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jeudi, mars 18 2010

Droites populistes en Europe

Intéressant article dans Le Monde d'hier soir sur les droites populistes en Europe.

Le Monde souligne quelle a abandonné les références du siècle dernier, et qu'elle se concentre sur un discours identitaire, prônant le rejet de l'islam. Cette notion "identitaire" éveille l'attention du géopolitologue. Qui remarque également que cette vague touche principalement tous les pays d'Europe centrale, selon la catégorie "Rhin Danube Oder" adoptée sur égéa : Tchéquie, Slovaquie, Hongrie, Italie du nord, Bénélux, Danemark, Suisse, Autriche,... On m'objectera le FN en France, le BNP au RU, les exemplaires locaux en Scandinavie, Certes, mais hors le FN, c'est marginal (politiquement, s'entend) en Italie du sud, Grèce ou Catalogne, en Pologne, en Roumanie, Bulgarie, ...

Bref, plus que la distinction Europe de l'Est contre Europe de l'ouest adoptée par le journaliste, et qui ne me semble pas pertinente, je discerne plutôt une Europe du Centre (plus ou moins d'influence germanique, d'ailleurs, même si les mouvement de ce style ne s'observent pas trop en Allemagne) par rapport à ses marges.

Mais c'est bien évidemment discutable.

O. Kempf

samedi, février 13 2010

Entretien avec l'Al Lacoste : cabinet militaire, FAN et porte-avion

C'est un très grand honneur que nous accorde l'amiral Lacoste : il a bien voulu répondre à nos questions, prenant sa plume pour écrire en détail les leçons de son expérience. Dans ce billet, il évoque le rôle d'un chef de cabinet militaire à Matignon (poste peu connu qu'il faut examiner avec attention), l'importance de la force d'action navale et la nécessité d'un deuxième porte-avion.

Amiral, merci, au nom des lecteurs d'Egéa, de nous accorder ces propos toujours aussi éclairants.

O. Kempf

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dimanche, janvier 31 2010

Vers la paix perpétuelle, d’Emmanuel Kant

Ce billet est naturellement dédié à Yves Cadiou qui, j'en suis sûr, va se mettre à lire (un peu) Kant. Il n'est jamais trop tard pour bien faire.

livre_Kant.jpg

Voici donc un ouvrage curieux, et indispensable.

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mardi, juin 30 2009

La construction nationale, un problème militaire

Le dernier édito de Stéphane sur AGS est éclairant.

AGS.jpg

"En revanche, la violence revendicative et la violence prédatrice sont plus difficilement gérables. Au demeurant, la “Reconstruction” et la “Réconciliation” entreprises par les Américains et par le Premier Ministre ne se ressemblent guère. Si les premiers ont tenu à présenter la dynamique conflictuelle comme une guerre civile dont ils pouvaient être les arbitres, le second a manœuvré pour se constituer une clientèle au-delà des clivages ethnoconfessionnels et partisans. En revanche, la question de l’intégration nationale reste au cœur des difficultés actuelles du pays. Fragmentée par le pouvoir clanique de Saddam Hussein, la société irakienne a été victime de l’approfondissement des clivages confessionnels et ethniques à partir de l’occupation américaine, clivages qui ont été instrumentalisés après avoir été réactivés par les entrepreneurs politiques au cœur des communautés. On ne peut exclure de réelles difficultés à gérer et à atténuer cette violence: les succès militaires de la Coalition n’ont pas accouché des succès politiques promis."

Conclusion que j'en tire : la grande difficulté contemporaine consiste à trouver les voies et moyens d'une construction nationale, sur des bases qui ne soient pas simplement linguistiques ou religieuses. Autrement dit, d'un consensus politique qui rassemble, au-delà des clivages idéologiques. Or, cette question (proprement géopolitique) est devenue un problème militaire, ou plus exactement, pour les militaires.

Ceux-ci ne peuvent désormais se passer d'appréhender les questions politiques. C'est la vraie conclusion à tirer des discours actuels sur la "guerre au milieu des populations". N'y a-t-il d'ailleurs pas confusion de plus en plus fréquente entre le politico-militaire et le stratégique ? et la doctrine Petraeus n'est-elle pas le mise en œuvre de cette approche politique des actions militaires ?

O. Kempf

lundi, juin 29 2009

Si l'Etat est fort, il nous écrase. S'il est faible, nous périssons (Sujet CID 2009)

Ainsi, le sujet du CID est paru (voir ici)

"Si l'Etat est fort, il nous écrase. S'il est faible, nous périssons." Cette analyse de Paul Valéry vous semble-t-elle aujourd'hui pertinente?

200px-Thomas_Hobbes__portrait_.jpgTh. Hobbes

J'essayerai de suivre un plan en trois parties, qui est évidemment peu naturel pour un tel sujet, mais les correcteurs de la revue verte sont tant bornés qu'ils jugent mauvais le plan en deux parties : tout le monde n'a pas eu la chance d'être bien formé.... même si je suis loin d'être convaincu qu'un plan en deux parties sera considéré comme horresco referens par le véritable correcteur. Mais le candidat pâtit là du monopole de la Revue d'études....

1/ Le sujet est d'apparence classique. En effet, on peut le traiter sous l'angle de la philosophie politique classique, avec l'échelonnement suivant :

I / La nature ne favorise pas la société, (L'homme est un loup pour l'homme, Hobbes), il faut donc un contrat social (Rousseau) pour parvenir à un Etat fort qui régule cette société, le Léviathan Hobbesien, ou l'action du Prince de Machiavel.

II/ Toutefois, l'excès de pouvoir de l'Etat est une menace pour la liberté de l'homme (Locke, Traité du gouvernement civil) car dans l'Etat de nature, les hommes sont libres et égaux. Le pouvoir politique ne doit pas entraver cette liberté (libéralisme politique). IL faut donc des pouvoirs qui s'équilibrent (exécutif et législatif) auxquels Montesquieu ajoutera le judiciaire.

III/ Le XX° siècle a inventé les Etats totalitaires (communisme, nazisme), poussant à leurs extrêmes des idéologies politiques. Ils ont été critiqués par Aron ou A. Arendt. Des auteurs plus récents ont cherché à les dépasser, par exemple J. Rawls (Théorie de la justice) ou Léo Strauss.

Bon. Bof, en fait, car ça ne colle pas trop au sujet.

2/ Une autre façon de l'appréhender passerait pas les sciences politiques, en s'appuyant par exemple sur l'histoire institutionnelle de la France :

I/ La révolution française cherche à mettre à bas un pouvoir absolu, mais se résout dans l'empire bonapartiste, pouvoir lui aussi absolu

II/ Toute l'histoire institutionnelle de Napoléon à la IV° république sera la recherche oscillante d'un point d'équilibre entre un Etat faible mais inefficace, et un Etat efficace mais menaçant les libertés, avec ce goût français pour les Constitutions

III La V° République semble avoir trouvé ce point d'équilibre d'un exécutif fort mais légitime (A), même si la multiplication des révisions constitutionnelles pose la question de la pérennité de cet équilibre (B).

Là aussi, traitement habituel, historique. Il est peut-être plus facile pour le candidat normal du CID, qui n'a pas besoin de beaucoup de connaissances pour arriver à une copie qui se tienne. Mais là encore, c'est un peu éloigné du sujet, même si un traitement habile permettrait d'éviter le piège.

3/ On peut aussi utiliser le prisme d'une sociologie politique, autour bien sûr de Weber.

I/ L'Etat a le monopole de la violence légitime sur un territoire et une population (A) ce qui se traduit par une doctrine de la souveraineté intérieure (police, justice) ou extérieure (défense, diplomatie) (B)

II On s'interroge ainsi sur les conditions d'exercice de ce monopole de la violence : soit qu'il ne soit pas monopolistique (violences concurrentes, sécessionnistes, privées ou révolutionnaires) (A), soit qu'il y ait excès de violence (totalitarisme, Etat policier, big brother) (B)

III Pour éviter ces excès, l'Etat doit donc rechercher la légitimité (A) qui passe par les conditions d'exercice de la démocratie et de ses moyens (B)

4/ Le candidat du CID, féru de géopolitique, pourra enfin utiliser le prisme des relations internationales, avec force exemples, pour traiter le sujet. Par exemple.

I/ Un Etat trop fort est une menace pour son environnement car il l'entraîne dans une dynamique de conquêtes, ce qui provoque sa chute (exemples : tous les systèmes impériaux, jusques et y compris l'URSS, et si on est critique, l'Amérique bushienne)

II/ Un Etat trop faible est une menace pour ses citoyens (Etats faillis, cf Somalie) mais aussi la proie de son environnement (Sudètes, etc.)

III/ Un Etat régulé doit trouver sa place dans une société internationale : là, le candidat choisit selon ses opinions l'exemple retenu, par exemple la construction européenne, la mondialisation libérale, la noosphère theillardienne, ou la communauté onusienne.

5/ Et si on essayait un plan en deux parties ?

I L'Etat doit naviguer entre les excès de son pouvoir

A/ Soit l'abus de pouvoir, qui entraine l'oppression B/ Soit l'absence de pouvoir, qui entraîne l'anarchie

II Il doit donc être encadré par un contre-pouvoir

A/ A l'intérieur, pas l'organisation démocratique B/ A l'extérieur, par la société internationale

On raffine ensuite l'esthétique en plaçant deux paragraphes par sous-parties, avec à chaque fois un exemple (auteur, situation historique ou géopolitique) et le tour est joué, avec équilibre. On ne peut pas se planter (un plan bateau a un immense avantage, il ne coule pas) et le classement dans les meilleures notes se joue dans l'introduction, la richesse pertinente des exemples, et surtout la conclusion (qu'on aura bien pris soin de rédiger au brouillon avant la rédaction du corps du devoir).

6/ J'ai croisé aujourd'hui un ou deux candidats : ils m'ont avoué ne plus lire mon blog depuis une semaine, de crainte de ne pas avoir choisi "le" plan. Ce qui est évidemment idiot, puisqu'il y a mille et une façon de traiter un sujet, mille et une façons d'obtenir une bonne note : on ne cherche pas un corrigé type, mais une façon de traiter, de développer des arguments de façon cohérente et équilibrée, avec ce qu'il faut de culture générale pour illustrer la copie.

Je souhaite pleine réussite aux candidats de cette année, et à ceux qui s'y colleront l'an prochain....

O. Kempf

vendredi, juin 19 2009

Despotisme et élections : ah! ça Iran ça Iran ça Iran, les a.... à la lanterne.....

1/ Pour une dictature, se prêter au jeu des élections est toujours dangereux. Souvenez-vous d'Eltsine, élu président de Russie pour faire exploser l'URSS.Souvenez-vous de Milosevic cédant au Kossovo à cause de l'opposition politique interne, puis quittant le pouvoir l'année suivante à la suite des élections. Mais il s'agissait là de cas européens, et on cherche ailleurs un exemple similaire où les élections poussent un tyran dehors...

2/ C'était pourtant un des projets néo-conservateurs que d'introduire le virus démocratique dans le Moyen-Orient, afin de forcer sa réforme ; on sait ce qu'il en fut, notamment en Irak : il fallut chasser le tyran avant d'introduire un système de vote, encore imparfait ; il en est de même en Afghanistan.

L'ironie de l'histoire veut donc que ce soit un pays de l'axe du mal, une théocratie accusée de tous les maux, un Iran qu'on dit soutenir le terrorisme et de développer l'arme nucléaire, bref, un condensé de toutes les phobies occidentales (seule la Corée du Nord a plus mauvaise image dans nos opinions pleines de bonne conscience et politiquement conformes), que ce soit un tel pays qui illustre la force du virus démocratique.

En effet, l'Iran de la révolution khomeyniste est aussi celui qui introduisit, il y a 30 ans déjà, un système électoral unique dans la région, car participant effectivement à la dévolution du pouvoir. L'inventeur de l'islamisme était aussi celui qui allait permettre de le dépasser.

place_liberte_Iran.jpg Manifestation vers la place de la iberté (à/d http://fr.globalvoicesonline.org/2009/06/19/12712/)

3/ Car de quoi s'agit-il aujourd'hui ? d'un fait révolutionnaire démocratique. Je parle de fait révolutionnaire, car il est aujourd'hui impossible de prévoir l'évolution à court terme du rapport de forces entre un pouvoir recroquevillé mais disposant du monopole de la violence, et une population qui lentement et continûment s'oppose au vol de sa volonté. Mais cette imprédictibilité n'empêche pas de noter que le "grand méchant", "l'ennemi", est aussi celui qui utilise l'arme fondamentale du modèle qui lui est opposé, la démocratie, à la différence de tous les despotismes environnants qui sont, eux, officiellement alliés à l'Occident.

Il y a de nombreuses raisons à cela : d'abord, le fait que l'Iran est un pays beaucoup plus avancé que ses voisins, indépendant de puis plus longtemps, et ayant expérimenté la voie islamiste avant les autres. Tout ceci a été évoqué par E. Todd et Youssef Courbage dans "le rendez-vous des civilisations", qui explique que les crispations actuelles sont d'abord le signe de l'inéluctable modernisation de l'islam.

RDV civilisations Todd

4/ Au-delà pourtant, on a le sentiment d'un accroc dans le drap de l'histoire : comme si on assistait à un saut temporel qui nous fait brusquement entrer dans quelque chose de nouveau, une alter-modernité qui unirait Orient et Occident. Certes, le fait technologique a joué son rôle : on lira avec attention l'excellent billet de Charles dans Electrosphère, repris par ailleurs dans AGS. On pourrait d'ailleurs ajouter que cette technologie permet un soft power, ce que suggère Charles sans en prononcer le nom : la diffusion des idées réformatrices s'accompagnant alors d'un saut technique (parchemin, imprimerie, cybergée).

Mais ce qui paraît le plus fondamental tient à la légitimité. Le pouvoir a le monopole de la violence.Jusqu'à la semaine dernière, ce monopole était légitime, puisqu'il y avait un assentiment autour de la Révolution islamique. Ce qui se passe depuis la semaine dernière est un coup d'Etat qui s'exerce non contre le peuple, mais contre la légitimité. Et il est extrêmement important que le "guide de la révolution", celui dont la fonction consiste à garantir cette légitimité, ait pris "parti". Il était au-dessus, il vient d'entrer dans la mêlée. Ainsi, le raidissement de son discours, manifeste depuis son prêche de ce matin, sanctionne-t-il sa défaite à terme : car perdant la légitimité, il perdra le pouvoir. La question est maintenant de savoir quand : une semaine, un mois ou dix ans....

La légitimité a d'ailleurs changé de camp, puisqu'elle est "non-violente" : la maturité politique des manifestants est remarquable et sidérante ; on a l'impression d'un gandhisme de masse ! comme si la foule en colère savait qu'il ne faut pas favoriser le cycle répressif, qui déchaîne la violence et renforce la brutalité du pouvoir ; qu'il faut au contraire le désarmer spirituellement par l'absorption de sa violence, en refusant la rivalité mimétique dans laquelle veulent entrer les basijis.

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Légitimité, cyberpolitique, contre-mimétisme sont les mots de ce nouveau vocabulaire. Il faut y ajouter communication symbolique, puisqu'il s'agit, encore un fois, d'une révolution de couleur (orange, tulipes, roses, ... fabrications médiatiques destinées à abreuver les scénographies médiatiques) : Celles-ci sentaient toutefois le marketing occidental. Dans le cas présent, le plus remarquable coup de génie consiste à accaparer la couleur de l'adversaire, à la retourner, à lui faire symboliser la conversion : à regarder les images, j'ai d'ailleurs l'impression que les opposants usent du vert clair, quand le vert des islamistes paraît souvent plus sombre : suggestion? ou réalité ? symboliquement, cet éclaircissement serait génial (le vert éclairé, comme il y eut des despotes éclairés : nouvelles lumières).

5/ L'Iran était visionnaire en mettant au jour la "révolution khomeyniste" de 1979 : elle était incompréhensible, orientale, négligée donc. Mais elle annonçait l'entrée du XXI° siècle. Ce qui se passe cette semaine correspond à l'accouchement couronnant une longue gestation (Intifada, Oslo, Tchétchènes, twin towers, Hezbollah, Hamas et Talibans) et l'entrée fracassante dans un monde nouveau.

6/ La conclusion est limpide : tout système de vote corrode inéluctablement le pouvoir. La seule solution consiste à le bannir absolument (Tien an Men et Birmanie). Mais il n'est pas sûr que ce soit plus durable.....

O. Kempf

jeudi, juin 11 2009

Belgication européenne

Les élections européennes se sont donc tenues dimanche dernier, en même temps que les élections libanaises (voir l'éditorial d'AGS sur le sujet).

Et pourtant, plus que d'une libanisation (découpage électoral selon des communautés fondées sur l'appartenance religieuse), j'ai plutôt l'impression que le scrutin européen témoigne d'une belgication.

Qu'est-ce à dire ?

Que la Belgique a échoué à construire un cadre politique national à partir du moment où les partis n'étaient pas trans-communautaires, mais spécialisés dans chaque région (flamande, wallonne, bruxelloise et eupenoise). Du coup, le système électoral a forcé des ressorts régionaux (qui préexistaient, j'en suis d'accord) au lieu de pousser à une intégration nationale, selon un modèle suisse.

S'agissant de l'Europe, c'est la même chose. Les listes sont nationales, du coup les thèmes électoraux sont nationaux. Cela favorise mécaniquement les extrêmes (plus ou moins racistes et xénophobes, c'est selon) ou les partis anti-européens. Pas conséquent, à mesure que le temps passe, le désintérêt pour la chose politique européenne s'amoindrit, puisqu'on vote selon des critères nationaux pour désigner un corps politique qui n'est pas national : là est la cause majeure de l'abstention grandissante, à mon sens.

Si l'on voulait lutter contre l'abstention, il faudrait forcer des listes multinationales. Illogique ? pourquoi, puisqu'il s'agit d'un critère fondamental pour la formation des groupes parlementaires au PE. Chaque liste devrait se présenter dans un nombre minimal de pays (quatre ?) avec des candidats venant d'au-moins ces quatre pays, et dans des positions éligibles (selon un critère démographique, par exemple). Par conséquent, le programme développé se ferait sur des thèmes européens, et motiverait l'intérêt.

La solution paraît donc simple. La seule question tient à sa faisabilité, comme on dit maintenant. Pour le coup, rien n'est moins sûr.....

O. Kempf