devrait être ouverte à Mayotte avec la mise en œuvre d’un appareil du type Ecureuil, permettant ainsi à la gendarmerie de disposer enfin d’une capacité aérienne dans ce nouveau département.
Industries de défense
Dassault aviation a livré 14 avions Rafale en 2008. Eurocopter a livré depuis 2005, 52 exemplaires de l’hélicoptère Tigre sur un total de 206 appareils commandés. Thales a changé de président avec la nomination de Luc Vigneron qui était jusqu’à présent en charge de Nexter (ex-GIAT industries). Dassault aviation devient par ailleurs actionnaire de référence dans le premier groupe d’électronique de défense européen.
Défense européenne
La Royal Air Force prépare l’arrivée de ses nouveaux avions ravitailleurs A 330 FSTA. Le premier avion sera livré fin 2011 et marquera un saut capacitaire majeur pour la défense du Royaume-Uni. 14 appareils seront en service d’ici 2016 et mis en œuvre dans le cadre d’un partenariat public-privé avec l’entreprise Air Tanker, filiale d’EADS, Thales UK et Rolls Royce. Ce consortium est également candidat pour répondre aux besoins français évalués entre 6 et 14 avions.
Londres envisage par ailleurs de louer au moins cinq avions cargo C 130 J pour pallier au retard du programme A 400M. L’A 400 M est au cœur d’une tempête économique, politique et médiatique depuis plusieurs mois avec une année 2008 chaotique pour la conduite du projet. Ce printemps a vu une réorganisation de fond en comble du système industriel. Le premier vol du premier prototype pourrait se faire d’ici à la fin de cette année. En attendant, les négociations entre Airbus Military et les pays clients sont tendues. Le Salon du Bourget devrait être l’occasion d’une mise au point définitive sur l’avenir de ce programme majeur.
Le programme des futurs porte-avions britanniques se poursuit avec la signature de trois nouveaux contrats d’un montant de 80 millions de £. Une maquette de l’îlot central va ainsi être construite pour l’intégration des différents systèmes sur la passerelle.
Un incendie a endommagé accidentellement le nouveau sous-marin nucléaire d’attaque, le HMS Astute, sur son chantier de construction. Sa mise en service est repoussée d’une année.
La Royal Navy a retiré du service son dernier navire ayant participé à la Guerre des Malouines en 1982. Le destroyer TH 42 HMS Exeter avait été admis au service actif en 1978. De ce fait, Londres ne dispose plus que de 24 frégates opérationnelles. Tirant les enseignements de ses derniers engagements notamment dans le cadre de la lutte contre la piraterie au large de la Somalie, l’Allemagne envisage de se doter d’une capacité de projection amphibie qui lui fait défaut jusqu’à présent. L’objectif serait de se doter d’un « Joint Support Ship » de 20000 tonnes capable de projeter 400 hommes. Ce JSS serait alors le plus gros navire militaire allemand.
La composante aérienne de la Belgique vient de fêter le quarantième anniversaire de la mise en œuvre de son avion de formation et de liaison SF 260 Marchetti. Une trentaine d’appareils servent au sein de cette composante. Les Pays-Bas estiment à 6,1 milliards d’euros le coût de l’achat de 85 chasseurs du type JSF F 35. L’Espagne réfléchit également à cet avion afin de remplacer les avions AV8 B Harrier qui équipent son porte-aéronefs, le Principe de Asturias. L’Italie a réceptionné sa deuxième frégate du type Horizon, mettant ainsi un terme au programme franco-italien qui s’est limité à 4 navires.
Début juin, la marine italienne a admis au service actif son deuxième porte-aéronefs, le Cavour. Avec le Garibaldi, opérationnel depuis 1985, Rome dispose désormais d’une capacité permanente d’un groupe aéronaval à la mer. Rome a également commandé 16 hélicoptères lourds CH 47 pour un montant de 900 millions d’euros. Ces CH 47 seront assemblés sur place et seront livrés entre 2013 et 2017. Ils remplaceront les CH 47 en service depuis 1973.
La Grèce devrait bientôt entamer les discussions avec la France pour la construction de 6 frégates du type FREMM qui seraient assemblées localement, à l’exception de la première qui serait construite à Lorient.
L’Agence Européenne de Défense (AED) a pris en charge le projet franco-allemand de développement d’un hélicoptère lourd, le FTH. L’objectif est une mise en service vers 2020. Les Etats-Unis ont été invités à participer au FTH. La Suisse a repoussé son calendrier pour son futur avion de combat pour lequel le Rafale est candidat. Le choix ne sera pas fait avant 2010, afin de prendre en compte le futur rapport sur la politique de sécurité de la confédération helvétique prévue pour décembre 2009.
La mission de l’EUFOR Tchad s’est achevée à la mi-mars avec un transfert des responsabilités à l’ONU. 27 états y ont déployé 3300 hommes dont la moitié appartient à la France.
Il est à souhaiter que l’été à venir ne soit pas aussi difficile pour les armées françaises que l’année dernière avec notamment l’embuscade d’Uzbeen. Plusieurs dossiers internationaux resteront cependant ouverts comme l’Iran ou la Corée du Nord. La piraterie maritime dans l’Océan indien constituera une autre préoccupation pour les marines occidentales. Une autre préoccupation aux conséquences importantes en terme de sécurité et de défense va être la pandémie de la grippe H1N1 qui risque de s’étendre à l’automne dans l’hémisphère nord. La limitation du risque impliquera de nombreux acteurs dont les armées. Ce type de menace correspond bien à ce que le Livre blanc publié il y a un an, suggérait. Cela signifie aussi que l’effort de la France pour sa défense reste pertinent.
Jérôme Pellistrandi
mardi, avril 14 2009
Par Olivier Kempf le mardi, avril 14 2009, 20:31
Je publie encore une fois avec plaisir la chronique de Jérôme Pellistrandi. O. Kempf
Chronique Internet avril 2009
Le sommet de l’OTAN s’est tenu à Strasbourg-Kehl et Baden-Baden en ce début avril. A cette occasion, l’Albanie et la Croatie sont devenues officiellement membres de l’Alliance. Pour ces deux pays, c’est une étape supplémentaire dans la normalisation de leur situation géopolitique et un signe d’une amélioration de la sécurité dans les Balkans. Mais la route est encore longue notamment avec le Kosovo. Ce jeune Etat n’a pas encore atteint ses objectifs d’une pleine reconnaissance internationale. C’est ainsi que la décision -plutôt inattendue- du retrait du contingent espagnol, annoncée ce printemps, n’a guère été appréciée par les partenaires de l’Alliance et traduit la précarité politique du gouvernement de Pristina dans l’espace balkanique, où les progrès nécessitent d’être consolidés. Il faut cependant souligner que cet élargissement de l’Alliance n’a pas rencontré un écho médiatique très fort car l’enjeu diplomatique de ce printemps était autre avec le G 20 de Londres et surtout le premier déplacement du Président Obama sur le « vieux continent ».
Strasbourg a donc également été marqué par le retour officiel de la France dans la structure militaire. De fait, ce choix politique traduit une réalité militaire entamée il y a déjà près de vingt ans. La nouvelle étape devrait permettre à Paris de participer plus pleinement au processus décisionnel. Le pari est cependant risqué car il suppose que l’Alliance sera plus européenne. Le chantier est donc à peine ouvert avec simultanément, la transformation et la réduction des états-majors, trop nombreux et trop gros, la redéfinition du concept stratégique de l’Alliance autour des missions avec des approches contradictoires entre certains états membres soucieux d’abord de leur sécurité et d’autres plus tentés par une coalition des valeurs. A ces chantiers internes s’ajoute la redéfinition des relations avec la Russie. L’administration Obama semble plus favorable à un rapprochement avec Moscou et le gouvernement russe, subissant le contre-coup de la crise économique avec une baisse de ses ressources financières, agit avec plus de modération qu’au cours de l’été 2008.
Enfin, le principal défi de l’Otan est l’Afghanistan. Les mois à venir avec l’échéance des élections présidentielles du mois d’août constituent un défi majeur pour l’Alliance. Une victoire militaire semble improbable et une défaite politique est interdite. Les partenaires européens ont annoncé un renforcement de 5000 hommes, mais les réticences sont fortes pour aller au-delà de l’effort actuel. Pour la France, seul l’envoi de 150 gendarmes a été décidé. Il n’est cependant pas exclu de projeter deux systèmes d’armes récemment arrivés en unité : l’hélicoptère de combat Tigre et le canon Caesar. L’intérêt est à la fois opérationnel mais aussi industriel avec la possibilité de mettre en avant le « combat proven », indispensable pour l’exportation.
3 des 5 véhicules Buffalo destinés à l’ouverture d’itinéraires viennent d’arriver sur le théâtre afghan. Ces véhicules blindés ont été acquis en urgence aux Etats-Unis au printemps 2008 et ont été testés à l’ETAS d’Angers à partir de la fin novembre. Le plan de relance français commence à avoir un impact en terme de commandes de matériels militaires auprès de PME nationales. Fin mars, la DGA a ainsi commandé 25 kits de tapis anti-sable pour les hélicoptères pour un montant de 25 millions d’euros auprès d’une entreprise charentaise. Ces tapis permettant de stabiliser la zone de poser seront livrés dès cet été.
Un autre volant – plus spectaculaire- sera la commande imminente du troisième Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC) auprès des chantiers de St Nazaire. Ce BPC permettra d’éviter la chute du plan de charge des ateliers qui n’auront plus de coques de paquebot à construire à partir de l’été 2010. Par contre, il semble peu probable que Brest tire un gros bénéfice de cette commande d’environ 400 millions d’euros, au grand dam des employés de la DCNS. De l’autre côté de la Manche, le programme des deux nouveaux porte-avions se poursuit avec trois nouveaux contrats de 80 millions de Livres pour l’acquisition d’équipements.
Après la collision du sous-marin HSS Vanguard avec le SNLE Triomphant, le Parlement britannique a souhaité avoir plus d’informations sur les accidents de sous-marins nucléaires. Ainsi, depuis 1987, 12 incidents ont été répertoriés avec 9 échouages et 3 collisions, dont celle avec le SNLE français.
Après une longue période d’indisponibilité (IPER), le porte-avions Charles de Gaulle, avait repris ses entraînements à la mer avant de connaître fin mars une avarie importante de son système propulsif, obligeant à un nouvel arrêt de plusieurs mois. Le diagnostic semble complexe avant de pouvoir définir les réparations nécessaires. De fait, le problème de l’entraînement des pilotes du groupe aérien est posé avec l’absence non prévue du porte-avions. Cette nouvelle difficulté relance une fois de plus le débat sur le projet du deuxième porte-avions.
Les fortunes de mer ne sont pas l’apanage des marines britanniques ou françaises. L’US Navy a failli perdre au large du Golfe un sous-marin nucléaire d’attaque lors d’une collision avec un autre navire de l’US Navy. Le kiosque du SNA a ainsi été tordu sous l’effet du choc et en partie arraché.
Le tir avorté d’une fusée nord-coréenne, censée mettre en orbite un satellite de télécommunications, a provoqué une montée des tensions en Asie. La date de ce tir – lors du sommet de l’OTAN- avait un caractère de provocation notamment à l’égard du Japon. Il faut souligner que Tokyo a de bonnes raisons d’augmenter son budget de la défense pour se doter des moyens de protéger son territoire, La question du bouclier anti-missiles se pose avec acuité. C’est également une opportunité pour les industriels américains au moment où le Pentagone entame une révision drastique des grands programmes d’armements lancés auparavant par l’administration Bush.
Le prochain sujet de préoccupation pour la communauté internationale va être l’élection présidentielle en Iran. En effet, d’ici l’été, la surenchère nationaliste à Téhéran risque d’accroître les tensions au Moyen-Orient et autour du Golfe Persique. Le sommet de Strasbourg ouvre donc la voie à de nouvelles perspectives tant pour l’Europe que pour les Etats-Unis. Il est cependant dommage que les images d’émeutes urbaines et de destruction de bâtiments aient occulté le débat stratégique. Il importe désormais pour nos armées de réussir ce retour au plus haut niveau du commandement de l’Alliance. Premières réponses dans les mois à venir.
Jérôme PELLISTRANDI
vendredi, mars 20 2009
Par Olivier Kempf le vendredi, mars 20 2009, 15:48
Voici la chronique de mars de l'ami Jérôme Pellistrandi. Grand merci à lui.
La trêve de Noël a été de courte durée et l’actualité internationale a vite repris son rythme dramatique, accentué par une récession économique aux conséquences encore sous-évaluées.
Certes, l’investiture, en janvier, aux Etats-Unis du Président Obama a ouvert une nouvelle ère que tout le monde espère moins unilatérale et plus ouverte vers les partenaires de Washington. Mais les nuages noirs continuent à s’amonceler en ce printemps, notamment avec la crise économique qui se transforme en crise sociale dans de nombreux pays.
L’Irak semble enfin sortir du cycle infernal de la violence. La reconstruction de l’administration et l’accroissement de la sécurité permettent (...) Lire la suite
lundi, février 16 2009
Par Olivier Kempf le lundi, février 16 2009, 14:47
Voici, chers amateurs, la chronique mensuelle de Jérôme Pellistrandi, que j'ai encore une fois le plaisir d'accueillir.
La trêve de Noël a été de courte durée et l’actualité internationale a vite repris son rythme dramatique, accentué par une récession économique aux conséquences encore sous-évaluées. Certes, l’investiture aux Etats-Unis du Président Obama ouvre une nouvelle ère que tout le monde espère moins unilatérale et plus ouverte vers les partenaires de Washington. Mais les nuages noirs s’amoncellent en ce début d’année. La piraterie maritime au large de la Somalie focalise actuellement l’attention avec des attaques plus fréquentes et des prises spectaculaires obligeant les grandes puissances à y déployer des navires de guerre. L’Union européenne a lancé l’opération Atalante, tandis que d’autres marines contribuent à la surveillance de cette route maritime essentielle du commerce mondial. La Russie, l’Inde mais également la Chine y ont envoyé des escadres. Pour Pékin, c’est la première expédition navale en dehors de ses eaux littorales depuis six siècles !
L’Afghanistan ne connaît plus de pause hivernale et les attaques et attentats se succèdent à un rythme quotidien. Le décès au combat d’un capitaine particulièrement chevronné du 35° RAP montre que l’engagement français n’est pas une simple opération de maintien de la paix mais bien une opération de guerre. Depuis le début de l’année, une trentaine de soldats de la coalition sont ainsi morts sur ce théâtre.
L’accident d’un de nos hélicoptères Cougar au Gabon, en janvier, avec huit tués, nous rappelle également que l’entraînement et l’aguerrissement restent des missions exigeantes et toujours difficiles mais indispensables pour garantir l’efficacité opérationnelle de nos forces.
La défense française engagée dans un processus important de restructurations et de réduction de son format continue sa modernisation et les dernières semaines ont vu des projets se concrétiser.
Ainsi, pour l’armée de terre, une nouvelle commande de VBCI a été passée pour 116 engins. 298 véhicules ont donc déjà fait l’objet de commandes et 41 ont été réceptionnés.
De plus, la chaîne de montage de Nexter passera à 96 engins par an, au lieu de 75, grâce au plan de relance. Simultanément, les derniers AMX 10 P rénovés ont été livrés au 92° RI de Clermont-Ferrand. Au total, 108 AMX 10 P ont fait depuis septembre 2005 l’objet de ce programme de rénovation pour un montant de 60 millions d’euros. Il faut souligner ici que son homologue américain, le M 113, plus ancien, fait lui aussi l’objet de reconstructions régulières. Produit à partir de 1960 à plus de 80 000 exemplaires, le M 113 est toujours en service y compris dans l’US Army qui en déploie encore 10000 dont plus de 500 en Irak.
Prenant en compte le Retex (Retour d’Expérience) du théâtre afghan, l’EMAT a décidé de mettre en place sur ses VAB, des tourelleaux téléopérés depuis l’intérieur du véhicule afin d’éviter d’exposer le tireur. Les 6 premiers engins viennent d’être livrés pour partir en opération tandis que les 54 autres VAB le seront au cours de ce trimestre. L’artillerie entame elle aussi sa mutation avec l’arrivée très prochaine du canon Caesar au 93° Régiment d’Artillerie de Montagne de Varces.
A la fin 2008, la DGA a commandé au profit de l’ALAT, 22 nouveaux hélicoptères de manœuvre NH 90 TTH. 12 avaient déjà été commandés en 2007, ce qui représente désormais un total de 34 engins. Avec les 27 destinés à l’Aéronavale, la défense française doit recevoir 61 appareils sur une cible prévue de 160. Les livraisons attendues avec impatience ne débuteront cependant pas avant 2011 avec un premier exemplaire, puis six l’année suivante. Théoriquement, si le programme ne connaît pas de difficultés techniques, l’ALAT devrait ainsi disposer de au mieux 23 NH 90 en 2014. Pour la marine, la première livraison n’interviendra désormais que début 2010, obligeant ainsi à louer des hélicoptères belges pour assurer les missions de sauvetage en mer. Le retard pour la version navale est de plus de quatre ans en raison de difficultés techniques. Le NH 90 a été acheté à 529 exemplaires par 14 pays.
La prise en compte du besoin de protection en déplacement s’est traduite par le programme du Petit Véhicule Protégé (PVP). En ce début d’année, 232 PVP ont été ainsi commandés pour atteindre 546 PVP en cours de fabrication. 218 PVP ont déjà été livrés aux forces et certains ont été déployés en OPEX, en Georgie, au profit de la gendarmerie. La cible est de 933 PVP d’ici 2012 et 1500 pour 2015. Le plan de relance de l’économie doit permettre au constructeur, Panhard d’augmenter sa production pour atteindre 300 PVP par an.
Ces programmes étaient attendus avec impatience par l’armée de terre et permettent de concrétiser enfin cette modernisation indispensable.
Le plan de relance de notre économie présente un volet important pour notre défense avec l’accélération de certains projets. Ainsi, pour pallier la baisse inquiétante du plan de charge des chantiers navals de St Nazaire, un troisième Bâtiment de Projection et de Commandement devrait y être construit à partir de la fin de cette année pour une mise en service en 2012. Le contrat en cours de négociation prévoit même une option pour un quatrième exemplaire qui pourrait suivre. Ces deux nouveaux BPC permettraient ainsi de remplacer les deux TCD du type Foudre qui seraient alors proposés à la vente. 2012 sera ainsi une année décisive notamment pour le deuxième porte-avions qui pourrait utilement sauver St Nazaire pendant deux ans. En effet, hormis le BPC acquis, les cales seront vides à l’été 2010, faute de paquebots en commande. Dès à présent, la DGA va notifier dans les semaines à venir des commandes de batellerie et de bateaux de servitude pour maintenir l’activité dans les petits chantiers navals.
Notre dissuasion nucléaire a connu une étape importante avec le début, fin janvier, des essais à la mer du quatrième SNLE de nouvelle génération, le Terrible. Ce sous-marin a nécessité 800000 heures d’études et 15 millions d’heures de construction pendant 8 ans. Il sera admis au service actif en 2010 et mettra en œuvre le nouveau missile stratégique M51. Pour Cherbourg, désormais, ce sont les sous-marins Barracuda qui vont occuper l’actualité pour les vingt ans à venir.
Très récemment, le caisson sous-marin Cétacé qui avait servi aux essais du missile M 51 a été mis sous cocon. Il pourrait servir pour des essais complémentaires du M 51 mais surtout pour préparer à l’horizon 2025 les futurs sous-marins de troisième génération.
Le concept de dissuasion reste donc d’actualité en ce trentième anniversaire de la révolution islamiste en Iran, qui, en mettant en orbite le satellite Omid de 27 kg avec le lanceur spatial Safir 2, dérivé du missile Shahab-3B, est devenu la dixième puissance spatiale. Cette réussite inquiète en raison des menaces permanentes que fait peser Téhéran sur Israël. La campagne présidentielle iranienne qui va débuter pour les élections de juin pourrait conduire à des surenchères nationalistes dangereuses.
La Grèce va entamer des négociations avec Paris pour l’acquisition de six frégates FREMM ainsi que de quinze hélicoptères Super Puma. Par contre, pour le Rafale, la proposition française vient d’être rejetée. Restent en concurrence l’Eurofighter et le F 16 D. La principale chance d’exportation du Rafale semble être la Suisse qui annoncera son choix cet été. Il faut rappeler que le démonstrateur du Rafale a effectué son premier vol le 4 juillet 1986. A ce jour, 120 avions ont été commandés et 64 avions ont déjà été livrés dont les 13 premiers destinés à l’Aéronavale et qui ont été arrêtés de vol en 2008. C’est un avion en constante évolution technologique, suivant de fait ce qui se passe pour les avions de l’US Air Force et de l’US Navy.
Le 12 février, à l’heure prévue depuis plusieurs semaines, le 187° vol d’Ariane a permis de mettre en orbite deux micro-satellites de 117kg, destinés au programme d’alerte avancé Spirale. Ces deux engins ont une durée de vie courte, 14 mois, mais qui devrait permettre la collecte de données indispensables pour le futur. C’est une étape décisive pour la défense française, mais également européenne, qui devrait permettre de surveiller les risques de prolifération balistique. Spirale est une première étape qui devrait être suivie par un satellite en orbite géostationnaire lancé vers 2018-2019.
EADS est confronté à une nouvelle tempête avec le fiasco industriel autour de l’avion militaire A 400M. Le pire n’est malheureusement peut être pas encore arrivé. Rien ne va plus mais il n’y a pas d’autre choix que de poursuivre le programme. Renoncer à l’A 400M viendrait à renoncer définitivement à l’autonomie stratégique de l’Europe. Ce serait un échec majeur. D’ici là, il faut tout revoir notamment l’organisation industrielle et l’avion lui-même, trop lourd, trop compliqué et trop novateur. Le premier vol du prototype – en partie démonté- n’est pas prévu avant 2010 et les livraisons ne commenceraient pas avant 2014. D’ici là, il faudra trouver des solutions palliatives pour le transport de nos forces. Air France- KLM confrontées à la crise économique, proposeraient leurs avions cargos en panne de fret civil actuellement. La Brigade Franco-Allemande (BFA) a été au cœur des annonces faites début février par les autorités françaises et allemandes à Munich. Lors de la présentation de la carte militaire, la BFA avait suscité l’inquiétude de nos partenaires allemands qui craignaient un retrait pur et simple des derniers régiments français stationnés sur le territoire allemand. La symbolique de la BFA est trop sensible pour envisager un tel choix. Par ailleurs, se posait la problématique de l’abandon de garnisons de l’Est dont Bitche qui se sentait sacrifiée sans réelle contrepartie viable. Au final, l’arrivée d’un bataillon allemand à Illkirch-Grafenstaten, à la place du 1° Régiment du génie qui sera dissous, marque une étape décisive. Il faut cependant souligner que de nombreux militaires allemands sont déjà stationnés en France, à l’Eurocorps de Strasbourg ainsi qu’à l’Ecole de l’hélicoptère Tigre, au Luc en Provence.
Les 3 et 4 avril, l’OTAN fêtera son soixantième anniversaire lors d’un sommet exceptionnel organisé conjointement par la France et par l’Allemagne, à Strasbourg, Kehl et Baden Baden. A cette occasion, Paris devrait formaliser son retour dans la structure militaire intégrée. Le dossier est assez complexe car cela oblige l’Alliance à revoir la répartition de ses postes importants pour permettre à la France d’accéder aux responsabilités qu’elle est en droit d’attendre. Cela signifie aussi que les autres membres doivent accepter de rendre des postes, ce qui est toujours difficile au moins sur le plan politique. Par ailleurs, il sera intéressant de voir quelle sera la place accordée aux officiers français dans la chaîne de commandement des opérations, celle qui compte.
La crise économique mondiale à laquelle nous sommes durablement confrontée est-elle propice à la violence et à la guerre ? Le ralentissement des industries et des échanges commerciaux peut-il trouver un exutoire dans le nationalisme et la fuite en avant ? Le partage inéquitable des matières premières et des richesses est-il vecteur de conflit ? A ces interrogations se rajoutent la question environnementale et le changement climatique dont les conséquences sur les populations les plus fragiles pourraient être dramatiques.
Jérôme PELLISTRANDI
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