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France › DOM-COM et territoires extérieurs

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jeudi 4 avril 2013

Goodbye New Caledonia ? (N. Coisne)

Un lecteur des antipodes me propose ce billet sur la Nouvelle-Calédonie, à la suite de celui-ci sur le Pacifique. Merci à Nicolas Coisne (étudiant, master 2 de sécurité de Lille) de jeter un coup de projecteur d'une COM sur laquelle on communique peu, ici, en métropole... Car derrière les agitations du moment, il y a des choses sérieuses qui s'organisent, là-bas.

source (cartothèque du Diplo)

O. Kempf

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mardi 12 juin 2012

Des Antilles au Pacifique

J'ai appris l'autre jour que le canal de Panama allait doubler d'ici 2014, et qu'un autre projet de traversée de l'isthme américain était mis en place (Costa Rica ?). La conclusion est évidente : le trafic maritime entre Atlantique et Pacifique va considérablement augmenter. Voilà une opportunité à saisir dans le cadre de la démarche stratégique française.

source

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mercredi 14 septembre 2011

Guyane

Les gazettes s'en sont fait l'écho, les premiers blogs l'ont analysé (fauteuil Colbert, Ice Station Zebra, ici, ici ou ici ): hourra ! on a trouvé de l'or noir en Guyane.

carte_Guyane.png source

Hourra, car le sentiment immédiat fut : en France, on avait des idées et voilà que maintenant on a aussi du pétrole. Chic, nous aussi on va devenir rentiers et riches, comme les Norvégiens et les Koweïtiens. Pas si simple.

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samedi 9 janvier 2010

DOM-COM :quelques réflexions

Le référendum de ce week-end, aux Antilles, sur le statut (si j'ai bien compris la nature de la question, car cela a l'air beaucoup plus compliqué, du style "si vous votez non, alors on revote dans quinze jours pour que vous ayez le droit de refuser à nouveau le statut que vous avez déjà refusé il y a treize mois, sans préjuger des négociations en cours....") ramène l'attention sur les DOM-COM (voir billet d'il y a presqu'un an)... Ceci conduit à des remarques plus générales, puisque la possible cristallisation n'a pas eu lieu.

carte_dom_com.jpg

1/ Il est amusant de constater que...

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dimanche 13 décembre 2009

Polynésie, souveraineté maritime (Y Cadiou)

Yves Cadiou pose une bonne question, en réagissant à mon billet sur Jules Verne : l'hypothèse (le what if des anglo-saxons) est passionnante, car on décèle tout un tas de difficultés auxquelles les autorités seraient bien en peine de répondre.... Une guerre des Malouines, trente ans après la première, est elle encore envisageable aujourd'hui ???

Verbatim :

Votre îlot perdu du Pacifique sud me remémore une question plus géopolitique dont je n’ai pas la réponse mais qui mérite d’être posée. Beaucoup d’îlots inhabités sur les océans sont sous une souveraineté française qui pourrait être contestée. C’est notamment le cas en Polynésie, mais aussi dans l’Océan Indien.

La Polynésie française comporte environ 150 îles dont plus de la moitié (nombre en augmentation) sont inhabitées : lorsque ces îles inhabitées sont situées hors des eaux territoriales d’une île habitée, c’est-à-dire à plus de douze milles nautiques (environ 22km, c'est souvent le cas), nous les considérons comme françaises mais c'est juridiquement contestable. Voici maintenant une hypothèse imaginaire mais plausible : supposons que vienne s’y installer, sans rien demander à personne comme les colons de Jules Verne, une colonie de ressortissants chinois, péruviens, ou néo-zélandais : s’agit-il alors d’immigration clandestine ou s’agit-il d’une prise de possession d’un territoire en déshérence par une communauté étrangère qui acquiert de ce fait des droits ? Il s'agit notamment de droits de pêche, très rentables, sur la zone économique exclusive dans un rayon de 200 milles nautiques (360 km) à l’entour. Les droits de pêche dans les eaux polynésiennes, et leur renouvellement, font depuis longtemps l’objet d’âpres négociations commerciales toujours remises en cause. Occuper, sans violence et en toute légalité, telle ou telle île inhabitée modifierait considérablement la donne. Il en est de même autour de nos îles inhabitées de l’Océan Indien où les zones de pêche sont très convoitées.

Bien entendu, nous pourrions évoquer l’ancienneté de notre présence, même si nous n’y sommes plus physiquement. Cet argument reste-t-il valable, je ne sais pas et c'est déjà une question de géopolitique.

Mais imaginons, car avec Jules Verne nous sommes dans l’imaginaire, qu’une nouvelle île apparaisse dans la ZEE de Polynésie mais hors de nos eaux territoriales : nous ne pourrons nous y prévaloir d’aucune ancienneté. Ce sera tôt ou tard le cas avec le volcan sous-marin Macdonald en Polynésie, qui culmine actuellement à 27m sous la surface de l’océan : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mont_M...) Quelle sera alors notre souveraineté sur cette île nouvelle, la question se pose comme dans « Tintin et l’étoile mystérieuse ». Hergé, comme Jules Verne, pose des questions de géopolitique qui ne seront pas éternellement imaginaires. Nous ferions bien de ne pas nous laisser surprendre par l’émergence d’une réalité prévisible.

vendredi 13 février 2009

Guadeloupe et DOM-TOM : inquiétude

La crise antillaise qui est en train de se répandre à l'ensemble des DOM-TOM (Réunion puis Guyane, celle-ci ayant déjà connu un épisode similaire il y a quelques mois) attire mon attention, et une certaine inquiétude.

Se nouent là-bas trois crises : une crise économique, une crise sociale, une crise politique. Mais elles peuvent avoir de graves répercussions géopolitiques.

1/ La crise économique sert de révélateur : on reconnaît là le même symptôme que dans d'autres endroits, Grèce en décembre (voir billet ici), Islande en janvier. Révélateur d'une deuxième crise plus profonde.

2/ Car cette crise est le plus souvent sociale. Elle est très nette dans les DOM-TOM où l'inégalité des patrimoines et des revenus paraît patente. Elle a longtemps été corrigée par les subsides de l'Etat, la défiscalisation et les revenus du tourisme. Or, ces freins s'amoindrissent. Dans le même temps, la tolérance aux inégalités s'abaisse : on l'a vu même aux États-Unis, il n'est pas surprenant que cela scandalise ailleurs.

3/ La troisième crise est politique, et liée aux rapports blanc-noir et à l'histoire de la présence française. Car si les possédants sont, si j'ai bien compris, aussi antillais que les autres, ils se démarquent malgré tout par leur couleur de peau et contredisent "visiblement" une égalité proclamée par ailleurs par la République. Il ne faut pas mépriser l'authenticité du soutien de la population au mouvement, même si celui-ci est aussi "conduit" par certains leaders... Cette crise intervient après l'élection d'Obama, ne l'oublions pas !

De plus, la mentalité ilienne favorise naturellement une identité territoriale rendue évidente par la limitation du rivage. On est d'abord de l'île (phénomène visible ailleurs, pensez à la Corse, à l'Irlande, etc..). Il s'ensuit un tropisme indépendantiste naturel, renforcé ici par la question de la couleur de peau. Il faut accepter la part identitaire qui s'exprime, même si cette expression ne doit pas aller jusqu'à l'extrême de l'indépendance, comme certains en débattent déjà. Cela complique la résolution politique de tout problème.

4/ Ainsi, les trois crises se conjuguent. Ce qui est nouveau, c'est leur durée, et surtout leur extension à l'ensemble des DOM-TOM. On a le début d'une cristallisation : or, politiquement, ces phénomènes de cristallisation sont toujours délicats, car ils créent les conditions où une minorité déterminée et consciente peut emporter une majorité indécise mais mécontente.

5/ L'inquiétant, c'est que la crise puisse dégénérer : en violences, avec au-delà le risque de l'indépendance. Faux projet qui ne tient pas compte de l'histoire et des liens tissés en profondeur depuis deux cents ans. Les Antilles sont françaises, intimement.

Risque de l'indépendance ?

Risque pour les Antilles (car je ne crois pas qu'elles bénéficieraient d'une indépendance abandonnée par négligence) ; risque pour les Antillais qui sont français, en Métropole comme dans les îles ; risque pour la France car cela signerait la fin d'un principe de solidarité nationale, et le début d'un processus d'abord belge, puis yougoslave (n'oublions pas que l'éclatement yougoslave est d'abord dû à la volonté de Slovènes et des Croates de ne plus contribuer à la solidarité nationale); risque mondial car cela ouvrirait les vannes de la fragmentation générale, rendue possible par la crise universelle.

Bref, on joue avec le feu en ce moment, et il est impératif que les esprits se calment.

O. Kempf