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lundi, mai 17 2010

Europe : une heure de vérité MAJ

Souvent, l'expression croisée des chemins ou heure de vérité est utilisée par les auteurs d'articles qui ne savent pas intituler leurs textes; Et souvent, c'est inadapté, car s'il y a toujours des décisions à prendre, on est rarement placé à des carrefours stratégiques qui décident réellement de l'histoire.

(image trouvée sur médiapart)

C'est donc conscient de l'abus de l'expression que je l'emploie. L'Europe paraît à l'heure de vérité.

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dimanche, mars 28 2010

Gribouille est allemande

Gribouille se jetait à l'eau pour ne pas se mouiller. De là vient la politique de Gribouille : prendre une mauvaise décision pour éviter une autre, ressentie comme mauvaise, mais en fait de moindre intensité.

(image tirée de ce billet, provenant d'un blog sympathique, d'ailleurs)

Ces définitions (je fais attention : de mauvais esprits, qui ne fréquentent pas les blogs mais ont quand même une opinion dessus, prétendent qu'on y écrit mal et sans tenue : ils doivent nous confondre avec des jeux vidéos) permettent de comprendre la politique allemande, et donc ses conséquences hautement néfastes pour l'Europe.

Car l'accord trouvé cette semaine au Conseil Européen confirme mes inquiétudes (références en bas d'article).

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mardi, février 9 2010

Du gouvernenement économique européen

De bonnes âmes plaident en faveur d'un gouvernement économique européen. Je discerne deux lignes d'argument à cela :

  • une raison un peu théologique, venant surtout des milieux français, et prônant un "gouvernement" pour asseoir la puissance européenne
  • une raison plus pragmatique, dictée par les circonstances, en l'occurrence la fragilité grecque

Cela nécessite quelques commentaires, puisque selon son intitulé, un "gouvernement européen", économique ou non, est une question proprement géopolitique.

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mardi, janvier 26 2010

E7 grec : paradoxes économiques

La lecture du supplément économie du Monde (Journal que je lis avec le plus grand sérieux, même si je badine dessus, voir ici), donne matière à penser.

1/ Tout d’abord, car il précise en deux articles la notion de « pays émergent ». J’ai déjà évoqué l’avènement de cette catégorie comme nouveau « 2ème monde », ainsi que les sigles qui pouvaient être portés (BASIC). L’intérêt ici tient à la notion de groupe « E7 » : ces 7 pays ne se réduisent pas aux seuls Chine, Inde et Brésil, mais incluent aussi les autres pays qui suivent la même trajectoire, même s’ils sont moins visibles. Or, il faut bien constater :

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mardi, septembre 1 2009

des conséquences GP de l'inflation à venir

Alors qu'on s'apprête à fêter le premier anniversaire du 9/15, il est temps de faire le point.

1/ Les experts s'affrontent sur le sens des indices en cours : amorce de reprise/ rétablissement, ou faux-semblant qui ne cache pas les tendances profondes ? Nous nous trouvons en fait devant une alternative assez simple :

  • Soit un nouvel éclatement à venir, puisque le mégasystème financier reprend ses activités "comme avant", n'ayant tiré comme seule leçon de la crise que celle-ci : les États sauveront, en tout état de cause, les quelques gros établissements financiers qui ont traversé la tempête et se sont, du coup, renforcés ;
  • soit une stabilisation lente qui se paiera, à terme, par de l'inflation entre conséquente et forte.

2/ L'inflation? Elle a été officiellement maîtrisée dans les années 1980, à cause d'un double phénomène :

  • la mondialisation : des échanges, qui entraîne une égalisation des facteurs de production, et la maîtrise de l'inflation dans les pays développés échangée contre de la croissance (en fait, une inflation de croissance) dans les Tigres (qui se satisfont de 10 % de croissance annuelle, sans que cela ne choque personne...) ;
  • la globalisation : financière, qui profitant de l'accélération de NTIC, développe une hyperinflation financière, et donc des bulles à répétition.

3/ Logiquement, un développement de l'inflation sera dû au retour des États, qui se sont massivement endettés pour "sauver" le système. Pour se décharger de ce poids, ils développeront l'inflation. Cela aura par voie de conséquence une limitation de la globalisation et de la mondialisation : en clair, sans être directement "protectionnistes", ces politiques inflationnistes auront les mêmes effets.

4/ Toutefois, ce prisme inflationniste sera peut-être à la source de nouveaux clivages :

  • transatlantique, avec d'un côté US-GB ouvertement inflationnistes, et une zone euro qui ne le sera pas (ou moins)
  • au sein de la zone euro, entre l'Allemagne anti-inflationniste, et les autres. Ainsi, la stabilité transatlantique et intra-européenne subira des pressions fortes et dissolvantes.

Références

O. Kempf

samedi, janvier 24 2009

Crise : zone monétaire optimale, euro, déflation et hyperinflation....

La crise qui s'annonce est bien plus sérieuse et radicale qu'on ne le pensait au mitan de 2008. Depuis, les pessimistes ont toujours eu raison. On voit mal comment il pourrait en être autrement, du moins pendant un certain temps. On se reportera à quelques billets du vieil Egea :

sur l'année 2009 : ici

sur la nouvelle bulle : ici

sur le risque keynésien : ici

et surtout, sur la confiance à l'envers : ici

un des plus anciens (30 septembre), sur la crise financière : ici

Ajoutons quelques considérations.

1/ Le bouclier de l'euro vacille. Souvenez-vous des débats d'il y a dix ans qui s'interrogeaient : l'UE est-elle une zone monétaire optimale ? (ZMO). Les analystes américains expliquaient que c'était impossible, quand les politiques disaient "ça ne se fera pas, et si ça se fait, ça ne marchera pas". Or, ça c'est fait, ça a marché, et on a curieusement oublié le débat sur la ZMO. Comme si le débat théorique ne servait plus à rien, puisqu'il était contré par la réalité. Or, une des hypothèses du débat était celle d'un choc asymétrique sur un des pays de la zone.

La crise des derniers mois est, l'avez-vous remarqué, aussi monétaire. Logique, puisque la monnaie, c'est du crédit et de la dette. Quand les banques prêtent, elles créent de la monnaie qu'elles refinancent auprès de la monnaie banque centrale, banque de dernier ressort. Par conséquent, une crise du crédit et de la dette a, mécaniquement, des répercussions sur les monnaies. Soit à coup de dévaluations rampantes (la livre), soit à coup de faillites (l'Islande), sans même parler des sous-évaluations structurelles qui ont porté le miracle chinois, lui aussi manipulé (tout comme les phénomènes de titrisation et de financiarisation de l'économie ont constitué des manipulations : mais on n'est qu'au début de la faillite du 'modèle' chinois).

Oui, mais l'euro ?

Eh bien il va mal, l'euro.

Car la cohésion monétaire implose sous les différentiels de taux entre les pays, validant 'ex post' (comme disent les économistes) les prédictions critiques des opposants de la première heure. A ceci près qu'à l'époque, ces mêmes opposants raisonnaient comme si le reste du système monétaire international demeurait stable, ce qui n'est assurément pas le cas. L'euro vacille parce que tout le monde vacille (livre, dollar, yen, yuan, ...).

Conclusion partielle :

  • 1/ L'euro nous a appris que la volonté politique peut corriger des 'règles' économiques qui s'appliqueraient dans le cas d'un marché parfait. Or, comme chacun sait, le marché n'est pas parfait : cela laisse la place à l'action politique.
  • 2/ Il existe toutefois des cas où la politique ne suffit plus; ou du moins, où les règles usuelles de la politique ne suffisent plus. Pour relancer l'action politique, il faut donc comprendre les nouvelles conditions.

2/ Dette publique, dette privée. Nous avons vu que la crise est d'abord une crise de confiance. Un petit rappel : les billets de banque sont désignés par le terme de monnaie fiduciaire - à laquelle on fait foi-. Pour que le système marche, il faut avoir la foi et croire au système, ou à défaut à son voisin. La crise actuelle est une crise de foi. Une crise de foi économique.

Tout vient donc d'abord de la microéconomie : les acteurs, entre eux, ne se font plus confiance. Le maire d'une petite ville que je croisai cet après-midi me confiait que la moitié des permis de construire déposés étaient annulés, parce que les banques ne prêtaient plus. La contraction du crédit des banques affecte le fonctionnement normal de l'économie. Or, les banques ne prêtent plus à cause d'une augmentation radicale de leur ratios prudentiels (d'allergie au risque). Cela entraine mécaniquement une baisse générale de l'activité, qui peut déboucher au mieux sur une dépression, au pire sur une déflation (baisse continue des prix). Des économistes nous ont dit récemment qu'ils n'y croyaient pas. Fort bien, mais les économistes se sont assez largement trompés ces dernières années pour qu'on puisse douter de leurs oracles (ou du moins, en discuter les motifs) ; or,on a vu une crise du même genre perdurer pendant dix ans, au Japon des années 1990, dont l'effondrement du système bancaire a provoqué une langueur déflatée tout au long de la décennie.

Dès lors, pour apurer les comptes des banques et soutenir l'activité économique, les États dépensent des sommes folles. On passe d'une dette privée, malade, à une dette publique, qui ne l'est pas moins. elle est malade et porteuse de risque pour deux raisons : parce que les prêteurs ont moins d'argent à prêter, puisqu'eux-mêmes pâtissent du ralentissement général ; et parce que la signature des États commence à faire peur (Islande, Hongrie, Grèce, Espagne, États baltes, ...). C'est le risque de faillite massive d'emprunteurs publics qui se fait jour, comme je l'ai signalé déjà. On remarquera au passage que c'est cette question de la signature qui introduit des différences au sein de la zone euro, qui se lézarde, quoiqu'on en dise.

3/ Vers l'hyperinflation ?

Comment en sortir ? Tout d'abord, en acceptant que la purge aille à son terme, ce qui entrainera d'ailleurs des troubles : le syndrome grec risque de s'étendre (voir le cas actuellement en Islande, États baltes, Bulgarie, ...). Ce n'est, malheureusement, qu'un début. A terme, les émeutes sont souvent contenues. Mais après cette période de purge (qui consistera en fait à payer, d'une façon ou d'une autre, les excès de consommation effectués pendant vingt ans), le problème financier demeurera. La seule façon d'en sortir sera, pour les États qui ne trouvent plus à emprunter, de faire marcher la planche à billet. La création monétaire artificielle (c'est-à-dire non gagée par des crédits privés) risque alors de faire passer brutalement d'un épisode de déflation (ou de stagnation continue des prix) à un épisode de radicale hyperinflation.

4/ Repasser d'une économie de patrimoine à une économie de travail En fait, tous ces processus permettront de rééquilibrer le partage des revenus entre le travail et le capital. Bref, on appauvrira artificiellement les patrimoines. Pour une raison simple : ils avaient été artificiellement augmenté. Et on reviendra à un rapport équilibré entre capital et travail.

5/ Pour s'amuser, risquons nous à quelques conseils patrimoniaux : restez éloignés de la bourse, puisque dès qu'elle passera la barre des 3300 (pour le CAC), les gens prendront leurs bénéfices. Faites le gros dos, et endettez vous d'ici deux ans, au début du processus d'hyperinflation. Encore faudra-t-il trouver un établissement qui veuille bien vous prêter pour dix ans....

O. Kempf