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samedi 26 août 2017

L’Inde ancienne au chevet des politiques (Kautilya + Boillot)

Voici un ouvrage qui suscite l’intérêt. En effet, le « grand public cultivé » européen connaît bien sûr les philosophes grecs et il cite (puisque c’est court et facile à lire) le chinois Sun Tsu. Voici pour les Anciens, nous n’avons plus le goût de les lire comme au temps de Montaigne ou La Boétie. L’ouvrage présenté ici fut composé vers le 4ème siècle avant JC, dans une Inde déjà lointaine. Le traité de l’Arthashâstra fut alors rédigé par un certain Kautilya.

le félin - L'Inde au chevet de nos politiques - Jean-Joseph Boillot

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mercredi 16 août 2017

Le Discours de la servitude volontaire de La Boétie

Qui connaît Étienne de La Boétie ? On lui associe le nom d’une rue huppée de Paris… les plus cultivés penseront au Discours de la servitude volontaire, sans bien savoir de quoi il s’agit. Justement, voici une bonne occasion de creuser un peu et de lire ce bref opuscule (une cinquantaine de pages en format poche) d’un auteur du XVIè siècle.

Discours de la servitude volontaire

Un classique à la langue d’autrefois. Convenons en tout de suite, la lecture n’est pas aisée car il y a une vraie distance entre le françois de jadis et celui que nous pratiquons aujourd’hui. Cependant, le texte est lisible et compréhensible sans efforts, surtout que les éditions modernes (j’ai utilisé celle de Garnier-Flammarion) donnent suffisamment de notes de bas de pages pour expliciter ce qui serait obscur.

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mardi 4 juin 2013

A propos d'Huntington

J'ai déjà, sûrement, parlé d'Huntington sur égéa, et à maintes reprises (une recherche me signale que son nom apparaît 28 fois). Mais l'avais-je "critiqué" ? Il semble utile de le faire...

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vendredi 25 janvier 2013

Les 20 meilleurs livres de géopolitique

Voici les résultats d'un petit jeu concours, organisé avec Romain sur Facebook (le gros lot : le sentiment d'avoir participé) : la liste des vingt ouvrages de géopolitique qu'il faut avoir. Un classement 1855 des vins de Bordeaux, en quelque sorte (ben oui, je ne vais pas dire comme tout le monde un "top 20"). Mais vous pouvez avoir d'autres idées, critiquer les présents et les remplacer par d'autres....

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vendredi 11 janvier 2013

Décès du général Poirier

Le général Lucien Poirier est mort, dans la nuit du 9 au 10 janvier.

C'était le dernier. Le dernier des quatre généraux qui avaient créé la doctrine française de dissuasion, avec Ailleret, Beaufre et Gallois. A l'origine de la théorie des trois cercles, fondateur de la fondation des études de défense nationale (FEDN), c'était donc un des plus grands stratégistes français.

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Le communiqué de la RDN

Son œuvre (voir ici) :

  • La Crise des fondements, Paris, ISC/Economica, 1994.
  • Stratégies nucléaires, Bruxelles, Complexe, 1988.
  • Essais de stratégie théorique, Institut de stratégie comparée, 1982.
  • Des stratégies nucléaires, Paris Hachette, 1977.
  • Stratégie théorique (I, II et III), Economica
  • Les voix de la stratégie
  • Guibert

Egéa adresse ses condoléances à sa famille et à ses proches.

O. Kempf

jeudi 14 juin 2012

Haushofer, selon Stefan Zweig

Je vous ai parlé l'autre jour de Stefan Zweig, cet immense auteur autrichien obligé de fuir très tôt, dès 1933 ou 1934, l'Autriche pour assister de Londres au déchirement européen. J'ai noté dans ce long ouvrage ce témoignage sur Karl Haushofer, un des théoriciens allemands de la géopolitique. Il est controversé au motif que ses écrits ont inspiré la théorie allemande du Lebensraum. C'est d’ailleurs au titre de cette compromission injustifiable que la géopolitique a été bannie dès 1945 de l’université française, ainsi que le raconte régulièrement Yves Lacoste. L'extrait reproduit ci-dessous montre un visage nuancé de Karl Haushofer, selon un portrait écrit en connaissance de cause (en 1942, le déchaînement hitlérien ne fait guère de doute) où la question de l'association de la géopolitique aux thématiques nazies est clairement abordée par Stefan Zweig.

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O. Kempf

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mercredi 30 mai 2012

De la puissance à l'influence : Pierre Buhler

Pierre Buhler est un diplomate qui pense et écrit (en précisant qu'il écrit indépendamment du Quai d'Orsay, ce qui n'a pu lui causer qq froncements de sourcils du côté de la chancellerie, mais qui a su hausser les épaules et continuer à penser, pour notre plus grand intérêt et surtout pour le plus grand bien de la France).

Il est surtout l'auteur d'un remarquable et exceptionnel "La puissance au XXIe siècle – Les nouvelles définitions du monde", (CNRS Éditions, préfacé par Hubert Védrine), qui a récemment reçu le Prix du Festival de géopolitique de Grenoble (nous avions d’ailleurs débattu ensemble sur le micro de RFI à cette occasion). J'ai lu cet ouvrage cet hiver, il m'a enthousiasmé, je l'ai conseillé oralement à plein d'amis, l'ai griffonné dans tous les sens, il a pu inspirer tel ou tel billet d'égéa, et je n'ai pas trouvé le temps (mais c'est vrai que je suis très paresseux) d'écrire la fiche de lecture que l'ouvrage mérite.

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En attendant, je suis très heureux de publier l'entretien que P. Buhler a accordé à Communication et Influence, excellente feuille mensuelle de Bruno Racouchot (je le remercie au passage d'avoir bien voulu me laisser reproduire ce texte qui mérite d’être diffusé). Surtout, allez acheter et lire l'ouvrage, c'est un des livres géopolitiques de la décennie : un fond de bibliothèque qui fera date.

O. Kempf

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dimanche 26 février 2012

Hommage à Hervé Coutau-Bégarie

Comme bien d'autres, après bien d'autres, j’aimerais rendre hommage à HCB. Dans ces cas là, on hésite toujours entre les aspects personnels et des aspects plus généraux. Je tenterais de joindre les deux en montrant qu'il fut à la fois un émetteur, un passeur et un formateur.

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vendredi 24 février 2012

Décès d'Hervé Coutau-Bégarie (J. Pellistrandi)

Vous avez appris le décès d'Hervé Coutau-Bégarie. Voici dès ce soir l'hommage de Jérôme Pellistrandi, qui l'a bien connu. Lire aussi l'hommage de Stéphane Taillat sur AGS. J'y reviendrai demain.

Qu’il repose en paix.

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samedi 16 juillet 2011

Turgot : géographie politique

La lecture des grands auteurs est toujours bénéfique. AInsi, je suis toujours à la recherche des ancêtres de la géopolitique française, et je suis tombé sur ce texte de Turgot, intitulé "Plan d'un ouvrage sur la géographie politique" et datant de 1751. Je vous en ai parlé l'autre jour, voici le texte mis en ligne, tiré de cette page (que je remercie au passage).

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On est absolument sidéré par la modernité de l'approche. Je cite depuis longtemps l'apport de Montesquieu, que je tiens pour un des plus grands théoriciens français de géopolitique (contrairement à ce qu'on croit, "L'esprit des lois' n'est ni un ouvrage juridique ni seulement un ouvrage de philosopie politique, mais d'abord un ouvrage de géopolitique). Je ne parle même pas de Vauban (j'ai déjà écrit à son sujet). Il faudra désormais compter Turgot comme un des grans ancêtres, prérévolutionnaires. A lire et relire.

O. Kempf

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dimanche 1 mai 2011

Frontières naturelles : Discours de Danton

On attribue souvent la théorie des frontières naturelles à Vauban : pourtant, ce n'est pas le cas, elle date en fait de la révolution, et d'un bref discours de Danton que je vous donne ci-dessous, ainsi que quelques commentaires....

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lundi 4 avril 2011

De la différence d’application entre Sun Tzu et Clausewitz (Y. Couderc)

Le Chef de bataillon Yann Couderc, promotion Général de Gaulle de l'Ecole de guerre, m'envoie ce texte très intéressant : Sun Tzu est très en vogue pour des tas de stratégies civiles, Clausewitz n'est en vogue que pour les stratégies militaires. La question posée est : pourquoi ?

sun_tzu.jpg

Et ce que j'apprécie beaucoup dans cet article, c'est qu'après une enquête scrupuleuse de toutes les raisons possibles de cette différence, l'auteur n'est finalement convaincu par aucune, et le dit. Ce qui nous change agréablement des articles où l'on nous assène des certitudes. Merci donc à lui.

O. Kempf

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vendredi 10 décembre 2010

Renan et le territoire

Yves Lacoste (Vive la nation) le constate : la définition de la Nation donnée par Renan ne comporte aucune allusion au territoire :

"Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis".

Certes, le texte ...

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mardi 24 août 2010

In memoriam Pierre Gallois

Je réagis immédiatement au décès de Pierre Marie Gallois, sans avoir eu le temps d'effectuer les recherches nécessaires à une rubrique nécrologique plus complète (qu'on trouvera aisément ailleurs) : je parlerai donc avec le seul coeur et les seuls souvenirs.

pierre_marie_gallois.jpg

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mardi 10 novembre 2009

in memoriam Claude Lévi-Strauss

Lévi-Strauss est donc décédé la semaine dernière. Le temps a un peu passé, je reviens donc sur l'auteur sur lequel j'avais finalement pas mal écrit.

(image extraite de ce site).

Tout d'abord pour constater que je ne le connaissais pas (ici). Il répondait à quelques considérations théoriques sur les éventuels rapports entre géopolitique (et notamment la notion de représentation) et structuralisme : voir ici. Mais aussi sur les rapports que je devinai entre géopolitique et ethnologie (ici)

Et puis j'ai lu Tristes Tropiques (voir ici) et raisonnai (résonnai) donc sur le rapport entre l'ethnologue et le géopolitologue (ici). Le dernier paragraphe dit ceci : "Enfin, même si Lévi-Strauss ne le dit pas dans ce passage : pourquoi est-ce l’Occident qui a inventé l’ethnologie ? et pourquoi le même Occident a-t-il inventé, aussi, la géopolitique ? Comment la géopolitique concilie-t-elle cette « position privilégiée conférée à notre société » et la « prétention au titre de science » . En fait, la géopolitique n’est-elle pas d’abord un loisir d’occidental ? ou, pour aller plus loin que Roger-Pol Droit, un des critères de l’Occident, un effet de son doute permanent ? "

On trouvera enfin une fiche de lecture sur "Race et histoire", elle aussi stimulante.

Il faudrait bien sûr que je lise les ouvrages ultérieurs, et plus théoriques, sur la structure ou la pensée sauvage.

Car au fond, on devine chez Lévi-Strauss un goût pour la permanence et la similitude, au-delà des différences d'apparence : or, cette démarche me paraît similaire à celle de la géopolitique qui évite les considérations de morale et de "juste ou mal" pour discerner les logiques des acteurs, et ce qui les motive.

Faut-il vraiment insister auprès de tous les candidats à un concours cette année de la nécessité de lire un ouvrage de CLS (et d'y réfléchir) tout comme il ne sera pas inutile d'avoir lu Chaunu.

Ainsi donc, au-delà des effets de mode, et parce que Lévi-Strauss est plus intéressant que ses disciples et que les structuralistes, EGéA ne pouvait s'abstenir d'évoquer la mémoire de ce grand homme.

O. Kempf

NB Suite à la remarque acerbe d'un commentateur, j'ai bien évidemment corrigé la faute d'orthographe que j'avais laissé échapper.... et qui n'était pas voulue et ne revêtait aucune signification cachée. Honni soit qui mal y pense. J'ai publié suffisamment de billets où je disais du bien de CLS pour qu'on ne vienne pas me chercher des poux.

jeudi 3 septembre 2009

Portrait de G. Chaliand

On lira avec intérêt le portrait, écrit dans le Monde de ce soir, de Gérard Chaliand.

La bibliographie impressionnante de notre homme en fait un des maîtres français de la stratégie et de la géopolitique. On se souvient particulièrement de son "atlas stratégique" publié en 1983 et qui révolutionnait, déjà, le sujet : c'était le premier à proposer des cartes "vues d'ailleurs" et des représentations du monde. D'autant plus intéressant qu'il avait un parcours différent de l'autre école, celle d'Hérodote autour d'Y. Lacoste, M. Foucher et B. Giblin.

S'il s'est consacré, ces dernières années, aux guérillas, son prochain opus traitera de la géopolitique des empires : on l'attend avec impatience....

O. Kempf

mardi 14 avril 2009

Galula : Conditions géographiques de l'insurrection

Galula, la "perle de Petraeus", est donc LA référence des COIN. Qu'a-t-il dit des conditions géographiques de cette guerre nouvelle ? on est là dans la géostratégie (plus que dans la géopolitique au sens strict), mais il m'a paru de vous faire lire cet extrait de son livre.

O. Kempf

CONDITIONS DE LA VICTOIRE DE L'INSURRECTION

''La doctrine de la frontière '' Tout pays est, pour des raisons administratives ou militaires, divisé en provinces, cantons, districts, zones, etc. Les zones de frontière constituent une source permanente de faiblesse pour le régime loyaliste quelles que soient ses structures administratives, et cette faiblesse est généralement exploitée par l'insurgé, particulièrement dans les premiers temps de l'insurrection. En se mouvant de part et d'autre de la frontière, l'insurgé réussit souvent à échapper à la pression ou, au minimum, à entraver les actions de son adversaire. Ce n'est pas par hasard que les territoires dominés par les communistes chinois incluaient la région frontière du Shensi-Kansu-Ningsia, la région militaire du Shansi-Chahar-Hopei, la région militaire du Hopei-Shantung-Honan, et la région militaire du Shansi-Hopei-Honan. Opérer le long des frontières faisait partie intégrante de leur doctrine.

LES CONDITIONS GÉOGRAPHIQUES

Le rôle de la géographie, qui est important dans une guerre ordinaire, peut être déterminant dans une guerre révolutionnaire. Si l'insurgé ne peut pas tirer avantage de la géographie pour compenser partiellement sa faiblesse de départ, il est sans doute condamné à l'échec. Ce qui suit est une description succincte des effets de divers aspects du terrain sur les opérations.

1. Situation. Un pays isolé par des frontières naturelles (mer, désert, chaîne de montagnes infranchissables) ou accolé à d'autres pays opposés à l'insurrection est un terrain favorable pour les loyalistes.

2. Taille. Plus un pays est grand, plus il est difficile pour son gouvernement de le contrôler. La taille d'un pays peut affaiblir même le plus autoritaire des régimes ; les difficultés actuelles des Chinois au Tibet l'attestent.

3. Configuration. Un territoire facile à compartimenter gêne l'insurgé. Ainsi, les forces loyalistes grecques n'eurent aucune difficulté à nettoyer la péninsule du Péloponnèse. Si le pays est un archipel, l'insurrection peut difficilement s'étendre, comme on l'a vu dans le cas des Philippines. Le gouvernement indonésien, qui ne peut pas être qualifié de régime fort, a cependant réussi à écraser des rébellions aux îles Moluques, à Amboina et ailleurs.

4. Les frontières internationales. La longueur des frontières, particulièrement si les pays voisins sont sympathisants de l'insurrection, comme ce fut le cas en Grèce, en Indochine, et en Algérie, favorise l'insurrection. Une proportion importante de rivages par rapport aux frontières intérieures favorise les loyalistes, car il est facile de contrôler le trafic maritime avec un arsenal de moyens techniques limité que les loyalistes possèdent ou qui lui sont généralement accessibles. Il était par exemple moins coûteux en ressources financières et humaines d'interdire les trafics le long de la côte d'Algérie que de le faire le long des frontières tunisiennes et marocaines, où l'armée française dut construire et entretenir une clôture artificielle.

5. Le terrain. Un terrain rugueux et difficile (montagnes, marais, végétation impénétrable) favorise l'insurrection. Les collines du Kiangsi, les montagnes de Grèce, la Sierra Maestra, les marais de la Plaine des Joncs en Cochinchine, les rizières du Tonkin et la jungle de Malaisie ont donné chaque fois un fort avantage aux insurgés. De même, les communistes chinois ont pu retarder l'avancée nationaliste en Mandchourie dans les périodes où les champs étaient recouverts de kaolin. À l'opposé, le FLN n'a jamais réussi à opérer de façon durable dans les vastes espaces du Sahara, les forces françaises gardant le contrôle des oasis et détectant tout mouvement et toute trace sur le sable à l'aide de la surveillance aérienne.

6. Le climat. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les climats difficiles avantagent les forces loyalistes, qui disposent généralement de meilleures installations opérationnelles et logistiques. C'est particulièrement vrai si les soldats loyalistes sont des indigènes, accoutumés aux rigueurs du climat. La saison des pluies en Indochine a plus perturbé le Vietminh que les Français. Lors des périodes d'hiver en Algérie, l'activité du FLN était réduite à rien ou presque. Pour la guérilla, qui évolue constamment en terrain ouvert, le stockage des armes et des munitions dans de bonnes conditions est un casse-tête perpétuel?'

7. La population. La taille de la population influe sur la guerre révolutionnaire au même titre que la taille du pays : plus il y a d'habitants, plus il est difficile de les contrôler. Néanmoins, ce facteur peut être compensé par la façon dont la population est répartie sur le territoire. Plus elle est dispersée, mieux c'est pour l'insurgé ; c'est la raison pour laquelle en Malaisie, en Algérie et au Sud Vietnam aujourd'hui, les forces loyalistes se sont efforcées de regrouper les populations pour en limiter la dispersion (ce fut également le cas au Cambodge entre 1950 et 1952).Par ailleurs, une forte proportion de population rurale favorise les insurgés ; l'OAS, par exemple, fut gênée de ne pouvoir s'appuyer que sur la population européenne concentrée dans les villes, particulièrement à Alger et Oran. Le contrôle d'une ville, qui se limite souvent à celui des approvisionnements, requiert moins d'effectifs que le contrôle d'une même population éparpillée dans la campagne (à l'exception du cas du soulèvement de masse en ville, phénomène le plus souvent éphémère).

8. L'économie. Le niveau de développement et de sophistication de l'économie peut travailler pour les deux camps. Un pays très développé est très vulnérable à une campagne de terrorisme courte et intense. Mais si cette campagne se prolonge, les dégâts peuvent être tels que la population ne puisse plus les supporter et se retourne contre l'insurgé, même quand elle lui était favorable initialement. Un pays sous-développé est moins vulnérable au terrorisme mais bien plus à la guérilla, notamment parce que les loyalistes ne disposent pas d'un bon réseau de transport et de communication et parce que la population est plus autarcique. En résumé, la situation idéale pour l'insurgé serait un grand pays situé à l'intérieur des terres, en forme d'étoile aux pointes émoussées, avec des montagnes couvertes de jungle le long des frontières et quelques marais dans les plaines, dans une zone tempérée, avec une population importante, majoritairement rurale et dispersée, et une économie primitive (figure 1). Le loyaliste préférerait une petite île en forme d'étoile aux pointes aiguisées, avec quelques villes situées à gale distance les unes des autres, séparées par un désert, dans un climat tropical ou arctique, avec une économie industrielle (figure 2).

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David Galula

lundi 19 janvier 2009

Colin Gray toujours actuel

J'avais rendu compte du bouquin de C. Gray, cet été, et avait dit mon enthousiasme (ici).

Je vois qu'il est cité ailleurs : ici et ici

Vraiment, à lire...

O. Kempf