Cycles longs et mutations
Par Olivier Kempf le mercredi 9 décembre 2009, 21:14 - économie - Lien permanent
La géopolitique s’intéresse aux tendances souterraines. Elle n’est pas la seule, bien sûr : démographes, climatologues, historiens s’essayent à ce même exercice.
S’agissant des économistes, un certain nombre d’analystes ont traité du sujet. Le numéro de lundi du Monde de l’économie les passe en revue. Nous aussi :
Jean Charles Simonde de Sismondi (1773_1842) est le premier théoricien des crises.

Karl Marx (1818_1883) est un historien qui a lu Hegel et les classiques. Il propose une vision déterministe de l‘histoire, où les modes de production se succèdent.

Nikolaï Kondratiev (1892-1938) est un économiste russe qui affirme que l’économie capitaliste enchaîne des cycles ou vagues de 50 à 60 ans, selon des saisons (investissement, stagflation, désinflation, déflation). Il meurt au goulag.

Joseph Schumpeter (188-1950) fait de l’entrepreneur le personnage central du capitalisme. Ce sont ses investissements qui nourrissent des grappes d’innovation, provoquant ensuite des destructions créatrices : on ne retient souvent de Schumpeter que la notion de destruction créatrice, en omettant souvent ce qui la provoque.

Fernand Braudel (1902_1985) est un historien qui invente la notion de temps long. Dans « la dynamique du capitalisme », (126 p, à lire pour Noël), il explique que l’économie s’articule autour d’économies-monde successives, la crise traduisant le passage entre l’économie déclinante et celle qui va s’imposer.

Jean Fourastié (1907-1990) est un ingénieur qui invente la notion de « trente glorieuses » en 1979. La croissance repose sur la hausse de la productivité, la crise sur son effondrement. L’innovation permet de sortir de la crise.
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Paul Romer (né en 1955) explique que le progrès n’est pas une donnée extérieure à l’économie. L’innovation naît aussi des efforts de R&D permis par la croissance. Ce cercle vertueux nourrit une « croissance endogène ». L’information, la connaissance, la confiance sont des facteurs de production à part entière.

L'honnête homme, doué d'une culture générale assez basique, a tout intérêt à connaître ces auteurs......... O. Kempf