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Tag - Union Européenne

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dimanche, mars 28 2010

Gribouille est allemande

Gribouille se jetait à l'eau pour ne pas se mouiller. De là vient la politique de Gribouille : prendre une mauvaise décision pour éviter une autre, ressentie comme mauvaise, mais en fait de moindre intensité.

(image tirée de ce billet, provenant d'un blog sympathique, d'ailleurs)

Ces définitions (je fais attention : de mauvais esprits, qui ne fréquentent pas les blogs mais ont quand même une opinion dessus, prétendent qu'on y écrit mal et sans tenue : ils doivent nous confondre avec des jeux vidéos) permettent de comprendre la politique allemande, et donc ses conséquences hautement néfastes pour l'Europe.

Car l'accord trouvé cette semaine au Conseil Européen confirme mes inquiétudes (références en bas d'article).

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mardi, février 9 2010

Du gouvernenement économique européen

De bonnes âmes plaident en faveur d'un gouvernement économique européen. Je discerne deux lignes d'argument à cela :

  • une raison un peu théologique, venant surtout des milieux français, et prônant un "gouvernement" pour asseoir la puissance européenne
  • une raison plus pragmatique, dictée par les circonstances, en l'occurrence la fragilité grecque

Cela nécessite quelques commentaires, puisque selon son intitulé, un "gouvernement européen", économique ou non, est une question proprement géopolitique.

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lundi, décembre 14 2009

Catalogne : la Flandre espagnole

1/ Ainsi, certains Catalans organisent des référendums sur l'indépendance. La démarche n'a pas de valeur légale, ce qui n'empêche pas qu'elle a une signification politique. On trouvera aisément les explications motivant ce vote : un nouveau statut voté il y a quelques années, qui attend depuis trois ans une validation par la cour suprême ; des fuites semblant indiquer que celle-ci "raboterait" le statut. Il y aurait à ce propos un beau billet à écrire sur le rôle géopolitique des cours constitutionnelles, si on pense également à la décision de la CC turque qui vient d'interdire la légalisation d'un parti kurde, entravant par là le processus de rapprochement entre le pouvoir central et cette communauté. Mais revenons à la Catalogne.

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2/ La participation de 30 % était le seuil à partir duquel le "vote" (on n'ose parler de votation, puisque là aussi l'actualité donne des idées de rédaction d'un billet sur les consultations populaires). Elle est juste atteinte, signe qu'on est à un point limite.

3/ Or, ce point limite paraît assez général en Europe. On a d'un côté des situations où les séparatismes s'atténuent : c'est le cas de l'Écosse, mais aussi du pays basque espagnol (voir ici) : preuve qu'il n'y a aucune fatalité à ce processus d'éclatement. Mais dans le même temps, on observe des situations où l'éclatement paraît bien plus avancé : sans parler du Kossovo et de la reconnaissance trop rapide de son indépendance par la plupart des pays européens (sauf l'Espagne...!), le cas de la Belgique paraît notable. Le départ de M. van Rompuy (voir billet) a laissé la place à M. Leterme dont on ne peut dire qu'il s'est avéré un brillant politicien (il a été obligé de démissionner deux fois du poste de premier ministre...). Si dans mon billet je laissais ouverte la possibilité d'un maintien de l'unité belge, je le crois peu probable. La Flandre se séparerait dans ce cas de la Belgique.

4/ On sait qu'autrefois les "Pays-Bas espagnols" désignaient l'ancêtre de la Belgique. Il se pourrait qu'aujourd'hui, la Catalogne soit la Flandre espagnole. Là aussi, le processus touche à sa limite, même s'il paraît moins avancé que dans le cas belge. Il faut espérer, pour la stabilité européenne, que le gouvernement de Madrid soit plus délicat. Heureusement, M. Zapaterro paraît beaucoup plus habile que M. Leterme.

5/ Pourquoi s'opposer à ces fragmentations ? parce que l'Union Européenne a vocation à maintenir dans la durée les parties qui la composent. Or, elle n'a jusqu'à présent pas vraiment protégé ces nations, contrairement à ce qu'on attendait. S'étonnera-t-on alors que ces Etats se rebiffent, et refusent des transferts supplémentaires ?

Car il y a un lien direct entre la dissolution par le haut et la dissolution par le bas. On ne peut accepter que ces deux dissolutions soient simultanées. A défaut, c'est la stabilité de l'ensemble qui serait atteinte.

O. Kempf

mardi, septembre 15 2009

Nouvelles euro-balkaniques

Le titre de ce billet fera sursauter les plus sourcilleux : les Balkans sont en Europe ! Je n'en disconviens pas, messeigneurs.... Oyez, pourtant : car il s'agit de voir à quel point l'Europe - simplifions : l'UE - a des vertus pacifiantes même si ce n'est pas toujours aussi clair et homogène qu'il y paraît. Vertu de la puissance douce, qui est puissance sans s'en rendre compte...

NB : cette carte donne non les Balkans politiques, mais les Balkans géographiques, puisque comme vous le savez tous, les Balkans sont d'abord une chaîne de montagnes. Le géopolitologue que vous êtes s'amusera, sans doute, au jeu des 7 différences d'avec ladite carte politique.

1/ L'affaire de la baie de Piran, en premier lieu. Je vous en avais conté moult dans ce billet. Finalement, les deux pays sont convenus de s'accorder (voir ici). Quel est l'échange ? La Slovénie abandonne son véto, quand la Croatie abandonne ses prétentions frontalières, notamment s'agissant de l'accès à la haute mer. Commentaire premier : les tracés de frontière demeurent problématiques. Commentaire second : l'attrait européen permet encore de les dépasser.

2/ Le même article nous apprend, dans sa dernière partie, que la Serbie vient d'annoncer qu'elle présentera sa candidature à l'UE d'ici 2010. Le blocage est ici non pas slovène, mais hollandais (puisqu'il faut, n'est-ce pas, montrer dorénavant une intransigeance sourcilleuse après le massacre de Srebreniça : mais fi de mes allusions perfides) : en clair, il faut que la justice internationale retrouve R. Mladic, tout comme la Croatie avait livré A. Gotovina. Commentaire premier : une sorte de jurisprudence européenne se dégage : pas d'adhésion en couvrant des criminels de guerre. Commentaire second : un veto à l'adhésion demeure efficace, y compris de la part d'un moyen pays. Commentaire troisième : cela vaut-il pour un veto d'un grand pays, comme dans le cas franco-turc ?

3/ Puisqu'on parle de la Serbie, le plus intéressant tient à cet article. Qu'y comprendre ? tout d'abord, qu'on ne reproche plus à la Serbie sa position envers le Kossovo (puisque cinq pays européens n'ont pas reconnu l'indépendance kossovienne, il serait mal venu de le reprocher à Belgrade). Ensuite, que chacun s'accorde à ce que ce soit l'UE, et non plus la MINUK, qui soit en charge du proconsulat de la communauté internationale au Kossovo. Que cela s'accompagne de décisions sans fioritures. Que ce n'est pas sans rappeler ce qui se passe en Bosnie, où la situation perdure, sans solution. Qu'enfin l'accord frontalier dont il est question a pour finalité, plus ou moins explicite, d'accorder à la Serbie des visas Schengen, d'ici le 1er janvier 2010. Conclusion partielle : maintenant qu'on a donné des gages au Kossoviens, on va s'occuper de renouer avec les gens plus intéressants, à maints des égards, les Serbes (puisque,n'est-ce pas, Belgrade est sur le Danube : ne serait-il pas temps que ce fleuve soit entièrement européen ??) Conclusion partielle subsidiaire : les extrêmes kossoviens vont se réveiller, pour obtenir, comme leurs succès précédents, des avantages sur le terrain qu'ils n'ont pu obtenir par des négociations politiques.

4/ Pendant ce temps là, puisqu'on parle de veto, l'ARYM subit toujours le veto grec, aussi bien pour l'Alliance que pour l'UE. Les vétos, une affaire très européenne....

O. Kempf

mardi, août 4 2009

"Défense européenne, la grande illusion" de JD Merchet

Ainsi donc, après avoir vainement attendu le service de presse, je me suis décidé à acheter le dernier opus de JDM, "Défense européenne, la grande illusion", paru ce printemps chez Larousse. Il ne m'en a coûté que 9,9 euros pour 125 pages stimulantes qui font du bien aux yeux.

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1/ Pourquoi du bien ?

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vendredi, juillet 3 2009

Croatie : démission de Sanader et baie de Piran.

Ainsi, le premier ministre Ivo Sanader a-t-il démissionné sans prévenir le 1er juillet, sans donner beaucoup d'explication. On lira un bon portrait de l'homme politique ici.

1/ La soudaineté de cette décision, le fait qu'il se retire de la vie politique amènent à soupçonner des raisons cachées. Ce n'est pas le plus important. Constatons toutefois qu'il avait prôné une certaine réconciliation avec la minorité serbe qui vivait toujours sur le territoire croate.

2/ On peut également remarqué qu'il avait réussi sa politique de rapprochement avec l'Occident, puisque la Croatie est, avec l'Albanie, le seul pays à avoir rejoint l'Otan lors du dernier sommet de Strasbourg-Kehl. Ce n'est pas un mince succès, moins de quinze ans après les accords de Dayton....

3/ Certains évoquent le différend avec la Slovénie. Ce sera l'occasion de faire le point sur ce dossier, qui a tous les aspects d'un problème géopolitique.

4/ L'objet de la dispute, tout d'abord. Il s'agit du tracé d'une frontière, question fondamentalement géopolitique, comme on le sait depuis Michel Foucher. Il s'agit en l'occurrence d'une frontière maritime (ne vous ai-je pas dit que les différends géopolitiques modernes porteraient principalement sur des frontières maritimes ?). Cette frontière des eaux territoriales a pour objet la frontière au large de la baie de Piran, au nord de l'Adriatique, sur les rivages de l'Istrie. Si l'on s'en tient aux vues croates, il faut prolonger la frontière terrestre au large. Pour les Slovènes, il faut adopter un tracé différent qui puisse aller jusqu'aux eaux internationales, chose importante pour la souveraineté slovène.

On comparera les cartes proposées par les deux parties :

Carte Slovène : piran1.jpg Source Jutarni List

Carte croate : Piran2.jpg Source Ambassade de Croatie.

Conclusion partielle : le problème n'est pas seulement l'accès à la mer, mais aussi l'accès à la haute mer (voir l'excellent billet de Mars Attaque, publié simultanément sur AGS).

5/ Sans se prononcer sur la véracité des prétentions, examinons les conséquences : la Slovénie, qui a déjà rejoint l'UE, bloque l'ouverture de nouveaux chapitres de négociation qui permettraient à la Croatie d'entrer elle aussi dans l'Union. Ce veto rappelle le veto grec à l'entrée de l'ARYM Macédoine dans l'Alliance Atlantique. Décidément, les complications balkaniques demeurent. Cela affaiblit durablement la volonté croate de normalisation, son rapprochement avec l'Ouest, sa sortie des Balkans, justement.

6/ Cela permet d'apercevoir, a contrario, certains traits slovènes : la Slovénie joue en effet de son côté "intégré", inclus, insider. C'est un pays européen qui n'a rien, mais vraiment rien à partager avec ces "sauvages slaves de la Yougoslavie" - et tant pis si la Slovénie parle comme les autres une langue slave : elle se rêve comme une république d'abord alpine (autrichienne) et certainement pas comme balkanique. Sans même parler des différends qui datent du processus d'indépendance.... En jeu, ici : les représentations de la nation slovène, facteur évident de géopolitique.

7/ Géopolitique également la présence d'intérêts politiques très locaux, et politiciens : une querelle à l'extérieur permet souvent d'obtenir une unité nationale et de surmonter des difficultés intérieures.

8/ Enfin, l'intransigeance croate est, d'une certaine façon, surprenante : au vu de la longueur du littoral croate sur l'Adriatique, quelle difficulté y a-t-il à accorder quelques arpents de territoire maritime ? surtout lorsqu'on aspire à intégrer l'Union Européenne, dont le projet consiste, peu ou prou, à la suppression des frontières ? ce raidissement des deux parties est un signe supplémentaire de la maladie européenne actuelle, qui laisse de plus en plus les relents nationalistes s'exprimer.

Là encore, les raidissements frontaliers et identitaires nourrissent les différends. A-t-on besoin de ça aujourd'hui ?

O. Kempf

Références :

NB : on cliquera avec intérêt sur la bannière publicitaire sous ce billet, puisqu'elle mène à la dernière campagne du ministère de la défense. La publicité comme moyen d 'information.... (et en plus, vous manifestez ainsi votre soutien à EGEA....