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dimanche, juillet 25 2010

Kossovo et CIJ

Ainsi donc, la déclaration d'indépendance du Kosovo n'a pas violé le droit international, a estimé jeudi la Cour internationale de justice (CIJ) dans un avis consultatif sur la légalité de cette déclaration (voir ici).

carte_kosovo.jpgcarte tirée d'ici

Quelques rapides commentaires.

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lundi, février 8 2010

La mauvaise Grèce ?

Oui, ce titre est un très mauvais jeu de mots : je m'en excuse d'emblée. D'autant que je n'en suis pas l'auteur...

Carte-Grece.jpg

Parlons donc un peu de la Grèce.

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mardi, septembre 15 2009

Nouvelles euro-balkaniques

Le titre de ce billet fera sursauter les plus sourcilleux : les Balkans sont en Europe ! Je n'en disconviens pas, messeigneurs.... Oyez, pourtant : car il s'agit de voir à quel point l'Europe - simplifions : l'UE - a des vertus pacifiantes même si ce n'est pas toujours aussi clair et homogène qu'il y paraît. Vertu de la puissance douce, qui est puissance sans s'en rendre compte...

NB : cette carte donne non les Balkans politiques, mais les Balkans géographiques, puisque comme vous le savez tous, les Balkans sont d'abord une chaîne de montagnes. Le géopolitologue que vous êtes s'amusera, sans doute, au jeu des 7 différences d'avec ladite carte politique.

1/ L'affaire de la baie de Piran, en premier lieu. Je vous en avais conté moult dans ce billet. Finalement, les deux pays sont convenus de s'accorder (voir ici). Quel est l'échange ? La Slovénie abandonne son véto, quand la Croatie abandonne ses prétentions frontalières, notamment s'agissant de l'accès à la haute mer. Commentaire premier : les tracés de frontière demeurent problématiques. Commentaire second : l'attrait européen permet encore de les dépasser.

2/ Le même article nous apprend, dans sa dernière partie, que la Serbie vient d'annoncer qu'elle présentera sa candidature à l'UE d'ici 2010. Le blocage est ici non pas slovène, mais hollandais (puisqu'il faut, n'est-ce pas, montrer dorénavant une intransigeance sourcilleuse après le massacre de Srebreniça : mais fi de mes allusions perfides) : en clair, il faut que la justice internationale retrouve R. Mladic, tout comme la Croatie avait livré A. Gotovina. Commentaire premier : une sorte de jurisprudence européenne se dégage : pas d'adhésion en couvrant des criminels de guerre. Commentaire second : un veto à l'adhésion demeure efficace, y compris de la part d'un moyen pays. Commentaire troisième : cela vaut-il pour un veto d'un grand pays, comme dans le cas franco-turc ?

3/ Puisqu'on parle de la Serbie, le plus intéressant tient à cet article. Qu'y comprendre ? tout d'abord, qu'on ne reproche plus à la Serbie sa position envers le Kossovo (puisque cinq pays européens n'ont pas reconnu l'indépendance kossovienne, il serait mal venu de le reprocher à Belgrade). Ensuite, que chacun s'accorde à ce que ce soit l'UE, et non plus la MINUK, qui soit en charge du proconsulat de la communauté internationale au Kossovo. Que cela s'accompagne de décisions sans fioritures. Que ce n'est pas sans rappeler ce qui se passe en Bosnie, où la situation perdure, sans solution. Qu'enfin l'accord frontalier dont il est question a pour finalité, plus ou moins explicite, d'accorder à la Serbie des visas Schengen, d'ici le 1er janvier 2010. Conclusion partielle : maintenant qu'on a donné des gages au Kossoviens, on va s'occuper de renouer avec les gens plus intéressants, à maints des égards, les Serbes (puisque,n'est-ce pas, Belgrade est sur le Danube : ne serait-il pas temps que ce fleuve soit entièrement européen ??) Conclusion partielle subsidiaire : les extrêmes kossoviens vont se réveiller, pour obtenir, comme leurs succès précédents, des avantages sur le terrain qu'ils n'ont pu obtenir par des négociations politiques.

4/ Pendant ce temps là, puisqu'on parle de veto, l'ARYM subit toujours le veto grec, aussi bien pour l'Alliance que pour l'UE. Les vétos, une affaire très européenne....

O. Kempf

vendredi, juillet 10 2009

Bulgarie : à l'occasion des élections

Les élections bulgares ont donc eu lieu ce week-end. (voir articles ici et ici)

Cela nous amène à revenir sur ce pays, emblématique à bien des égards.

carte_bulgarie.jpg (carte issue du site europa-planet.com)

1/ C'est tout d'abord un pays des Balkans, au sens propre, puisque la chaîne des Balkans le prend en écharpe au nord de Sofia. C'est un pays riverain de la mer Noire, mais qui a perdu son accès à la mer Egée à la suite des différentes guerres balkaniques. D'ailleurs, la forme du pays a beaucoup varié (perte à un moment de toute la Roumélie, c'est à dire ce qui est au sud de la chaîne des Balkans...).

2/ C'est un pays à la fois slave et orthodoxe (même si l'islam a beaucoup dominé pendant cinq siècles, et que la religion orthodoxe est revenue tardivement). A cet égard, il est extrêmement proche de la Serbie et au-delà de la Yougoslavie : mais celles-ci ont été variablement colonisées plus tardivement, ce qui explique peut-être les difficultés plus nombreuses des années 1990. Slave (le bulgare paraît très proche du slavon, et étonnamment proche du russe). Orthodoxe, puisque Cyrille et Méthode, inventeurs du cyrillique, évangélisèrent la Bulgarie.

3/ Toutefois, il a été durablement occupé par l'empire Ottoman (cinq siècles) et n'a donc pas été au croisement d'influences diverses, comme d'autre s pays de la région proches soit de l'empire russe, soit de l'empire austro-hongrois, soit de la Royal Navy. Il y a donc eu une certain homogénéité, et donc relativement peu de troubles existentiels. L'identité bulgare est durablement marquée par Constantinople. Cela explique d'ailleurs que la capitale, Sofia, ait été choisie à l'extrême ouest du pays, au p^lus loin de la frontière avec la Turquie.

4/ Il reste que le pays nouvellement indépendant (fin XIX°) a eu un XX° siècle défavorisé : il a choisi l'alliance avec l'Allemagne à chaque guerre et n'a donc jamais été vainqueur. Il a ensuite été "occupé" par le communisme soviétique. Toutefois, la proximité identitaire avec la Russie empêche qu'il y ait un ressentiment plus profond que ce qu'on peut connaître en Tchéquie ou en Pologne.

5/ L'ancrage à l'ouest se fait lentement (intégration de l'Otan puis de l'UE), avec une énorme corruption. Toutefois, le pays est tenu, il est un stabilisateur des Balkans, a une attitude responsable en Mer Noire et cherche à développer de nouveaux moyens de coopération avec Ankara comme avec Moscou (gazoduc Southstream). Il reste toutefois très attaché à développer de bonnes relations avec l'Occident (accord de bases de transit aux Américains, envoi de troupes en Irak). De nos jours, il commence à s'intéresser aux perspectives PESD de défense européenne, et la France pourrait utilement chercher à nouer des partenariats avec Sofia, et ne pas se concentrer uniquement sur la Roumanie.

6/ Les élections (voir résultats) ont vu l'apparition d'une liste xénophobe (question rom) mais la liste de la minorité turcophone a eu du succès (cela pose question). Le parti de l'ex-roi Siméon n'a pu dépasser le seuil des 5 % et n'envoie pas de députés (voir ici).

O. Kempf

Références :

  • Le site Courrier des Balkans et sa page bulgare
  • Le blog de l'ambassadeur de France en Bulgarie : vue de sofia
  • Le blog d'un expatrié : ici.

vendredi, juillet 3 2009

Croatie : démission de Sanader et baie de Piran.

Ainsi, le premier ministre Ivo Sanader a-t-il démissionné sans prévenir le 1er juillet, sans donner beaucoup d'explication. On lira un bon portrait de l'homme politique ici.

1/ La soudaineté de cette décision, le fait qu'il se retire de la vie politique amènent à soupçonner des raisons cachées. Ce n'est pas le plus important. Constatons toutefois qu'il avait prôné une certaine réconciliation avec la minorité serbe qui vivait toujours sur le territoire croate.

2/ On peut également remarqué qu'il avait réussi sa politique de rapprochement avec l'Occident, puisque la Croatie est, avec l'Albanie, le seul pays à avoir rejoint l'Otan lors du dernier sommet de Strasbourg-Kehl. Ce n'est pas un mince succès, moins de quinze ans après les accords de Dayton....

3/ Certains évoquent le différend avec la Slovénie. Ce sera l'occasion de faire le point sur ce dossier, qui a tous les aspects d'un problème géopolitique.

4/ L'objet de la dispute, tout d'abord. Il s'agit du tracé d'une frontière, question fondamentalement géopolitique, comme on le sait depuis Michel Foucher. Il s'agit en l'occurrence d'une frontière maritime (ne vous ai-je pas dit que les différends géopolitiques modernes porteraient principalement sur des frontières maritimes ?). Cette frontière des eaux territoriales a pour objet la frontière au large de la baie de Piran, au nord de l'Adriatique, sur les rivages de l'Istrie. Si l'on s'en tient aux vues croates, il faut prolonger la frontière terrestre au large. Pour les Slovènes, il faut adopter un tracé différent qui puisse aller jusqu'aux eaux internationales, chose importante pour la souveraineté slovène.

On comparera les cartes proposées par les deux parties :

Carte Slovène : piran1.jpg Source Jutarni List

Carte croate : Piran2.jpg Source Ambassade de Croatie.

Conclusion partielle : le problème n'est pas seulement l'accès à la mer, mais aussi l'accès à la haute mer (voir l'excellent billet de Mars Attaque, publié simultanément sur AGS).

5/ Sans se prononcer sur la véracité des prétentions, examinons les conséquences : la Slovénie, qui a déjà rejoint l'UE, bloque l'ouverture de nouveaux chapitres de négociation qui permettraient à la Croatie d'entrer elle aussi dans l'Union. Ce veto rappelle le veto grec à l'entrée de l'ARYM Macédoine dans l'Alliance Atlantique. Décidément, les complications balkaniques demeurent. Cela affaiblit durablement la volonté croate de normalisation, son rapprochement avec l'Ouest, sa sortie des Balkans, justement.

6/ Cela permet d'apercevoir, a contrario, certains traits slovènes : la Slovénie joue en effet de son côté "intégré", inclus, insider. C'est un pays européen qui n'a rien, mais vraiment rien à partager avec ces "sauvages slaves de la Yougoslavie" - et tant pis si la Slovénie parle comme les autres une langue slave : elle se rêve comme une république d'abord alpine (autrichienne) et certainement pas comme balkanique. Sans même parler des différends qui datent du processus d'indépendance.... En jeu, ici : les représentations de la nation slovène, facteur évident de géopolitique.

7/ Géopolitique également la présence d'intérêts politiques très locaux, et politiciens : une querelle à l'extérieur permet souvent d'obtenir une unité nationale et de surmonter des difficultés intérieures.

8/ Enfin, l'intransigeance croate est, d'une certaine façon, surprenante : au vu de la longueur du littoral croate sur l'Adriatique, quelle difficulté y a-t-il à accorder quelques arpents de territoire maritime ? surtout lorsqu'on aspire à intégrer l'Union Européenne, dont le projet consiste, peu ou prou, à la suppression des frontières ? ce raidissement des deux parties est un signe supplémentaire de la maladie européenne actuelle, qui laisse de plus en plus les relents nationalistes s'exprimer.

Là encore, les raidissements frontaliers et identitaires nourrissent les différends. A-t-on besoin de ça aujourd'hui ?

O. Kempf

Références :

NB : on cliquera avec intérêt sur la bannière publicitaire sous ce billet, puisqu'elle mène à la dernière campagne du ministère de la défense. La publicité comme moyen d 'information.... (et en plus, vous manifestez ainsi votre soutien à EGEA....