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mardi 27 décembre 2011

Clausewitz est-il pédago ?

Je retranscris un dialogue avec un des lecteurs d'égéa; de façon que tut le monde puisse ne profiter : Clausewitz a-t-il voulu faire réellement un cours ? Et au-delà du chapitre 1, le reste est-il du même niveau ? Je sens qu'un certain J-Pierre va répondre.... Mais au moins, ça a l'avantage de démystifier Carl von C.

Clausewitz_fiction.jpg source

O. Kempf

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dimanche 28 août 2011

Clausewitz (VI, 9) La bataille défensive

1/ Clausewitz précise le rôle des aspects offensifs d'une bataille défensive : "le défenseur peut avoir recours à une bataille tactiquement offensive (...). Le défenseur peut attendre l'attaque ennemie campé sur ses positions et se borner avant cela à le faire attaquer par la défense territoriale. (...) Mais nous maintenons que la composante offensive de la bataille ne doit jamais être absente". (p. 300). A noter l'usage de la "défense territoriale", qui correspond à ce qu'on appellerait aujourd'hui une guerre de partisans. (nous y reviendrons dans le prochain chapitre) Mais l'intérêt vient ensuite, quand CVC pose la question du temps et de l'espace, par rapport à cette relation OFF/DEF.

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mardi 16 août 2011

Clausewitz (VI,8) : Types de résistance (3/3)

Suite et fin de la lecture de ce chapitre clausewitzien.

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Après avoir regardé les effets comparés des différentes possibilités de la défense, Clausewitz évoque ensuite d'autres aspects de cette position défensive.

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jeudi 11 août 2011

Clausewitz (VI,8) : Types de résistance (2/3)

Suite de ma lecture de Clausewitz.

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Il est surtout question de l'attente dans la gestion de la défense : impossible de lire ces lignes sans penser aux opérations Libyennes, et à la position stratégique de Kadhafi.

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dimanche 7 août 2011

Clausewitz (VI,8) : Types de résistance (1/3)

Finalement, j'ai reçu quatre votes en faveur d'une reprise de ma lecture de Clausewitz. Comme on est au milieu de l'été, je rajoute le mien, ce qui fait cinq votes, et donc, le quorum est comme la tarte, Tatin. De plus, cela fera le 40ème billet sur Clausewitz (du moins sur le nouvel égéa, car il y a en a déjà 37 sur l'ancien).

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Bon, toutefois, ce chapitre 8 du livre VI est très long, et je l'évoquerai en trois billets.

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jeudi 5 août 2010

Clausewitz (VI, 7) Interaction entre attaque et défense

Parmi vous, ceux qui avez l'habitude de ne pas lire mes billets sur Clausewitz, je vous conseillerai pour une fois de faire exception et de lire celui-ci : le chapitre est important, même s'il est probablement négligé, et on y lit des choses fort importantes qui dépassent de loin le seul intitulé du chapitre.

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Ce chapitre me semble tout à fait central dans la démarche de Clausewitz : je ne suis pas sûr qu’il soit aussi réputé que les fameux chapitres du Livre I, qui constituent le concentré de la pensée du maître. Mais il me semble qu’il se dégage ici quelque chose de fondamental dans la pensée clausewitzienne.

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mercredi 28 juillet 2010

Clausewitz (VI, 6) Etendue des moyens de la défense

Ce chapitre évoque notamment la milice, qui est un discours de la réserve nationale. Avec également une petite curiosit sur la guerre irrégulière...

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samedi 24 juillet 2010

Clausewitz (VI, 5) Caractère de la défense stratégique

Ce chapitre présente à la fois un passage très profond, et un propos très rhétorique.

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mercredi 21 juillet 2010

Clausewitz (VI, 4) Convergence de l'attaque, divergence de la défense

Ce chapitre poursuit l'étude le CVC de la défensive.

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mercredi 14 juillet 2010

Clausewitz (VI, 3) Rapports mutuels de l'attaque et de la défense dans la stratégie

Le précédent sujet évoquait les rapports entre attaque et défense au niveau tactique. Voici ce qu'en dit Clausewitz du niveau stratégique.

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lundi 12 juillet 2010

Clausewitz (6,2) : Rapports mutuels de l'attaque et de la défense dans la stratégie et dans la tactique

1/ Comme facteurs de victoire dans l'engagement, Clausewitz rappelle "la supériorité numérique, l'intrépidité, l'exercice" (p. 265) : "ces facteurs sont d'ailleurs égaux que l'on attaque ou défende". En revanche il discerne "trois facteurs d'importance cruciale : la surprise, l'avantage du terrain et l'attaque de plusieurs côtés".

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Comment les comparer ?

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jeudi 8 juillet 2010

Clausewitz (6,1) L'attaque et la défense

Je reprends, puisque j'ai un peu de temps, ma lecture de CVC. clausewitz_portrait.jpg

Pour cela, nous entamons le livre 6 sur "la défensive" : on sait que ce système est prôné par Clausewitz qui y voit un plus grand avantage que l'offensive, ce qu'il a déjà évoqué précédemment. Il précise ici sa pensée.

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mardi 25 mai 2010

Clausewitz, Livre 5

Dans l’édition que nous suivons, il n’y a aucun extrait du cinquième livre. Quand on se reporte à l’introduction, on s’aperçoit que se livre traite « des forces armées ». Gérard Chaliand, qui signe la préface, signale, en le réunissant avec le livre 4 : « Ces deux livres, et tout particulièrement le second, sont des parties techniques marquées par l’époque et ont beaucoup vieilli ». Nous n’avons donc aucun extrait du livre 5 et passerons directement au livre 6, traitant de « la défensive ».

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O. Kempf

dimanche 18 avril 2010

Clausewitz (4, 12) Les moyens stratégiques d'exploiter la victoire

Jean-Pierre Gambotti va être content : cela faisait des mois que je n'avais pas lu Clausewitz.Il est temps d'y revenir....

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jeudi 11 février 2010

De la bataille, par Christophe Richard (CID)

Le Chef de bataillon Christophe RICHARD (Collège Interarmées de Défense – promotion maréchal Lyautey) me fait l'amitié de m'envoyer un article écrit dans le cadre de ses études, et visiblement en réaction à un billet posté sur ce blog : il s'agissait de commenter le chapitre 11 du Livre 3 de "de la guerre", de notre bon maître, CVC. Le dit billet a par ailleurs fait l'objet d'un long commentaire de JP Gambotti, l'expert clausewitzien d'égéa : je ne doute pas qu'il réagira à cet excellent texte. Ne s'agit-il pas de reprendre le débat entre néo et anti clauswitziens (puisqu'il y a des lecteurs d'égéa, j'en connais, qui doutent des lumières de Clausewitz : mais n'est-ce pas, sur égéa, on a le droit d'exercer son esprit critique, y compris envers le tenancier.

Aubergier, tenanciste, du vin, et du meilleur !!!!

Mais laissons la parole à Ch. Richard (qui publie également un très bon texte dans le DSI de février : les meilleurs plumes vont dans les meilleures publications....)

O. Kempf

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mardi 29 décembre 2009

Clausewitz (IV, 11) : La bataille générale (suite) : l’emploi de la bataille

1/ Clausewitz rappelle quelques principes, de ce qu’on peut appeler la bataille décisive, même si je ne trouve pas l’expression sous la plume de Clausewitz :

  • 1/ la destruction des forces ennemies est le principe primordial de la guerre et, dans l’action positive, la voie la plus directe vers le but.
  • 2/ C’est fondamentalement dans le cadre e l’engagement qu’a lieu cette destruction des forces.
  • 3/ Il faut de grands engagements pour obtenir de grands succès
  • 4/ La jonction de nombreux engagements en une bataille permet les succès les plus amples
  • 5/ Ce n’est que dans la bataille générale que le chef de guerre dirige personnellement la manœuvre ; il est tout naturel qu’il se fie d’abord à lui-même. (p. 247)

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Cette bataille décisive fait bien sûr penser à tous les principes qui ont prévalu au cours de la première guerre mondiale que ce soit l’attaque de Verdun par le Kronrpintz, ou les offensives Nivelles…

2/ « La bataille est donc la guerre en concentré, le centre de gravité de l’ensemble du conflit ou de la campagne » (p. 248). Cet emploi du centre de gravité est nouveau, ce n’est pas celui auquel nous a habitué CVC : il serait d’ailleurs intéressant de rapprocher les deux : la bataille décisive se portant logiquement sur un point décisif, permettant par là d’atteindre le CDG de l’ennemi…. Le maître le confirme un peu plus loin : « Toutes les fois où on ambitionne de s’attaquer aux œuvres vives de l’ennemi, à ses intérêts vitaux, c’est la bataille qui en est le moyen e plus naturel, et (…) le meilleur) ; qui se dérobe à la grande décision en subira le châtiment ».

3/ « L’attaquant est en possession d’un but positif : la bataille est donc son moyen d’action prioritaire. Sans s’appesantir ici sur les concepts d’offensive et de défensive, mentionnons cependant que même le défenseur ne trouvera souvent que ce moyen là pour se défendre efficacement » : je me pose ici une question : en Afghanistan, qui est l’attaquant (attention, je ne dis pas l’agresseur..) : ? autrement dit, comment forcer les talibans à livrer bataille ?

4/ Or, la bataille est essentielle, « c’est la plus sanglante des solutions. Il ne s’agit pas simplement de meurtre réciproque : elle vise à détruire le courage de l’ennemi plus que le guerrier ennemi » (p. 249). « Mais l’esprit humain se révolte plus encore à l’idée que la décision se joue sur un coup unique. Toute l’action se concentre en un point unique du temps et de l’espace ». On note ici que la bataille, plus qu’un effet matériel, a des conséquences psychologiques…. L’effet est moral plus que physique.

5/ « C’est pourquoi, de tout temps, gouvernants et généraux ont voulu éluder la bataille, soit pour atteindre leurs buts autrement, soit pour les abandonner discrètement » : N’avez-vous pas l’impression que ces lignes sont bien contemporaines ?

6/ Malheureusement pour cette pusillanimité, « de tout temps, ce sont les grandes victoires qui ont engendré les grands effets, dans tous les cas pour l’assaillan,t et souvent pour le défenseur » (p. 250). CVC va plus loin, et ne devrait certainement pas être populaire de nos jours. Je ne suis pas sûr en effet qu’on enseigne aujourd’hui cette phrase dans les écoles de guerre : « les généraux qui vainquent sans verser le sang ne sont d’aucun intérêt. Que le sanglant massacre soit un spectacle effroyable doit nous conduire à estimer la guerre à son juste prix, mais non émousser peu à peu les épées par souci d’humanité. Tôt ou tard surgirait celui dont l’épée acérée nous trancherait les bras ». Et plus loin : « le général qui se lance dans la guerre (…) avec la certitude qu’il peut et qu’il doit anéantir l’adversaire jettera tout dans la balance dès la première bataille e espérant qu’il emportera toute la décision (p. 251).

7/ CVC termine ce chapitre par cette conclusion : « le succès, ou plutôt l’intensité de la victoire, dépend de quatre facteurs : 1) la configuration tactique de la bataille 2) la nature du terrain 3) la composition des forces 4) le rapport de forces ». (p. 252)

O. Kempf

dimanche 8 novembre 2009

Clausewitz (IV, 4) : l’engagement en général (suite du IV, 3)

Ce chapitre fait suite au précédent, et vient, d’une certaine façon, corriger les « excès » de ce dernier.

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1/ Il s’agit en effet de « donner d’autres objectifs qui peuvent accompagner la destruction des forces ennemies et même passer au premier plan ». (p. 240). Mais Clausewitz revient d’abord à ses présupposés : « Qu’entend-on par destruction des forces de l’ennemi ? Amoindrir ses forces en proportion plus qu’il n’amoindrit les nôtres ». (..) « Comme objectif, nous n’incluons que le gain direct acquis au cours du processus de destruction mutuelle, car ce gain est absolu ».

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jeudi 1 octobre 2009

Clausewitz (IV, 3) L'engagement en général. (pp. 236-239)

1/ "Qu'est-ce que la défaite de l'adversaire ? c'est tout simplement la destruction de ses forces, par la mort ou par blessure ou par tout autre moyen" (p. 236). Sans s'attarder sur le "tout autre moyen" qui mériterait méditation, allons à la phrase suivante : "La destruction totale ou partielle de l'adversaire sera donc le but unique de tout engagement, en faisant abstraction des buts spécifiques des engagements particuliers". Cette dernière phrase amène plusieurs commentaires. En effet, on peut être d'accord avec elle si la destruction est, effectivement, le but de l'engagement. Mais on doit la désapprouver si l'engagement recherche un autre but que la destruction.

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lundi 14 septembre 2009

Clausewitz (IV, 3) L'engagement en général. (pp. 235-236)

1/ Nous voici donc passés au quatrième Livre de "La guerre". Il traite de l'Engagement. Précisons d'emblée : je sais que le général Gambotti passe son temps à m'expliquer les subtilités de la pensée clausewitzienne, moi qui la découvre au fil des pages. Qu'il me pardonne de continuer d'affirmer que ce livre sur l'Engagement fait, comme par hasard, suite à celui sur la Stratégie. Je persiste à penser qu'il n'y a pas de coïncidence, même si je veux bien accorder au général qu'il peut y avoir plusieurs niveaux de lecture.

Pour faire simple : a/ selon moi, en premier décryptage, engagement vaut, en langage clausewitzien, tactique en langage kempfien (??? !). b/ cette distinction ne saurait bien sûr recouvrir ni l'étendue de ce qu'entend CVC de la stratégie, ni ce qu'il entend de l'engagement/tactique (on verra dans ce chapitre qu'il y a quand même une similitude troublante entre les deux termes) c/ oui, seul le livre I est réellement achevé, les livres suivants étant des ébauches et, qui sait, des recherches inabouties dont l'interprétation est en soi sujette à caution si on ne les relie pas au Livre 1 :mais à ce compte là, autant s'arrêter à la 107 ème page..... Bref, je continue a/ à lire b/ à interpréter, au risque d'être dans l'erreur, mais c/ comme tout le monde.

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2/ Et puisque nous en sommes à ces considérations méthodologiques, on remarquera également que ce premier chapitre porte en fait le numéro 3 :comme s'il y avait deux chapitres auparavant. J'ignore si ces deux chapitres n'ont pas été sélectionnés par le traducteur (j'en doute) où s'ils ont été coupés par l'éditeur original (Mme veuve CVC). Je le note en passant, sans plus de commentaire que cela : un lecteur averti voudra bien nous donner la solution.

3/ Lisons, donc. Car ce chapitre mérite une lecture attentive, on l'aura compris à la longueur de cette présentation.

"L'engagement est un combat, dont le but est l'anéantissement de l'adversaire" (p. 235). "Quant à nos guerres, elles sont faites d'une infinité d'engagements; grands et petits, simultanés ou successifs". "La fin ultime de nos guerres, leur but politique, n'est pas toujours d'une simplicité parfaite (...) la fin ne peut plus être atteinte au moyen d'un unique et énorme acte de guerre, mais à travers une accumulation d'actes diversifiés, qui se rattachent à l'acte général. Chaque élément fait partie d'un tout". Si on suit mon interprétation, la guerre se compose d'une multitude d'éléments, qu'on appellera tactiques : il y a continuité. Mais ce qui est intéressant, c'est que la logique clausewitzienne est descendante : il part de la guerre pour la décomposer en unités tactiques, quand d'autres penseurs procèdent inversement, par agrégation de combats tactiques pour parvenir à une unité stratégique. Filons la comparaison (hasardeuse comme il se doit) : CVC serait plutôt platonicien (l'idée) quand d'autres (Jomini ?) seraient aristotéliciens...

4/ " Tout engagement, petit ou grand, a son objectif propre, subordonné à l'ensemble. SI tel est le cas, l'anéantissement et la défaite de l'adversaire ne sont que les moyens d'atteindre l'objectif. C'est bien sûr vrai. Mais cette conclusion n'est vraie que formellement : elle ne vaut qu'en raison de la solidarité interne de la chaîne des idées; nous ne l'avons soulevée que pour nous en débarrasser" (p. 236) Notons ici la prédominance, entrevue, donnée à la destruction de l'adversaire : on a déjà vu que cet usage ordonné de la violence est pour CVC constitutif de la guerre : il est remarquable de voir que chacun des éléments ou, pour aller encore plus loin, chacun des "atomes de guerre", est lui aussi inspiré par cette volonté de destruction. Cela nécessite bien sûr discussion, que l'on poursuivra dans le prochain billet, qui traitera de la fin de ce chapitre si important.

O. Kempf

mercredi 2 septembre 2009

Clausewitz III, 18 (Tension et repos, la loi dynamique de la guerre)

Ce dernier chapitre du livre III conclut donc le discours de Clausewitz sur la stratégie.

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1/ Dans une campagne, quand aucun des deux camps n’a intérêt à prendre l’initiative, « ils sont au repos, et donc en équilibre » (p. 228). « Dès que l’un des adversaire adopte un nouveau but positif et se met à y œuvrer, ne serait-ce qu’en préparatifs, et que l’autre résiste, la tension des forces renaît ». Par là, CVC expose la loi qui explique l’alternance des phases statiques et dynamiques de la guerre. En effet, le primat qu’il donne à la défensive explique mal pourquoi il y a, malgré tout, des opérations…..

2/ « Quand ce mouvement s’épuise, à cause des difficultés rencontrées, comme les frictions internes ou à cause de l’opposition de nouvelles forces, on retourne au repos ou à un nouveau cycle de tensions » (p. 229). « Cette différence théorique entre équilibre, tension et mouvement est plus importante pour l’action pratique qu’il n’y paraît à première vue ».

3/ Disons le tout de suite : on a du mal à suivre CVC dans cette loi, aussi bien d’équilibre, que de reprise de la dynamique. Car la distinction paraît très artificielle, et peu expliquée. Peut-être est-ce dû à ce que, pour CVC, la guerre semble se dérouler à un seul endroit. Les opérations modernes permettent de distinguer plusieurs échelles d’analyse des opérations (stratégique, opératif, tactique). Toutefois, ajoutons immédiatement que la guerre irrégulière simplifie, d’une certain façon, l’analyse : en effet, le belligérant irrégulier aura le plus souvent une approche tactique, locale, sans avoir forcément une coordination de plus grande échelle. De ce point de vue, (mais uniquement de celui-là), CVC paraît pertinent.

4/ « L’état de repos et d’équilibre n’exclut pas toutes sortes d’actions, celles qui sont d’opportunité sans viser de grands changements ». Cette phrase est curieuse : soit on est en équilibre, et alors les actions n’ont pas pour but de changer le cours de la guerre ; soit elles ont ce but là, et comment est-on alors en équilibre ??? « La leçon à tirer de ces réflexions est qu’une même action entreprise sous tension est plus significative et plus efficace que si elle est prise en situation d’équilibre » : certes : quand on cherche à modifier la situation, de façon active, on a plus de chance d’y arriver qu’en ne le faisant pas….

5/ « Cet état d’équilibre, ou de tension si légère, si atténuée et si lointaine, constituait l’essentiel des guerres anciennes, ou de la plupart d’entre elles » (p. 230) : Notons ici deux choses : tout d’abord, l’équilibre n’en est pas vraiment un, ce qui vient valider notre étonnement précédent devant la notion exposée par CVC. Surtout, on retrouve là encore la similitude entre la guerre « ancienne » et la guerre irrégulière, où il ne se passe pas « grand chose » dans une garde sur le poste très Buzattienne….

6/ Notons en passant que Clausewitz donne, en passant, l’exemple de la campagne de 1806 dont on sait qu’elle eut une grande influence sur sa réflexion : selon lui, la défaite serait dû à une mauvaise appréhension de l’état de la guerre, qu’on croyait à l’équilibre alors qu’elle était au maximum de tension.

7/ CVC conclut ainsi son chapitre et son livre III : « Cette distinction conceptuelle est nécessaire au développement de notre théorie ; tout ce que nous dirons sur le rapport entre l’attaque et la défense, et sur le développement de cette action biface, se réfère à l’état de crise où se trouvent les forces sous tension et en mouvement (…). Car cet état de crise, c’est la guerre elle-même. L’équilibre n’en est que l’ombre portée » (p. 231). Que Clausewitz conclue sur l'état de crise est significatif de son sentiment profond, et affaiblit quelque peu la démonstration qui précède.... Mais nous le rejoignons pourtant dans ces derniers mots : l'état de crise, c'est la guerre elle-même.

Il serait d'ailleurs intéressant d'approfondir la notion d'état de crise guerrière, qui serait fort utile pour faire le lien non entre repos et guerre, mais entre guerre irrégulière et guerre régulière : nous voici revenus dans le thème du mois.....

O. Kempf

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