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jeudi, août 19 2010

Elections 2010 : Belgique

Nous poursuivons notre tour d'Europe des élections de ce premier semestre avec la Belgique.

Les élections belges se sont déroulées le 13 juin dernier, et ont vu le succès du parti "Nouvelle Alliance flamande" de Bart de Wever. Mais ne s'agit-il que du succès de l'indépendantisme flamand ? Je crois que les choses sont un tout petit peu plus compliquées, même si je persiste à penser que l'on se dirige vers un éclatement de la Blgique. Toutefois, il risque d'y avoir encore un certain nombre d'étapes auparavant ....

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jeudi, avril 29 2010

Agonie belge

Cela fait plusieurs mois que je prédis la fin de la Belgique. L’agonie vient de prendre un tour plus prononcé, avec la démission, attendue, du premier ministre, Yves Leterme.

Qu’ajouter ?

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lundi, décembre 14 2009

Catalogne : la Flandre espagnole

1/ Ainsi, certains Catalans organisent des référendums sur l'indépendance. La démarche n'a pas de valeur légale, ce qui n'empêche pas qu'elle a une signification politique. On trouvera aisément les explications motivant ce vote : un nouveau statut voté il y a quelques années, qui attend depuis trois ans une validation par la cour suprême ; des fuites semblant indiquer que celle-ci "raboterait" le statut. Il y aurait à ce propos un beau billet à écrire sur le rôle géopolitique des cours constitutionnelles, si on pense également à la décision de la CC turque qui vient d'interdire la légalisation d'un parti kurde, entravant par là le processus de rapprochement entre le pouvoir central et cette communauté. Mais revenons à la Catalogne.

carte_catalogne.GIF

2/ La participation de 30 % était le seuil à partir duquel le "vote" (on n'ose parler de votation, puisque là aussi l'actualité donne des idées de rédaction d'un billet sur les consultations populaires). Elle est juste atteinte, signe qu'on est à un point limite.

3/ Or, ce point limite paraît assez général en Europe. On a d'un côté des situations où les séparatismes s'atténuent : c'est le cas de l'Écosse, mais aussi du pays basque espagnol (voir ici) : preuve qu'il n'y a aucune fatalité à ce processus d'éclatement. Mais dans le même temps, on observe des situations où l'éclatement paraît bien plus avancé : sans parler du Kossovo et de la reconnaissance trop rapide de son indépendance par la plupart des pays européens (sauf l'Espagne...!), le cas de la Belgique paraît notable. Le départ de M. van Rompuy (voir billet) a laissé la place à M. Leterme dont on ne peut dire qu'il s'est avéré un brillant politicien (il a été obligé de démissionner deux fois du poste de premier ministre...). Si dans mon billet je laissais ouverte la possibilité d'un maintien de l'unité belge, je le crois peu probable. La Flandre se séparerait dans ce cas de la Belgique.

4/ On sait qu'autrefois les "Pays-Bas espagnols" désignaient l'ancêtre de la Belgique. Il se pourrait qu'aujourd'hui, la Catalogne soit la Flandre espagnole. Là aussi, le processus touche à sa limite, même s'il paraît moins avancé que dans le cas belge. Il faut espérer, pour la stabilité européenne, que le gouvernement de Madrid soit plus délicat. Heureusement, M. Zapaterro paraît beaucoup plus habile que M. Leterme.

5/ Pourquoi s'opposer à ces fragmentations ? parce que l'Union Européenne a vocation à maintenir dans la durée les parties qui la composent. Or, elle n'a jusqu'à présent pas vraiment protégé ces nations, contrairement à ce qu'on attendait. S'étonnera-t-on alors que ces Etats se rebiffent, et refusent des transferts supplémentaires ?

Car il y a un lien direct entre la dissolution par le haut et la dissolution par le bas. On ne peut accepter que ces deux dissolutions soient simultanées. A défaut, c'est la stabilité de l'ensemble qui serait atteinte.

O. Kempf

dimanche, novembre 22 2009

M. van Rompuy, l'Europe et la Belgique

M. van Rompuy, nouveau président de l'UE, aura essuyé une formidable salve de critique et de quolibets à la suite de sa nomination. Il est habillé pour quelques hivers ! Or, il ne mérite pas un tel opprobre.

1/ on lui reproche de manquer d'ampleur... En préliminaire, remarquons que la question de la renommée est résolue du jour de sa nomination : si on ne le connaissait pas avant, on est sûr d'en entendre parler ensuite.

2/ Plus profondément,...

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jeudi, juin 11 2009

Belgication européenne

Les élections européennes se sont donc tenues dimanche dernier, en même temps que les élections libanaises (voir l'éditorial d'AGS sur le sujet).

Et pourtant, plus que d'une libanisation (découpage électoral selon des communautés fondées sur l'appartenance religieuse), j'ai plutôt l'impression que le scrutin européen témoigne d'une belgication.

Qu'est-ce à dire ?

Que la Belgique a échoué à construire un cadre politique national à partir du moment où les partis n'étaient pas trans-communautaires, mais spécialisés dans chaque région (flamande, wallonne, bruxelloise et eupenoise). Du coup, le système électoral a forcé des ressorts régionaux (qui préexistaient, j'en suis d'accord) au lieu de pousser à une intégration nationale, selon un modèle suisse.

S'agissant de l'Europe, c'est la même chose. Les listes sont nationales, du coup les thèmes électoraux sont nationaux. Cela favorise mécaniquement les extrêmes (plus ou moins racistes et xénophobes, c'est selon) ou les partis anti-européens. Pas conséquent, à mesure que le temps passe, le désintérêt pour la chose politique européenne s'amoindrit, puisqu'on vote selon des critères nationaux pour désigner un corps politique qui n'est pas national : là est la cause majeure de l'abstention grandissante, à mon sens.

Si l'on voulait lutter contre l'abstention, il faudrait forcer des listes multinationales. Illogique ? pourquoi, puisqu'il s'agit d'un critère fondamental pour la formation des groupes parlementaires au PE. Chaque liste devrait se présenter dans un nombre minimal de pays (quatre ?) avec des candidats venant d'au-moins ces quatre pays, et dans des positions éligibles (selon un critère démographique, par exemple). Par conséquent, le programme développé se ferait sur des thèmes européens, et motiverait l'intérêt.

La solution paraît donc simple. La seule question tient à sa faisabilité, comme on dit maintenant. Pour le coup, rien n'est moins sûr.....

O. Kempf