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US et OTAN, US et cyber : deux articles pour le HS de Conflits

Je m'aperçois que je ne vous avais pas signalé deux articles parus dans la dernier Hors-série de Conflits, paru en septembre et dédié aux Etats-Unis. L'un sur les Etats-Unis et l'OTAN, l'autre sur US et cyber. Je les reproduis ci-dessous. Bonne lecture. egea.

Conflits HS n°4

Pour les Etats-Unis, l’OTAN est-elle encore utile ?

Vu de France, l’Alliance est une machine qui sert d’abord aux Américains. Or, la perception de nos voisins est bien différente : pour eux, c’est plutôt une machine qui sert aux Européens, car elle leur procure une défense fournie par Washington, ce qui leur permet de faire de très sérieuses économies sur leur budget de défense. C’est bien d’ailleurs ce que pensent les Américains depuis des années, trouvant que les Européens n’en font pas assez.

Hier. Il y a en fait une défiance assez ancienne des Américains envers l’Alliance. Sans remonter aux débats sur le « partage du fardeau » datant des années 1960, l’après-guerre froide a très vite montré des différences d’approche entre les deux rives de l’Atlantique. Ainsi, la crise du Kosovo fut vécue aux États-Unis comme la démonstration de l’inefficacité opérationnelle de l’Alliance. Ceci explique largement la posture de « transformation » prônée par Donald Rumsfeld qui affirmait « c’est la mission qui fait la coalition » : on ne pouvait pas marquer plus de distance envers l’Alliance. C’est d’ailleurs ce qui explique que la seule fois où l’article 5 fut déclaré (il s’agit de la clause de défense collective du traité), ce fut le 12 septembre 2001, à l’initiative des Européens qui convainquirent des Américains qui n’étaient pas demandeurs.

La défiance demeura puisque les Américains lancèrent seuls une opération en Afghanistan puis laissèrent l’ONU mettre en place la FIAS (Force Internationale d’Assistance et de Sécurité) à l’hiver 2001. Ce n'est que 2 ans plus tard que la FIAS passa sous commandement de l’OTAN. Longtemps d’ailleurs, elle servit de parapluie diplomatique à une coalition, l’essentiel étant assuré par les forces américaines. Au maximum du dispositif, sur les 140.000 hommes de la FIAS, 100.000 étaient américains. Mais ils n’appréciaient pas les nombreux « caveats » (restrictions d’emploi) des troupes européennes qu’ils jugeaient donc inutiles. Au fond, l’OTAN ne redora pas son blason auprès des responsables américains au cours de l’affaire afghane.

Obama. Aussi, dès la présidence Bush, on entendit les ministres de la défense reprocher aux Européens de ne pas être sérieux : d’une part ils ne dépensaient pas assez, d’autre part ils n’étaient pas assez efficaces. Au fond, la présidence Obama a poursuivi cette ligne, pour deux raisons. La première est la défiance foncière du président envers l’outil militaire. Surtout, longtemps, il a considéré que l’Europe n’était ni un problème, ni une solution. Du coup, il n’a fait aucun effort à son endroit et a plutôt négligé l’OTAN, laissant ses secrétaires d’État morigéner lesdits Européens. Finalement l’OTAN ne s‘est à leurs yeux montrée récemment utile qu’à l’occasion d’un seul objectif important, celui de la défense anti-missile, décidée au sommet de Lisbonne en 2010 et assidûment poursuivie depuis. Pour Obama, la priorité est d’abord à l’Asie. Pour lui, le retour russe n’est pas vraiment menaçant.

Telle est la ligne à Washington, qui pourra surprendre ceux qui écoutaient le SACEUR, l’ineffable général Breedlove, qui ne cessait de grossir le danger russe, avertissant d’une possible conquête de l’Ukraine ou de la saisie du rivage entier de la mer Noire jusqu’à Odessa et la Transnistrie. Mais ici, il faut voir que par fonction, le SACEUR est « dual hatted » (double casquette) et qu’il honore aussi la fonction de commandant des troupes américaines en Europe (USEUCOM). En tant que tel, il est un commandant opérationnel dont le budget dépend du Congrès et qui obéit directement au président. Autant de facteurs qui l’incitent à une lutte politique pour les ressources, surtout à un moment où les budgets de défense sont contraints (même aux États-Unis) et où la priorité est donnée à l’Asie : grossir la menace sur a zone de responsabilité est un bon moyen d’acquérir de l’importance et de la visibilité, donc de maintenir les ressources. Bref, il faut distinguer entre ce que disent les Américains en Europe et ce qui est décidé réellement à Washington.

Concrètement, la priorité n’est pas donnée à la Russie. La Chine est perçue comme le premier compétiteur stratégique, tandis que malgré la volonté de se désengager du Moyen-Orient, les affaires sur place ont plus d’effet aux États-Unis que ce qui se passe en Ukraine. Les attentats djihadistes intervenus ces derniers mois (Boston, San Bernardino, Orlando) contribuent de facto à importer la question moyen-orientale au centre de la politique américaine, sujet d’autant plus sensible que le pays est en pleine campagne électorale, que Mme Clinton a été secrétaire d’État (avec une controverse sur son rôle lors de l’assassinat de l’ambassadeur américain à Benghazi) et que Donald Trump a adopté une ligne très dure à l’encontre des musulmans.

Une réassurance minimale ou un retour d’attention envers l’OTAN ? Dès lors, la multiplication des crises en Europe et l’insistance des alliés (Pologne, États Baltes, Roumanie) ont forcé l’Amérique à donner quelques gages de « réassurance ». Ainsi, le président Obama a annoncé l’envoi d’une brigade supplémentaire en Europe pour satisfaire les besoins de réassurance des alliés est-Européens (mais elle n’est pas dans le cadre OTAN). S’il faut contenter les Européens, ce n’est pas que la Russie inquiète car malgré ses efforts de modernisation, elle reste bien loin en termes de budgets et de performance technologique. Par ailleurs, la Russie se révèle un partenaire finalement utile pour gérer la crise syrienne, malgré les frictions (en train de s’accroître, à l’heure de la rédaction de cet article). Tel est le calcul de l’actuel président qui pensait laisser à Hillary Clinton le soin de mener une politique beaucoup plus interventionniste : on parle même de V. Nuland comme Secrétaire d’État, elle qui fut l’égérie des néo-conservateurs et très opposée aux Russes.

Las ! cette belle mécanique d’indifférence bute sur plusieurs obstacles. En Europe, le Brexit tout comme les profondes crises qui touchent l’UE et ses membres (crise de l’euro, migrations, populisme, djihadisme) font que l’Europe redevient un problème. Aux États-Unis, le candidat républicain a jeté un pavé dans la mare en allant encore plus loin que le président Obama, qui se contentait d’une négligence discrète : pour Donald Trump, « l’OTAN est obsolète » et il mettra les Européens au pied du mur : « NATO was done at a time you had the Soviet Union, which obviously was larger – much larger than Russia is today. I’m not saying Russia is not a threat. But we have other threats ». Ainsi, il suggère d’insister plus encore sur le partage du fardeau, ce qui consiste à la fois à menacer de désengager et à pousser les Européens à faire plus pour leur défense.

Cette posture ferme a suscité une campagne de réaction de la part de l’établissement. Les experts et les politiques se sont succédé pour réaffirmer l’importance de l’OTAN et la nécessité de l’alliance avec les Européens. Puis le sujet a un peu disparu. Le sommet de l’OTAN n’a pas profondément infléchi cette ligne puisque les alliés ont décidé de confirmer leur cohésion de défense (donc, la réassurance envers les Européens de l’est). Les États-Unis ont poussé quelques dossiers concrets (défense antimissile) mais rien n’a fondamentalement changé. Tout dépendra en fait du prochain président. Une Hillary Clinton sera plus interventionniste. Cela ne signifie pas forcément plus d’opérations militaires, encore moins plus d’efforts envers l’OTAN, mais on devrait avoir une certaine continuité avec la politique globale des États-Unis. Un Donald Trump sera certainement beaucoup plus tranchant et voudra forcer les Européens à faire plus. Les débats devraient alors s’ouvrir.

Le nouvel élu entrera en fonction début 2017. On peut donc prévoir une réunion de haut sommet avant l’été (par exemple avec l’inauguration du nouveau siège ?) afin de préciser les nouvelles orientations à la relation euro-atlantique, notamment dans son canal privilégié, l’Alliance. 

 

 

Les États-Unis et le cyberespace

Le cyberespace constitue pour les États-Unis une ressource essentielle de leur puissance renouvelée. Il est en effet fréquent d’évoquer un déclin américain dont les échecs militaires seraient le signe, de l’Irak à l’Afghanistan. Ainsi s’expliquerait le désengagement américain qu’aurait conduit Barack Obama et que reprendrait, d’une certaine façon, Donald Trump. C’est pourtant ignorer que l’interventionnisme américain a pris d’autres formes (des frappes de drones à un impérialisme juridique[1]) et surtout que les États-Unis ont investi les nouveaux moyens de la puissance : espace sidéral, nouvelles technologies et surtout cyberespace. Ce dernier constitue en effet un des moyens essentiels de la nouvelle puissance américaine, celle qui vise à maintenir une domination géopolitique du monde au XXIe siècle. Cette cyberstratégie intégrale s’observe dans quatre champs principaux, piliers d’une puissance déjà projetée dans le futur : la technologie, l’économie, la défense et le renseignement. Est-il alors possible de rivaliser avec le cyberempire ?

 

I Les États-Unis ont créé le cyberespace

Nul besoin de rappeler le goût américain pour la technologie, toujours perçue comme la solution aux problèmes du moment. Avec le cyberespace, la technologie présente un avantage supplémentaire, celui de créer un espace universellement partagé et sous contrôle américain. L’informatique puis le cyberespace furent largement créés par les Américains, même si les historiens notent la présence d’Européens au lancement de l’aventure. Une définition très simple du cyberespace le désigne comme le maillage de l’informatique en réseau. Si les premiers projets sont lancés dès les années 1960, si Z. Brezinski pressent très tôt le pouvoir de ce qu’il nommait la technétronique[2], le véritable décollage du cyberespace date des années 1990 avec la révolution Internet.

Au web 1.0 succèdent le web 2.0, puis les très grands acteurs (la bande de GAFA : Google, Amazon, Facebook, Apple), le cloud, le big data. Cette irruption en est encore à ses débuts puisque déjà les nouvelles vagues arrivent : internet des objets, ordinateur quantique, intelligence artificielle, robotique généralisée, convergence homme-machine, pour celles qui sont déjà anticipées. La très grande majorité de ces initiatives naissent sur le sol américain, avec des acteurs américains ou sous le contrôle, technique ou juridique, d’organisations américaines. Ainsi, les organes de régulation de l’Internet sont situés sur le sol américain, les principales organisations de serveur racine également, tandis que la plupart de la population mondiale utilise majoritairement des sites américains, à l’exception de quelques zones (la Chine, partiellement la Russie, l’Arménie…). Chaque requête que vous effectuez sur Google est, pour des raisons techniques, recopiée sur un serveur distant. Il y a donc une très grande probabilité que ce serveur soit sur le territoire des États-Unis ou transite par celui-ci (90% des communications Internet mondiales passent par les câbles transatlantiques). Autrement dit, quasiment toutes vos données peuvent tomber sous le coup de la loi américaine (ce qui relativise grandement les notions de « cloud souverain » ou de « fermes de données localisées »). Ainsi, l’architecture technique du cyberespace, qu’elle soit matérielle ou logicielle, donne aux États-Unis une position de quasi-monopole.

II Une nouvelle économie qui va de pair avec la mondialisation

Il y a des liens forts entre la mondialisation et l’émergence du cyberespace : ce n’est pas un hasard s’ils interviennent simultanément. Cette corrélation temporelle révèle une part de causalité. La mondialisation est un peu due à la dérégulation, beaucoup aux moyens techniques permis par ce qu’on désignait, à l’époque, de nouvelles technologies de l’information et de la communication. Elle permet bien sûr des transactions commerciales et financières mais aussi la gestion des marchandises (pas de mondialisation sans conteneur 20 pieds, eux même gérés exclusivement par ordinateur), les mouvements des êtres humains (gestion des voyages) et évidemment l’explosion des échanges culturels.

Cela introduit un changement de paradigme économique. La mondialisation n’est pas simplement une concurrence économique élargie à la planète, c’est désormais un nouveau capitalisme qui s’affranchit des règles grâce au cyber. Celui-ci devient désormais le lieu d’une nouvelle conflictualité économique où tous les coups sont permis. Uber ou airB&B créent de nouveaux modèles économiques qui mettent à bas les anciens opérateurs notamment en s’affranchissant des règles locales : la position économique acquise doit devenir si importante que les procès longs et coûteux devront permettre une transaction laissant place à la nouvelle réalité économique (too big to fail). Sait-on ainsi que l’essentiel du capital d’Uber est destiné à payer non de la publicité ou des innovations technologiques mais des bataillons d’avocats sur chacun des territoires où la société s’implante ? Les grands opérateurs économiques utilisent également le cyberespace pour construire des modes complexes d’évasion fiscale afin de ne pas payer d’impôts, ce qui affaiblit d’autant les États.

De même, les nouveaux acteurs investissent des secteurs à très forte intensité capitalistique. Il s’agit de prendre de gros risques industriels, avec énormément de capitaux et pour une durée de long terme afin de contourner les acteurs existants. Ainsi s’expliquent les paris fous des fusées : deux sociétés privées, Blue Origine (détenue par Jeff Bezos, propriétaire d’Amazon) et Space X (Elon Musk, le propriétaire de Paypal), s’affrontent pour construire de nouveaux modèles économiques qui mettent à mal les structures existantes, notamment Arianespace. Ainsi en est-il de Tesla, lancée là-encore par Elon Musk, marque de voiture électrique et luxueuse, sortie de rien et qui agite l’actualité, tandis que Google expérimente depuis de longues années la « voiture sans chauffeur ». L’abondance du capital disponible aux États-Unis rend possibles de telles expériences, très coûteuses, très risquées mais très rémunératrices en cas de succès, puisqu’elles obtiendraient alors un avantage comparatif déterminant qui tuerait quasiment les acteurs établis. Il ne s’agit pas simplement d’un processus d’innovation comme nous en avons l’habitude, mais d’un processus de disruption qui vise à annihiler le marché existant pour un créer un autre à sa main.

Ces processus visent au fond à établir des dominations économiques complètes, en jouant au besoin sur les normes ou la corruption. Le cyberespace est un élément essentiel de cette stratégie économique totale, celle des États-Unis.

III Les États-Unis et la cyberdéfense

En 1993, deux auteurs américains annonçaient : « cyberwar is coming ». Cela fait donc près de 25 ans que les Américains travaillent sur ce champ. De l’infoguerre à la guerre réseaucentrée, les théories se sont succédé. Mais le plus important n’était pas là, mais dans le développement de capacités toujours plus importantes. Ainsi, la National Security Agency (NSA) compte-t-elle 36.000 agents auxquels il faut ajouter environ 64.000 sous-traitants, soit une force de 100.000 hommes, pour un budget qui approche les 30 milliards de dollars. Edward Snowden[3] a révélé l’étendue de l’activité de l’agence qui espionne tout, sous prétexte de lutte antiterroriste, alors que l’on sait qu’au maximum un seul attentat a été déjoué par elle. En fait, même si cela est peu connu, la NSA sert beaucoup (principalement ?) à l’espionnage économique afin de favoriser les entreprises américaines.

Elle a certes joué en appui à des opérations plus géopolitiques voire militaires. Ainsi, elle a fabriqué le ver Stuxnet (en collaboration avec les Israéliens) qui visait une usine iranienne de recherche nucléaire, afin de ralentir son programme. Elle a mis en place un gigantesque système d’espionnage (la « galaxie Flame ») sur l’ensemble du Moyen-Orient, notamment l’Iran mais aussi toutes les factions locales en Irak, Syrie, Liban, … Un responsable américain a ainsi récemment fait savoir que les États-Unis menaient une « cyberguerre » dans la lutte contre l’EI, même si l’on savait déjà que la NSA avait aidé le général Petraeus au cours de la campagne d’Irak.

Le cyberespace est considéré par les Américains comme un nouveau « milieu de la guerre », tout comme les autres milieux (terre, mer, air, espace sidéral). Leur doctrine est claire et constamment réaffirmée : ils veulent y jouer le premier rôle, n’hésiteront pas à se défendre et à riposter, ils utiliseront des « armes offensives » (comme Stuxnet) et n’écartent pas l’idée qu’une agression cyber sérieuse pourra enclencher une riposte non cyber, c’est-à-dire avec des armes conventionnelles. On retrouve ici la culture stratégique américaine, toujours gourmande de suprématie, de bombardements massifs, d’écrasement de l’ennemi : tant pis si ces catégories s’appliquent difficilement au cyberespace puisqu’à la différence des canons, on ne se foudroie pas à coups d’électrons, il faut bien observer une militarisation structurelle de l’approche américaine du cyberespace.

IV Des rivaux ?

Face à une telle volonté et une telle domination, est-il possible de rivaliser ? ou tout simplement de préserver une certaine indépendance ? Certains s’en donnent les moyens. Tout d’abord la Chine, mais aussi la Russie voire l’Inde, qui toutes ont saisi l’ampleur de l’ambition et donc de la menace. Les deux premiers mettent ainsi en œuvre des stratégies complètes d’autonomie cyber, à la fois technique, physique et logicielle, mais aussi économiques. Il ne s’agit pas de dire que ce sont des enfants de chœur ni qu’ils ne se situent pas parmi les premiers acteurs d’une certaine cybercriminalité (espionnage économique et hacking), simplement que cela fait aussi partie d’une stratégie destinée à prévenir la pression américaine, pas des plus tendres non plus.

Au fond, la grande question touche l’Occident et particulièrement l’Europe. Si le Royaume-Uni a très tôt choisi une alliance très intime avec Washington, Paris et Berlin semblent plus gênés. D’une façon générale, les Européens ne perçoivent pas l’affirmation très dure des intérêts américains et demeurent façonnés par l’idée d’une communauté occidentale. Cela rend les démarches indépendantes dans le cyberespace difficiles à conduire puisqu’il faut collaborer juste assez pour progresser sans devoir révéler trop de choses, ce qui entraverait l’autonomie. Israël y réussit sans trop de difficultés, Paris s’y essaye. Pour beaucoup d’autres, on est plus proche de la vassalisation que du maintien de la souveraineté.

Pour conclure

Le cyberespace est donc pour les États-Unis un formidable outil qui répond parfaitement à leurs aspirations : il est à la fois technologique et universel et permet d’agir dans les deux dimensions privilégiées de la puissance, l’économie et le militaire. On aurait pu ajouter la dimension culturelle en rappelant que soft power et smart power sont des inventions américaines et utilisent abondamment le cyber pour se diffuser. Tout ceci permet une stratégie intégrale qui vise à assoir (ou rétablir) une domination américaine sur le monde à venir. Beaucoup pensent que le moment de l’hyperpuissance est fini, à l’aune de quelques échecs en Afghanistan ou en Irak. Mais outre que semer le chaos dans des régions éloignées n’est pas forcément un échec au regard de la grande stratégie américaine, c’est surtout oublier que malgré les apparences, les États-Unis sont déjà passés à autre chose : ils ont l’ambition de façonner le monde du XXIe siècle selon leurs règles. Le dessein peut paraître illusoire, il est pourtant poursuivi avec détermination.

 

[1] O. Kempf, L’indirection de la guerre ou le retour de la guerre limitée, Politique Etrangère, 2015/4 (Hiver).

[2] Z. Brzezinski, La révolution technétronique, Clamann-Lévy, 1971.

[3] Q. Michaud, L’affaire Snowden, une rupture stratégique, Economica, 2014.

 

 

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